(ASLAM et Laure DELMAS, les deux artistes)

Le secret de Collioure, c’est ça : de receler des trésors de convivialité, des personnages, des instants de bonheur, des sportifs, des artistes, des épicuriens accourus du monde entier… Nez en l’air, vous tombez sur une « maison-forêt » au cœur du village, en poussant une porte ou une grille vous faites une rencontre unique, forcément inoubliable… Ici, tout vous ramène à l’essentiel, à la vie, aux bons côtés de l’être humain, que vous soyez accroché au monumental comptoir du bar-restaurant-hôtel Les Templiers, installé dans la bulle de bow-Windows du Café Sola, en devanture de Chez Simone, ou ailleurs, évidemment. A Collioure, et il n’y a pas que les peintres qui vous le certifieront en trempant l’air du temps dans leur palette, le monde meilleur on peut le vivre et pas ne pas qu’en parler, chacun peut y puiser du réconfort et de la motivation… Les romances déambulent depuis la plage Saint-Vincent jusqu’à l’Ermitage de Consolation… So good !

Vous en connaissez beaucoup, vous, des restaurants qui installent en vitrine une méga crèche ? C’est ce que fait La Bodega, au 6 rue de la République, en face La Poste, le temps de sa fermeture saisonnière. Les clés de l’établissements ont été confiées à l’artiste Annick DAULIACH, qui y a installé une « nativité » très personnelle et grandeur nature. Magnifique ! Alors qu’ailleurs, quand on ferme hors saison ou pour des congés on « ripoline » les lieux de blanc d’Espagne ou de posters kitsch, ici Loulou autorise une exposition éphémère qui invite à la sérénité, à « nous » regarder autrement le temps d’une prière esthétique.

Ici, les saveurs ne sont pas que catalanes, on y trouve les meilleurs whiskies du monde, le meilleur saumon de l’Atlantique aussi, parce que de célèbres inconnus venus d’Ecosse, surtout, de Norvège et d’Irlande également, fins connaisseurs de la belle vie ont décidé de poser leurs valises à Collioure et de les y ouvrir.

Promenez-vous, oubliez votre smartphone, servez-vous uniquement de vos sens. Ce n’est qu’ainsi que vous entrerez dans l’Aventure. Pour moi, c’était hier soir, rue Pasteur, l’une des plus commerçantes du village. Il faisait anormalement bon, pour un 19 décembre, aux environs de 15°. Juré ! Au milieu des la rue, des riverains, des membres de l’association « Du Côté de Collioure », avaient disposé plusieurs tables, décorées de « tapas » et de vins d’ici. Avec des gens bien. Cela ne ressemblait pas à une improvisation, mais l’organisation n’avait rien d’officiel. Collioure regorge en permanence de mises en scènes farfelues, de représentations qui s’inscrivent dans une démarche artistique… Et justement, là, un jeune couple d’artistes préparait le grand jour du lendemain : lui, c’est ASLAM, elle c’est Laure DELMAS. C’est au numéro 15 de cette rue pasteur qu’ils s’apprêtaient à mettre la touche finale avant le vernissage de leur expo, programmée pour aujourd’hui, dimanche 20 décembre 2015, à partir de 11h 30.

Il n’y a qu’à Collioure, ou presque, que l’on fait des vernissages le matin, à l’heure apéritive. Parce que Collioure sera toujours Collioure : à part, unique, inimitable, affranchie de tout diktat, où la dimension poétique l’emporte sur la réalité de l’objet photographié (continuez toujours sans sortir votre IPhone !).

Ces deux jeunes artistes iront loin. Même le Toulousain le plus célèbre de Collioure, l’artiste Philippe LABORDERIE (dit Fifi), qui m’accompagnait sur cet itinéraire, en est convaincu, séduit par les tableaux exposés. Par leur originalité, par leur sens artistique bien sûr, par leur côté « neuf, nouveau et intéressant ». Leur collaboration nourrit incontestablement une conviction forte, complémentaire et influente sur l’ordre des choses. ASLAM et Laure DELMAS sont allés chercher une ambiance novatrice qui nous détourne du « circuit artistique classique ».  Leur travail est certes rigoureux, précis, mais leur accrochage inspire une autre place donnée à l’art ans un champ de recherche original. Je ne prendrai pour exemple que les bouteilles « à l’Eau de Mer de Collioure » – Qui rappellent certes un ancien maire de Cerbère, feu Jean MARTI, qui avait mis la tramontane en boîte… – sur une idée d’ASLAM. Même s’il n’est donc pas inédit, le concept est vif, il fait flash dans la vitrine de la mini-galerie et sur les étagères, parce que ASLAM a réussi à l’habiller d’une façon personnelle et totalement maîtrisée de son propre travail.

Voilà. Tout est dit. Ou presque. Désormais, c’est à vous de juger. Pour cela, il vous faut aller voir. Il vous faut aller fouiner entre leurs œuvres pour comprendre leur univers qui se déroule comme un portfolio parce qu’il s’appuie sur un authentique projet artistique.

(Laure DELMAS et ASLAM entourés d’Isabelle MOLY-BLIN et de Michel MOLY, 1er vice-président du Département).