Pour cette quatrième exposition des artistes du collectif RegArts’66, deux artistes aux techniques délicates : Béa BOUQUET, aquarelliste et Muriel PERSIL, céramiste.

 

Béa BOUQUET est passée par les Beaux-arts de Nantes, a été enseignante en Arts plastiques à l’Éducation nationale et vit aujourd’hui à Villemolaque, au milieu des collines, des vignobles et de la garrigue, qui sont autant de sources d’inspiration pour ses aquarelles. Sa maîtrise lui permet de restituer avec une grande sensibilité, les multiples teintes nuancées des paysages qui l’environnent. La création à l’aquarelle exige une précision plus grande qu’avec la peinture à l’huile ou l’acrylique.

La transparence de l’aquarelle ne permet que peu de corrections dans les couleurs, il n’y a pas de matière pour couvrir une teinte que l’on veut modifier. Pour le peintre, cela veut donc dire être juste, dès le premier coup de pinceau.

Le papier joue un rôle essentiel, sa capacité indispensable à absorber le lavis rend le mariage des teintes d’autant plus complexe et le jeu du pinceau d’autant plus minutieux.

Figuratif, abstrait ? Inévitablement les deux à la fois et c’est certainement là que réside le charme de ses œuvres. Des surfaces de couleurs, mises en scène par la nature et transposées par la sensibilité du peintre-poète, qui restitue, non seulement les couleurs et les lumières, mais aussi et surtout la part insaisissable des émotions dans une harmonie rendue évidente. Un paysage est toujours empreint d’une ambiance et c’est sans aucun doute, parce que Béa Bouquet sait nous l’offrir que ses aquarelles sont aussi heureuses et séduisantes.

 

Muriel PERSIL est une céramiste hors du commun, d’autant plus que ses formations initiales n’ont rien à voir avec la céramique: des cours dans les ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris, l’Académie de la Grande Chaumière où sont passés des noms comme Rezvani, et Jérôme Savary et enfin, l’atelier du peintre Sotomayor avec lequel elle a développé son goût pour l’anatomie, le nu et le portrait.

A la fois, peintre diplômée en décors, et artiste peintre, elle expose régulièrement en France et en Espagne. Mais c’est seulement en 2013, quand elle s’installe dans le département qu’elle décide de se consacrer à la sculpture au travers de la céramique. Autodidacte, kitsch, baroque, non seulement elle maîtrise rapidement les techniques nécessaires, mais elle développe aussi une identité toute personnelle avec des créations, originales, oniriques, fantastiques, dans lesquelles se mêlent des emprunts au monde marin, gorgones, coraux, méduses, mais aussi au monde floral, réinventé, dans lequel fleurs et plantes sont réorganisées dans de nouvelle structures empruntées au maritime.

Le mot baroque vient du portugais « baroco » et désignait les perles hors normes, celles qui ne correspondaient pas au standard, aux critères esthétiques, en bref qui était différentes. Muriel PERSIL est donc clairement une artiste baroque au sens le plus noble du terme et la force de ses créations par la technique et la profusion des symboles, nous entraîne sans violence dans son univers luxuriant. Elle vient de recevoir le Prix Céramique de petite forme 2018 de l’École d’Art de Douai.

 

Deux femmes artistes, qui chacune à sa manière, témoigne d’une grande sensibilité, l’une dans la simplicité, l’autre dans l’exubérance et nous offrent toutes les deux des œuvres uniques.
(Exposition du 30 juillet au 27 août l’hôtel HOST & VINUM 34, avenue du Roussillon Canet-Plage +33 4 68 80 32 63).