Vous arrivez devant sa porte. Il est là à vous attendre, vous accueillir. Au-dessus de vos têtes, rangées sur le haut du mur de clôture, des boules ! Pourquoi des boules ? Et pourquoi pas des boules ?
À le voir, sur le pas de l’entrée, la chanson de Daniel Guichard arrive dans votre esprit : « Dans son vieux par-dessus râpé, il s’en allait l’hiver l’été, dans le petit matin frileux… ».

Georges Tournal, (Torche Journal, c’est son anagramme) un artiste bien dans sa peau

Natif de Perpignan, il arrive à Calce, village auquel il donne le qualificatif de « joli village », dans les années 1975. Sa première demeure dans le château revendue, il s’installe sur un terrain à l’entrée du village où il construit sa maison ou plutôt, ce qui est devenu un certain art de l’habitation. Il tient toujours à préciser, qu’il l’a construite de ses mains et elle est vraiment une réussite du genre, de plus, adaptée au personnage. Un musée à plusieurs facettes devrions-nous dire, tant l’imagination, la créativité, l’originalité, l’anti-conformisme pensons nous, sont largement au-dessus de tout ce que nous pouvons rencontrer, rêver, pour peu que nous aimions vivre la tête dans les étoiles, les yeux fixés vers le firmament et la pensée pleine d’utopies.
Devenu professeur d’art plastique, à la suite d’études aux beaux-arts de Nancy, il exerce son métier dans cette même ville. Par la suite, il rejoindra la Nouvelle-Calédonie avec un séjour à Mayotte. Il ramènera de ces contrées, de nombreuses plantes exotiques qui viendront illuminer son jardin à Calce. Une petite précision : il exercera également au Collège d’Estagel et au lycée de Font-Romeu.
Que dire de la vie de Georges, sinon quelle est de ces intermèdes, qui nous font penser à tout ce que nous avons manqué. La vie de Georges, à l’écouter succinctement, est pour le moins surprenante et dans le même temps, pleine de mystères. Pleine de saveurs, souvent inexplicables, tant elles sont ancrées à jamais dans l’âme, dans le corps, pour en faire finalement, une existence toute simple mais combien savoureuse.
D’après ses dires que nous interprétons quelque peu, mais en respectant l’essentiel comme nous l’espérons, il a traversé son existence sans trop d’éraflures, avec l’assurance d’avoir vécu dans un jardin d’enfant à la recherche d’un jouet pour continuer un jeu. En fait, une existence où la vie aura été un éternel amusement.

Sa rencontre avec Dali

C’est à Port-Lligat, que les circonstances de la vie feront qu’il aura le privilège en quelque sorte, de rencontrer un des maîtres du surréalisme : Dali. Dali, qui a fait de la gare de Perpignan, le centre du monde. Il aura ainsi le loisir de rencontrer une multitude d’artistes dans tous les domaines. De la peinture aux arts plastiques, mais aussi des écrivains, des poètes, des chanteurs comme Antoine. S’il ne s’étend pas sur cette période, qu’il caractérise comme ayant été une période dans un monde de fête, mais aussi de liberté, nous pouvons deviner toutefois, qu’elle aura eu une influence sur son devenir, sa manière d’appréhender la vie, sa façon d’être.
Mais Georges, s’il est un personnage qui peut paraître comme particulier, parce que détestant les mondanités et l’hypocrisie, mériterait que son œuvre soit mieux connue du grand public même si certaines de ses toiles ont voyagé jusqu’à Montevideo par exemple. Mieux connue du grand public, car ce dernier à besoin de cette culture de l’art, de ce savoir, de cette créativité toujours renouvelée pour mieux appréhender la vie de tous les jours. C’est notre appréciation sincère !
En effet dans son atelier, sont cumulées des dizaines de toiles qui n’attendent qu’un vernissage. Sans parler des lithographies réalisées dans l’exemplarité de l’art. Il faut savoir que la lithographie est une des passions de notre artiste.
Mais Georges, c’est aussi cet humoriste, sachant donner à chaque instant de la vie, le jeu de mots qui viendra montrer l’inutilité des grandes envolées lyriques qui souvent ne veulent rien dire de vrai.
Alors, à bientôt Georges, lors d’un vernissage, même si, comme tu nous l’a expliqué, tu souffres de claustrophobie.
L’un expliquant peut-être l’autre !

Joseph Jourda