Le thème de la 16e édition festival  du livre de Cabestany était celui de la diversité culturelle : « Au-delà de nos  différences… ».
Les sujets de la diversité, du bien vivre ensemble et de la  laïcité ont été débattus par des spécialistes. 30 éditeurs, 60 auteurs, une  invitée d’’honneur… Leïla Marouane, des  conférences, des tables rondes, des ateliers, des spectacles, des concerts, des  rencontres littéraires, des lectures pour petits et grands, des expositions… Le  succès était hier au rendez-vous au Centre Culturel Jean Ferrat de  Cabestany.

 

L’inauguration du salon s’est déroulée en présence du maire,  Jean Vila (PCF), vice-président du Conseil général des P-O,  André Bonet, président du  CML (Centre Méditerranéen de Littérature), partenaire de cet évènement littéraire et de très nombreux éditeurs et  auteurs de la région.

C’’est à Djerba, où ses parents, jeunes résistants s’étaient exilés, qu’’est née Leïla Zineb Mechentel qui se fera appeler plus tard  Leïla Marouane.

Après l’indépendance de l’Algérie, en 1962, la famille de Leila  Marouane regagne l’Algérie. Ses parents transcrivent sa naissance et celle de  son frère dans la région d’origine de la famille. Ce qui lui fait deux lieux de  naissance. D’où, en définitive, son sentiment de venir de nulle part.

En  1989, Leïla Marouane est sauvagement battue par un commando et laissée pour  morte. En publiant Le châtiment des hypocrites, elle a voulu exorciser ce  traumatisme.

Elle sera sauvée, mais décide de quitter pour de bon son  pays et s’installe à Paris « le temps que les choses se calment ». Un an plus  tard, sa mère décède. Leïla est à Paris, les menaces qui pèsent sur elle  l’empêchent de retourner en Algérie assister aux obsèques. La jeune fille le vit  très mal : c’est à partir de cette année qu’elle décide de publier ses écrits,  ressentant un « besoin de partager, comme certains ressentent, après la mort  d’’un proche, un besoin d’’enfanter ».

Simple mais affirmée, Leïla Marouane est une femme entière croyant en ses combats et à l’’écriture pour y  parvenir. Même s’’il faut parfois en payer le prix.

De l’’Algérie, elle garde des souvenirs brûlants de sa jeunesse et de ses débuts dans le  journalisme. Des souvenirs d’’une enfance heureuse passée plongée dans les livres de la bibliothèque paternelle ou dans l’’écriture de ses textes de jeune fille  griffonnés sur sa table d’études du pensionnat Ben Bouali.

Leïla  Marouane fait partie de cette génération d’’écrivains maghrébins en lutte contre  les maux qui touchent leurs pays. Souvent d’’expression française, ces auteurs, qu’’ils écrivent de Paris, de Rabat ou d’’Alger, ont fait de leur littérature un  moyen de résistance. Que la dénonciation des normes sociales soit évoquée en  toile de fond ou s’’impose comme l’’objet du livre, beaucoup considèrent  l’’écriture comme le meilleur moyen d’’opposition aux dérives sociales,  religieuses ou politiques qui touchent les milieux qu’’ils côtoient, de près ou  de loin. De Tahar Ben Jelloun à Assia Djebar, rares sont ceux dont les regards  ne se font pas critiques lorsqu’’ils évoquent leurs sociétés…