Remise du 2ème Prix Folire, hier, au CHS de Thuir, sous le parrainage de Bernard Pivot et du CML d’André Bonet.

Bernard Pivot a lancé hier la saison 2013 du CML -Centre Méditerranéen de Littérature) qui coïncidait avec la remise de la 2° édition du Prix Folire, organisé par le CML et le CHS (Centre Hospitalier Spécialisé) de Thuir, dont il était cette année  le parrain et l’invité d’honneur (après Patrick Poivre D’Arvor en 2011) .

Ce prix littéraire est décerné par un jury de 70 patients de l’établissement hospitalier.

Il est attribué cette année au roman de Gilles ParisAu pays des kangourous (Editions Don Quichotte).

 

Pour l’occasion, l’organisation avait reconstitué l’ambiance du studio d’Apostrophes (créée en 1974)  et Bernard Pivot y tenait naturellement son propre rôle.
Pour Bernard Pivot,  qui était entouré pour l’occasion de Philippe Banyols et d’ André Bonet (président et fondateur du CML), il s’agit d’un prix « qui vaut par son originalité et son sérieux et par le fait qu’il procède autant du cœur que de l’esprit. Quelle belle idée que de demander à des patients de lire et de voter. Ici plus qu’ailleurs la lecture est une évasion. Lire ici, c’est s’évader de l’hôpital et de soi-même, du temps, des médicaments, des médecins. C’est une initiative heureuse et salutaire. Il me semble qu’il est unique en France ».
Gilles Paris s’est dit très ému de recevoir ce prix des mains de Bernard Pivot : «  Bien sûr, comme tout lauréat, je suis heureux d’être reconnu. Mais plus encore. Car depuis huit ans, les dépressions que j’ai vécues et vaincues à trois reprises, ont toutefois gardé leurs empreintes et le fait que des patients aient voté pour moi change tout. C’est une revanche sur ces années noires aujourd’hui enfuies. Je me souviens des patients avec qui je partageais mes journées et qui m’ont aidé à surmonter mes angoisses et mes peurs. Car bien au-delà de la médecine et de mes efforts, je sais que je leur dois en grande partie ma survie. Des anonymes pour la plupart que je n’ai jamais revus, mais qui restent en moi comme les meilleurs antidépresseurs qui soient. Être lu par un homme ou une femme qui aujourd’hui traverse ce long tunnel, et apprécie ce roman où la dépression d’un père est évoquée de manière légère par les yeux et les mots d’un enfant, est la plus belle des récompenses qui m’aura été faite tout au long de la promotion de ce roman. Et bien au-delà, car « ce corps étranger » qui pénètre tout dépressif et fait de lui un être vulnérable et fragile, donne un sens à l’écrivain que je suis. »
On notait la présence au CHS de Thuir de Pierre Aylagas (PS), député de la circonscription et maire d’Argelès-sur-Mer, de Jean-Marie Garabedian, secrétaire général de la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon, de l’ancien sénateur des P-O et médecin Paul Blanc (UMP), maire de Sournia, ainsi que de René Olive (PS), maire de Thuir et conseiller général qui profita de la visite de Bernard Pivot pour lui remettre la médaille de la Ville de Thuir.
En fin de journée, un public impressionnant attendait Bernard Pivot au Conseil général des P-O, à Perpignan, où l’auteur dédicaça une centaine d’exemplaires de son livre « Oui, mais quelle est la question?«  (Nil éditions). C’est Pierre Estève (PS), vice-président du Conseil général qui représenta la Présidente, Hermeline Malherbe  (PS) et remis à son tour à Bernard Pivot la médaille du Département.