Dans le port d’Argelès, il est interdit de pêcher ! En ignorant cette règle, même avec une ligne sans appât, Julien va connaître une expérience qu’il ne sera pas prêt d’oublier

 

Cette prise, réveillera une vieille affaire. La commissaire Marie Sole verra ressurgir ce vieux dossier qui avait marqué ses débuts, alors qu’elle était encore capitaine. Le corps du conseiller bancaire allongé dans les toilettes du casino lui revient en mémoire en entraînant le souvenir des malversations commises sur le compte des clients, ainsi que celui des cinq morts et quatre disparus. Encore furieuse qu’il ait pu lui filer entre les doigts, elle est certaine que l’assassin est parmi ces derniers dont les fantômes hantent toujours ses nuits. Le cadavre remonté par Julien et la sacoche retrouvée par les plongeurs lui offriront la possibilité de revenir sur cette affaire pour chercher à arrêter le criminel ou la criminelle. Une immersion dans le monde bancaire des années soixante-dix… Un « polar » feutré où les morts, les fraudes et l’argent se côtoient de façon implacable sur un air de manipulations.

Jean-Louis GARY nous livre son cinquième ouvrage où il poursuit ses écritures dans le monde des manipulations comme dans celui des fraudes en abordant le domaine du roman policier. À cette occasion, il nous présente sa nouvelle héroïne : la commissaire Marie Sole.

 

 

Interview de Jean-Louis GARY

• Vous êtes un ancien banquier, et cette profession semble plus attachée au monde des chiffres qu’à celui des lettres. Comment êtes-vous arrivé dans le monde de l’écriture ?
Il n’y a jamais de hasard. Je suis tombé dans l’écriture dès mon premier âge, mais mes écrits sont restés à l’état de brouillon. Les années passant, il a fallu faire « bouillir la marmite » et j’ai sagement rangé mes envies littéraires pour me consacrer à mes études ainsi qu’à mon travail. Ce n’est qu’au moment de ma retraite que j’ai réalisé mon rêve en rencontrant Jérôme Fricker qui dirige « Les Presses Littéraires » et qui m’a offert la possibilité de publier mon premier livre. Les autres ont suivi.

• En tant que manager d’équipes plutôt importantes, vous devez avoir vécu des situations tendues, parfois conflictuelles. Est-ce que cela influence vos romans ?
Je ne sais pas si elles influencent notoirement mes romans, mais il est certain qu’elles ont contribué à créer un « background » fait de cas pratiques, de mises en situation sur lesquelles j’ai pu théoriser. Ce sont ces recherches et réflexions qui me permettent de créer des événements fictionnels qui plongent leurs racines dans le pragmatisme et deviennent empreints de réalités. Ce vécu me conduit à mettre l’humain au centre des situations en privilégiant le dialogue et les rapports entre les hommes et les femmes.
 
• Quel est le domaine ou l’univers qui vous passionne le plus, et sur lequel vous avez envie de vous investir ?
Le management conduit à s’interroger sur la limite entre la conviction et la manipulation. À quel moment bascule-t-on, dans la manipulation de l’autre ? À quel moment rentre-t-on dans le domaine de la tromperie ? Appliquée à la société, la question devient plus large, sommes-nous manipulés ? Par qui et comment ? En poursuivant le raisonnement, on arrive inévitablement à s’interroger sur ce qui se passe quand la manipulation arrive à ses limites et on peut légitimement réfléchir dès lors sur la capacité de résilience de nos sociétés et de nos démocraties.

• Est-ce à dire que la manipulation est un des fils conducteurs de vos écrits ?

Quand un sujet passionne, il est inévitable de le retrouver dans ses écrits. Ma ligne éditoriale, si je peux m’exprimer ainsi, n’apparait pas clairement. D’une fiction qui s’appuie sur des faits historiques reconnus, je passe à l’univers des zombies puis aux personnages de la mythologie grecque qui se mêlent à une enquête policière du XXe siècle pour en arriver à des jeux de dames autour d’un Don Juan des temps modernes  ou encore aux tromperies et fraudes qui aboutissent à des crimes.  Mais si l’on reprend ce cheminement par des thématiques différentes, nous passons à des manipulations qui conduisent à des dissimulations de valeurs ou des conflits de valeurs qui mènent à un désastre où les groupes de survivants sont soumis à toutes les influences, donc aux manipulations. Nous poursuivons par la dissimulation de la vérité au commun des mortels et enfin nous continuons par les manipulations sentimentales et sociétales.  La manipulation est sous-jacente, sous toutes ses formes, à tous mes écrits. Toutefois, il est vrai qu’il apparait nécessaire de donner une vision plus claire de la personnalité de ceux-ci.
 

• Est-ce que vous envisagez de construire des récits autour de nouvelles thématiques, par exemple le sport, la musique, l’écologie ?
Pourquoi pas ? Chaque moment de vie révèle des sujets qui peuvent donner naissance à des romans. Certains ne vont pas plus loin que l’instant de la découverte, d’autres font leur chemin. Je ne m’interdis rien.

• Au cours de votre vie professionnelle, vous avez déménagé à de nombreuses reprises. Or, tous vos romans sont domiciliés principalement dans les Pyrénées-Orientales. Existe-t-il une raison particulière ?
Toutes les régions sont belles et ont des atouts, elles méritent d’abriter des récits et des mystères, mais je suis né à Port-Vendres, mes parents sont natifs du Roussillon et en cela je suis très attaché à notre région où se trouvent mes racines les plus profondes. Voilà la principale raison, mais il en existe une autre. De la mer à la montagne en passant par la plaine et les vallées, le département des Pyrénées-Orientales offre, avec son passé historique et culturel, tous les paysages ainsi que toutes les valeurs qui permettent à l’esprit de s’évader sur les chemins de l’imagination.

• Vous venez de sortir votre premier « polar » qui est le cinquième roman publié en trois ans avec Les Presses Littéraires de Saint-Estève. Qu’est-ce qui vous a incité à l’écrire ?
Quand j’ai envie de me détendre, j’aime regarder des séries où les meurtres sont doux et les assassins souvent policés. En fait, j’adore les écrits d’Agatha Christie et ses petits meurtres, je me passionne pour les enquêtes de Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle, je regarde avec plaisir les enquêtes de Barnaby… Ces moments de détente m’ont donné l’envie d’écrire quelque chose dans le style, l’imagination a fait le reste, mais si l’on y regarde bien, « Anésidora L’Insoumise » aurait pu être la première du genre. 

• Pour vos romans précédents, vous disiez « L’élément initiateur a toujours un fondement de réalité, dire que les personnages ne sortent pas ex nihilo ne serait pas honnête, mais dire que mes récits correspondent à une personne en particulier serait tout à fait faux ». En est-il de même pour « Meurtre au Port d’Argelès » ? Diriez-vous que votre précédente profession vous a donné la matière de votre récit ?
En leur temps, toutes les affaires ont fait l’objet d’articles dans la presse qui s’est également fait l’écho du modus vivendi. Mon expérience a certainement facilité la compréhension du contexte et du mode opératoire. En cela, elle m’a permis de donner plus de crédibilité au texte.
 
• Votre héroïne, la commissaire Marie Sole, semble appelée à mener de nouvelles enquêtes, que lui préparez-vous, dans quels domaines, toujours dans la banque ?
J’espère pour la commissaire Marie Sole que son domaine de compétence dépassera celui de la banque et qu’elle sera capable d’investiguer dans d’autres domaines.
 
• Votre prochain livre sera donc un polar ?

Il y aura nouveau roman policier, car cet univers d’écriture que je viens de découvrir me passionne, mais il n’est pas exclu que d’autres romans viennent compléter ma production.