« Censure à Port-Vendres… et, misogynie ?

Ce mercredi 26 mai 2021, à l’occasion de la commémoration de la pose de la plaque de l’arrivée du premier bateau pêcheur pied noir en 1962, le maire de Port-Vendres – Grégory Marty, Ndlr -, a eu une réaction plus que surprenante lorsque la présidente de l’association La Mer à Boire a souhaité prendre la parole, avant le maire, et après le responsable du collectif, dans le respect de l’ordre protocolaire en ce genre de circonstances.
Cette belle journée du 26 mai 2021 offrait une belle opportunité pour commémorer dans la dignité et la fraternité, l’arrivée des rapatriés d’Algérie à Port-Vendres en 1962.
La plaque posée face au port en 2012, avec le consentement du maire de l’époque, Jean-Pierre Romero, fait chaque année l’objet d’une manifestation commémorative organisée par le collectif de la plaque avec le fidèle accompagnement de l’association La Mer à Boire (qui soutient financièrement son maintien en bon état) .
Jusqu’à cette année, aucun incident n’était venu troubler ce moment privilégié de partage de mémoire pour les rapatriés d’Algérie installés à Port-Vendres et ses alentours.
Mais en ce jour du 26 mai 2021, la surprise fut grande d’apprendre que le maire de Port-Vendres refusait de laisser s’exprimer la présidente de La Mer à Boire !
La Mer à Boire, créée pour les rapatriés d’Algérie de la Côte Vermeille depuis 2013 s’est donnée pour but d’entretenir dans la paix et la convivialité, la mémoire d’un moment d’histoire de notre pays très important pour celles et ceux qui l’ont vécu.
Est-ce parce que la présidente de La Mer à Boire s’appelle Michèle Romero que le nouveau maire de Port-Vendres a quitté les lieux alors qu’elle allait prendre la parole ?
Son aversion était-elle si grande pour bousculer avec brusquerie sur son passage l’un des auditeurs venus assister à l’évènement ?
Un maire peut-il avoir une telle attitude d’intolérance, de misogynie et de mépris à l’égard de l’une de ses administrées présidente d’une association loi 1901, libre, indépendante et apolitique ?
Si l’on rajoute à cela que, parmi les six personnes composant le collectif de la plaque, seule l’une d’entre elles est une femme, elle aussi présidente d’une association très appréciée des seniors de la commune ; que chaque année elle est sollicitée pour partager le dépôt des fleurs avec un de ses collègues ; et que, sans autre explication, en cette année 2021, cette marque de considération lui a été enlevée, nous arrivons à une conclusion désagréable et dérangeante :
A Port-Vendres, désormais, la liberté d’expression n’a plus cours, et certaines femmes engagées dans un bénévolat désintéressé, sont mises de côté, bâillonnées pour ne pas dire plus !
Pour la rapatriée d’Algérie que je suis, me voilà bien triste et préoccupée : va-t-on , après m’avoir expulsée d’Algérie, m’expulser de Port-Vendres où j’ai débarqué en 1962 sans l’avoir demandé ?
Et où mon époux a exercé le mandat de maire durant douze années sans ménager ni son énergie ni son temps au service des Port-Vendraises et des Port-Vendrais ?
Toutes celles et ceux qui ont assisté à ce spectacle navrant, comprendront sans aucun doute combien est importante et fondamentale, la liberté d’expression pour nos associations, et qu’il nous faut la préserver et la défendre sans le moindre répit ».

Michèle Romero

 

 

Michèle Romero, présidente de l’association La Mer à Boire (au premier plan)