Sur le papier, c’était soi-disant écrit, acquis d’avance : les 14 voix des « voisins solidaires » (c’est une image) siégeant à la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM) + les 2 voix de Saint-Cyprien et Sud-Roussillon + 6 voix de maires venus « d’ailleurs » (par exemple des communes de Fontrabiouse, d’Olette, de Ria…) devaient installer le maire de Saint-Cyprien, Me Thierry Del Poso, dans le fauteuil de président du SYDETOM’66… et envoyer le tenant du titre – Fernand Roig, président sortant donc du Syndicat Départemental de Transport et de Traitement des Ordures ménagères des Pyrénées-Orientales/ SYDETOM’66) – dans l’EHPAD de l’échiquier politique local ! Soit très précisément 22 voix pour Thierry… et seulement 16 pour Fernand

 

 

Sauf qu’à l’arrivée*, dès le 1er tour de scrutin, le résultat est exactement l’inverse de ce qu’escomptait, entr’autres personnalités de premier plan dans cette affaire, Robert Vila, maire de Saint-Estève, président de PMM : 22 voix pour Môssieur Roig, 16 voix pour Mister Del Poso.

Pourtant, il faut bien le reconnaître, Robert Vila avait misé gros, mis le paquet, dans cette aventure aventureuse. Vendredi dernier encore, à 13h 30, il avait convoqué à la mairie de Bompas les 14 délégués de PMM faisant partie des 38 élus siégeant au SYDETOM’66. Il avait même convié son protégé, Me Thierry Del Poso, par ailleurs président de la communauté de communes Sud-Roussillon, à venir s’y présenter et développer son projet. Dans les cinq minutes qui ont suivi la fin de ce rendez-vous, l’un(e) des participant-e-s appelait Fernand Roig pour lui faire un compte-rendu précis de ce que les uns et les autres avaient dit… Magnifique ! C’est ce qui fait tout le charme politique de ce département. Une pépite orientale !

On connait la suite.

Ce mercredi 16 septembre 2020, en fin de matinée, la moitié des délégués de PMM, au moins six en tout cas selon notre décompte ont pris la poudre d’escampette tournant le dos à la stratégie imaginée par leur président Robert Vila pour voter autrement, différemment… « Croire que le maire d’Estagel pourrait voter pour celui de Saint-Cyprien était une hérésie », résume l’un des participants à cette élection. Il enfonce : « Ils n’ont toujours pas compris que lors des dernières élections municipales quelque chose a changé dans le département – près de la moitié des maires ! – et pas seulement à Perpignan ».

Un autre participant au vote de regretter : « Ce n’était pas une élection, mais plutôt une partie de règlements de comptes, une sorte de dégagisme même si dit ainsi cela peut paraître bizarre, insensé, parce que la personne qui a été reconduite est un octogénaire. Assurément, Thierry Del Poso, cette fois-là en tout cas, n’était pas le bon candidat, même si on ne peut rien lui reprocher ; mais le fait qu’il soit soutenu par un parti politique, Les Républicains (LR) pour ne pas les citer, et tout un appareil a peut-être fait de lui le candidat d’un système, d’une méthode partisane aujourd’hui rejetée dans l’opinion publique ?… ».

D’autres s’inquiètent désormais de la gouvernance à l’avenir de PMM : « Ingouvernable ! ». « Certains ont voulu jouer avec le feu, ils se sont brûlés les ailes. Cela n’augure rien de bon pour LR à quelques mois des élections Départementales et Régionales… Ce résultat du SYDETOM redistribue les cartes sur la scène politique départementale, et bien plus qu’on ne le soupçonnerait ou qu’on oserait l’imaginer ! ».

L.M.

 

*Président du SYDETOM’66 : Fernand Roig. 1er vice-président : Bruno Valiente. Vice-présidents : Patrick Casadevall, Raymond Pla, Pierre Taurinya, Jacques Barthes, Jean-Marie Aris, Joseph Silvestre, Jeanine Garrabé-Pouget, Nicolas Barthe, Roger Ferrer et Jean-Louis Aliet.

 

Avant le vote : Fernand Roig, Jean-Louis Aliet (adjoint au maire de Saint-Laurent-de-la-Salanque) et Me Thierry Del Poso (@Facebook de Jean-Louis Aliet).