Deuxième exposition du collectif REGARTS66 dans le restaurant « La Loge », sur le thème: « Imaginaire et souvenir »

 

Thierry PINET de GAULADE est le fils de son père. Cette lapalissade prend tout son sens, quand on recherche les filiations, les convergences et influences successives : Charles Pinet de Gaulade fut un artiste multi-discipline reconnu et influent. Il est évident qu’avec un tel père la sensibilité artistique ne peut que s’épanouir.

 

D’origine belge, il a vécu dès 1939 à La Franqui. Il fut ami de Charles Trenet, mais aussi de la famille de Henri de Monfreid, originaire de La Franqui. De Henri de Monfreid, personnage haut en couleurs, aventurier, trafiquant d’armes, écrivain au style riche et flamboyant, on doit se souvenir de ses ouvrages, grands épopées sur l’Afrique et la connaissance approfondie et le grand respect qu’il a toujours témoigné pour les différentes populations et cultures africaines. Tous ces éléments influencent et colorent une vie, par petites touches, même si c’est de manière inconsciente et il est logique que ces éléments soient présents chez Thierry Pinet.

 

On retrouve, la sensibilité artistique qui a démarré très tôt avec la photo dès ses 12 ans, l’esprit d’aventure, puisque qu’il n’a pu résister à l’envie de bourlinguer en devenant officier mécanicien navigant de la Marine Nationale, et enfin l’empathie en étant particulièrement respectueux et séduit par le peuple Masaï au point de fixer sur papier son esthétique et sa dynamique.

 

Quand il s’agit de bois flottés, tels que la mer les sculptent, le peintre les réinvente, les réinterprète selon son imaginaire. Il ne collecte pas sur les plages, mais fait sur toile le travail que pourrait faire sur des planches, l’eau, le sable, les vagues, en usant, trouant, déchirant, polissant. Les bois construisent une forme de calligraphie, d’idéogrammes dont les significations sont laissées à notre liberté d’interprétation, assemblages aléatoires ou signes emplis de mystère que l’on aimerait décrypter.

 

Ses souvenirs du bout du monde ? Il les restitue dans des compositions sur fonds ocres, tels que la terre du Kénia, peuplés de guerriers dansant ou de couples dressés. L’émotion n’y est pas seulement restituée, mais plus, elle est surtout incitative interpellant notre propre sensibilité. La presque monochromie est un choix volontaire, ocre et noir pour l’Afrique, grisés de pastel pour les bois délavés et burinés par la mer, elle s’affranchit du superflu perturbant, elle demeure l’essentiel. Les masaïs, guerriers ou famille se tiennent droits, non pas au garde à vous, mais comme des êtres humains debout, assumés, libres, paisibles, fiers. Quelques traits d’encre de chine et tout est là, tout est dit. La performance est évidente, dire beaucoup avec peu, sans fioriture inutile. Une exposition contrastée: des bois glanés sur nos plages, des guerriers pacifiques, deux univers restitués par un artiste éclectique qui garde les yeux grands ouverts, avide de découvrir le monde sous tous ses aspects.

 

Du 23 juillet au 20 août de 11h à 16h et 18h à 21h – Restaurant de La Loge – 38, avenue Xavier Llobères à Salses-le-Château – tél. 04 68 38 62 86
Daniel LE BOURNOT.