Thierry del Poso, maire de Saint-Cyprien, renvoyé devant le Tribunal correctionnel … La Partie civile interjette Appel

 

Le juge d’instruction du Tribunal judiciaire de Perpignan a ordonné le renvoi de Thierry Del Poso devant le Tribunal correctionnel par ordonnance motivée en date du 5 mai 2022.
Oui, mais…
Cette décision intervient six ans après les faits (8 juillet 2016) et… trois ans après l’ouverture d’une information judiciaire (30 avril 2019) sur plainte avec constitution de partie civile déposée le 29 janvier 2019 par Isabelle Jouandet, veuve de la victime.

Rappel : la plaignante accuse le maire Thierry Del Poso d’avoir volontairement commis des violences sur son époux à la fin d’une réunion de Conseil Municipal, alors même qu’il savait sa victime particulièrement vulnérable en raison de son âge et de son état de santé. Précisons que Jean Jouandet était, au moment des faits, conseiller municipal d’opposition au maire de Saint-Cyprien (groupe Mosaïque).
Une interruption totale de travail supérieure à huit jours avait alors été prescrite à Jean Jouandet tandis que s’imposaient d’évidence des circonstances aggravantes pour ces violences : elles avaient été perpétrées en effet par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions, à la suite et donc en représailles aux nombreuses requêtes devant le Tribunal Administratif (TA) et plaintes déposées au pénal par la victime.
Finalement, très logiquement et justement, le maire de Saint-Cyprien a été mis en examen le 11 mai 2021 pour violence par une personne dépositaire de l’autorité publique, l’instruction se poursuivant cependant pour qu’il soit statué sur tous les faits dénoncés dans la plainte de la partie civile.

 

Alors ?…

 

La décision de renvoi de Thierry Del Poso devant le Tribunal correctionnel pour y être jugé retient que ce dernier a volontairement commis des violences n’ayant pas entraîné d’incapacité de travail (!) avec cette seule circonstance que les faits ont été commis par une personne dépositaire de l’autorité publique (évidence difficile à nier !).

« La « vérité » judiciaire écarte donc l’ITT, le (très) lourd contexte, se montre oublieuse des conclusions de témoignages recueillis dans le cadre de la nouvelle enquête ouverte en 2019, minimise les conséquences médicales des violences et omet pleinement la circonstance de représailles. Une recherche de vérité entachée en outre par le non respect des droits et observations de la partie civile. Irions-nous vers une parodie de justice ? », s’interroge la plaignante.

« L’examen du contenu de cette ordonnance soulève suffisamment de doutes objectivables sur les principes d’impartialité et d’indépendance qui doivent primer dans l’instruction et garantir le droit à un procès équitable », soulève Isabelle Jouandet.

Aussi, considérant qu’elle a été « privée d’un examen rigoureux au fond sur tous les faits dénoncés », Isabelle Jouandet a interjeté Appel de l’ordonnance de renvoi devant la Chambre de l’Instruction de la Cour D’appel de Montpellier le 12 mai 2022.

 

 

A suivre donc…

 

L.M.