Le maire de Saint-Cyprien, Thierry Del Poso, a été mis en examen le 11 mai 2021 pour violence par une personne dépositaire de l’autorité publique. La partie civile a été informée de cette décision le 29 juin 2021. Cette mise en examen intervient dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 30 avril 2019 sur la plainte avec constitution de partie civile déposée le 29 janvier 2019 par Isabelle Jouandet, veuve de la victime, feu Jean Jouandet, conseiller municipal d’opposition au maire de Saint-Cyprien (groupe Mosaïque) pour des faits de violences volontaires avec incapacité totale de travail supérieure à huit jours sur personne vulnérable par personne dépositaire de l’autorité publique. L’instruction se poursuit pour la recherche de la vérité.

Les faits remonteraient au 8 juillet 2016, lors d’une séance publique du conseil municipal. Chacun(e) appréciera au passage la lenteur de la Justice… Encore plus surprenant est la connaissance de cette mise en examen qui tombe à pic, si l’on peut s’exprimer ainsi : après la tenue des élections départementales qui se sont déroulées les 20 et 27 juin derniers, alors que la Justice a mis en examen le maire de Saint-Cyprien le 11 mai ! Soit pile-poil cinq semaines de « trajet » entre le Palais et le Peuple.

Rappelons que Thierry Del Poso, par ailleurs président de la communauté de communes Sud-Roussillon, était partie prenante dans ces élections puisque conseiller départemental sortant (LR/ Les Républicains) et candidat donc à sa propre succession dans le binôme qui s’est présenté sur le canton 3 des P-O (La Côte Sableuse).

Y aurait-il deux poids-deux mesures – et une certaine clémence politique-judiciaire – selon que l’on est le maire de Saint-Cyprien ou, par exemple, le maire du Barcarès ? Sans remettre en cause un instant ni le travail ni la décision de la Justice dans cette affaire, la question peut-être posée et le citoyen lambda ne manquera pas de la poser, de l’interpréter… ce que les internautes n’ont pas tardé à réagir sur les réseaux sociaux depuis hier soir.

Si cette mise en examen avait été dévoilée en son temps logique, c’est-à-dire avant les élections départementales dont il est est question ci-dessus, la fédération départementale Les Républicains des P-O (LR’66) aurait-elle continué à soutenir le candidat-Thierry Del Poso ?

On se souvient comment LR’66 s’était précipité à la vitesse d’une Formule-1 à prendre ses distances sans prendre de gants avec le maire du Barcarès Alain Ferrand, que le parti soutenait pourtant sur le canton 4 (La Côte Salanquaise), dès la connaissance de ses récents démêlés judiciaires.

Comme Alain Ferrand, Me Thierry Del Poso faisait partie dans ces Départementales de l’écurie « Ensemble plus forts », managée par le sénateur Jean Sol (LR), et dont la suppléante à la Chambre Haute n’est autre que Carole Del Poso, l’épouse du maire de Saint-Cyprien… et la directrice de campagne toujours de ces élections cantonales.

 

L.M.