(Vu sur la Toile)

 

En moins de 24 heures, le RN perd deux de ses figures au profit d’Éric Zemmour
(Rédaction de BFMTV)
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BFMTV.- Le ralliement de deux lieutenants de Marine Le Pen au polémiste ces dernières heures surprennent sur les bancs du Rassemblement national, qui minimise ses défections à moins de trois mois du premier tour.

Des départs qui font mauvais effet. Jérôme Rivière, le chef des députés européens du Rassemblement national et Damien Rieu, le cofondateur de Génération identitaire et collaborateur parlementaire, ont tous deux rejoint Éric Zemmour à quelques heures d’écart. Dans l’état-major, on distingue les cas des deux hommes, au profil très différent, tout en relativisant leur impact.

Jérôme Rivière, qui est le premier cadre du parti à rejoindre la campagne du polémiste, a connu un parcours relativement tortueux. Après avoir commencé sa carrière aux côtés d’Alain Madelin, il devient député en 2002 sous les couleurs de l’UMP avant de rejoindre Philippe de Villiers en 2007 puis le FN en 2015.

 

 

« Zéro impact politique », selon Marine Le Pen

 

Depuis 2019 et son élection au Parlement européen, il était devenu le patron des eurodéputés RN. Son ralliement au candidat de Reconquête! arrive quelques mois après que ce dernier lui a proposé, sans succès, d’être son directeur de campagne.

Dans l’entourage de Marine Le Pen, on minimise ce départ en l’expliquant par un jeu de chaises musicales. Le parti envisageait de donner la chefferie de la délégation RN au Parlement européen à mi-mandat à Hélène Laporte, une autre députée européenne du groupe. C’est d’ailleurs chose faite depuis le départ de Jérôme Rivière.

« Il n’a prévenu personne, pas même ses amis au sein du mouvement. Chacun peut faire ses choix mais ce que je n’aime pas du tout, c’est la duplicité des comportements. Il avait nourri une aigreur incontestable parce qu’il espérait des postes au sein du Rassemblement national que je considérais qu’il ne pouvait obtenir. Il y aura zéro impact politique », a assuré de son côté Marine Le Pen au micro de BFMTV.
« Ce sont les vicissitudes d’une campagne. Il n’y a pas vraiment de sujet », juge également Philippe Ballard, le directeur de la communication du parti, auprès de BFMTV.com.

 

« La technique du salami »

 

Le son de cloche est un peu différent au sujet de Damien Rieu. Le trentenaire a rejoint les rangs du Front national de la jeunesse dès son adolescence. Ce proche de Marion Maréchal a été le collaborateur de Gilbert Collard puis du député européen, Philippe Olivier, l’un des plus proches conseillers de Marine Le Pen.

Très bon connaisseur des réseaux sociaux, Damien Rieu s’est fait remarquer pour avoir mené des actions très médiatisées avec son mouvement Génération identitaire – depuis dissous – comme l’occupation d’un Quick hallal à Villeurbanne ou du chantier d’une mosquée à Poitiers.

« J’ai une vieille expérience des campagnes présidentielles. Que des gens se sentent plus proches d’un candidat plutôt que d’un autre, ce n’est pas critiquable (…) Mais en politique aussi, on peut agir avec droiture. La technique du salami consistant chaque jour à annoncer un ralliement, je la connais par coeur », a minimisé Marine Le Pen au micro de BFMTV, après l’annonce de ce ralliement ce jeudi.
Le député Sébastien Chenu, porte-parole de la campagne, parle, lui, d’une « clarification idéologique ». Comprendre : alors que la candidate tente de se crédibiliser sur le terrain social et économique, le départ d’un profil focalisé sur l’islam serait un soulagement.

 

Le départ d’un excellent communicant

 

À voir. « C’est un jeune homme brillant, avec un très bon sens de la communication, des images, qui a beaucoup conseillé Marine Le Pen sur son usage des réseaux sociaux. On n’a pas quinze profils de ce type chez nous… C’est un peu emmerdant », lâche l’un de ses proches.

En interne, on s’interroge également sur l’agenda choisi par Damien Rieu et Jérôme Rivière alors que Marine Le Pen, un temps derrière Eric Zemmour dans les études d’opinion, le devance aujourd’hui clairement. Dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L’Express, elle se situe à 17% des intentions de vote contre 13% son rival.

« Quand on regarde les chiffres, on voit bien que la dynamique est de notre côté. La seule capable de faire l’union, c’est notre candidate », assure d’ailleurs Philippe Ballard.

« On espère qu’on ne s’ouvre pas une mauvaise séquence avec des ralliements à la chaîne. Parce que même si Zemmour est derrière nous, ça donne quand même un drôle de sentiment à notre électorat », reconnaît cependant un parlementaire RN.
Jérôme Rivière a, lui, promis dans les colonnes du Parisien que d’autres élus vont suivre son exemple dans « les semaines à venir ».