(Capture d’écran BFMTV) – Les résultats et le classement à l’issue du 1er tour de la « primaire » chez Les Républicains (LR)

 

 

Eric Ciotti et Valérie Pécresse : les deux sélectionnés pour la finale de la « primaire » organisé par le parti Les Républicains (LR) (Capture d’écran CNews).

 

Au départ, Emmanuel Macron a fait croire à une poignée de plumitifs franco-gaulois- parmi les plus incompétents (en politique)  mais parmi les médias les plus influents -, que dans la prochaine course à l’Elysée le patron des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, serait son adversaire le plus sérieux, à droite ; et ailleurs d’ailleurs puisque que la gauche s’annonce inexistante dans ce scrutin à venir et que les écologistes englués dans des histoires de fesses ont d’autres préoccupations, disons en-dessous de la ceinture.

Cela évidemment s’est vite su, est rapidement tombé dans les oreilles du Ravi de la crèche électorale des Hauts-de-France qui immédiatement s’est inscrit à la « primaire » des Républicains (le parti), alors que depuis des mois non seulement il snobait cette initiative recadrée au sein des LR, mais qu’en plus il jurait les grands dieux avec une crânerie hallucinante qu’il n’y participerait jamais, lui, Xavier Bertrand, le favori de l’Elysée (et accessoirement très bizarrement dans les sondages où à chaque fois il était donné en tête au 1er tour de la vraie Présidentielle parmi l’offre commerciale LR).

Depuis hier, on connaît le résultat du 1er tour de la « primaire » interne au LR : Xavier Bertrand est arrivé avant dernier, derrière Eric Ciotti, Valérie Pécresse et Michel Barnier. Mais que donc Xavier Bertrand est-il allé faire dans cette galère républicaine, après avoir vomi le système et les membres de cette grande famille politique, qui le lui ont d’ailleurs bien rendu, hier ? Le piège tendu par Emmanuel Macron a bien fonctionné. Au suivant ! Ou, plutôt, à la suivante…

Champagne ! Emmanuel Macron a dû fêter ça comme il se doit : en grandes pompes. Une rumeur a d’ailleurs couru que ce jour-là, hier donc, Macron et Bertrand étaient ensemble pour participer à un (non-) événement… Vous le croyez, vous, ça ? Mais Emmanuel en est bien capable, ainsi que Xavier, convaincu ce dernier qu’il arriverait en tête… pour déjà s’afficher aux côtés de son prédécesseur.

Souvenez-vous : à peine réélu à la présidence du Conseil régional des Hauts-de-France, en visite sur le site de l’usine Renault de Douai (toujours à côté d’Emmanuel Macron), Xavier Bertrand, se voyant déjà en route vers l’Elysée, s’était empressé de dépoussiérer une Renault 4L portant les armoiries élyséennes sur les portières, pour s’installer symboliquement (et médiatiquement) au volant. On retiendra que ce jour-là, sans aucun doute, mais non sans ironie, qu’il avait dû oublier de faire le plein d’essence… Car au final, il n’aura pas été bien loin sur la longue route de la Présidentielle.

Dès les premiers résultats de la « primaire » (re)connu, hier en début d’après-midi, comme il en a le légendaire et assassin secret, le Président de la République, toujours auprès des mêmes scrib(r)ouillards, éternellement prêts à claironner (sans la moindre analyse objective et pertinente) pour alimenter la grande caisse de la résonnance médiatique : le chef de l’Etat s’est inquiété – la main sur le coeur – de la victoire de Valérie Pécresse, comme si le second tour était déjà joué d’avance au sein des militants et sympathisants LR, inscrits à cette « primaire ».

Pour lui, Xavier Bertrand lamentablement éliminé, Valérie Pécresse devient le seul et unique danger. Il ne l’a pas dit ainsi, comme ça, mais il a tellement pensé fort que la presse s’en est fait l’écho, toute la soirée d’hier et quel que soit le canal.

Dès l’officialisation des résultats, Valérie Pécresse était l’élue, a tel point que la plupart des médias parlaient d’elle comme si elle était arrivée en tête… Quand au pauvre Eric Ciotti, qui demeure pourtant le grand gagnant du 1er tour de cette « primaire » au sein de LR – ou alors il y a un fonctionnement Trumpiste qui nous aurait échappé -, on s’est vite empressé de le caricaturer en l’affublant d’un autre nom : Zemmour. Facile. L’infréquentable Zemmour. « Bah, quelle horreur ! ».

Lors du second tour, après le ralliement de tous les perdants derrière elle, il ne fait plus aucun doute que Valérie Pécresse gagnera cette « primaire ». Cela s’inscrit dans une logique comptable. Mais le vrai résultat sera ailleurs : les militants et sympathisants LR auront perdu d’avance la Présidentielle de 2022, à cause de l’élite qui pense et agit à leur place aux commandes du parti. Le grand gagnant de cette « primaire » LR sera Emmanuel Macron.

Souvenez-vous encore : pas un sondage dans le cas d’une candidature LR de Valérie Pécresse à l’élection présidentielle de 2022 ne l’a placé au second tour. Pas un ! Elle est toujours arrivée (très loin) derrière Emmanuel Marcron, (loin) derrière Marine Le Pen et Eric Zemmour. Seul, parmi les probables candidats LR à la fonction suprême, Xavier Bertrand a toujours fait mieux chez les sondés, restant toutefois toujours au pied du podium.

Eric Ciotti aurait pu faire trembler Emmanuel Macron. Les instituts de sondage si redevables à l’Elysée ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : ils n’ont jamais intégré – ou exceptionnellement quand le vent a commencé à tourner -, la possibilité d’une candidature d’Eric Ciotti dans leurs scénarii. Bizarre, non ?

Une candidature du député des Alpes-Maritimes aurait largement grignoté les électorats d’Eric Zemmour et de Marine Le Pen, rassemblant tout l’électorat de la vraie droite politique (majoritaire actuellement en France) car plus fréquentable aux yeux de l’opinion publique avec à sa tête un Eric Ciotti, dès le 1er tour de la Présidentielle de 2022, pour devenir un danger pour Emmanuel Macron le coup suivant. Et cela, le Président de la République le sait pertinemment, il l’a très bien analysé. Malin le Macron…

 

L.M.