Port-Vendres se souvient : La Retirada, du 2 au 5 février : hommages, exposition, projection du film « Les enfants volés d’Espagne »

Vendredi 2 février :
Hommage à la stèle du cimetière à 17h – Visite de l’exposition au centre culturel vers 17h 30 – Projection du film « Les enfants volés d’Espagne » à 18h au Vauban – Apéritif de clôture au centre culturel à 19h – Exposition au Centre Culturel (du 2 au 5 février, 10h/ 12h – 14h30/ 17h).

Film « Les enfants volés d’Espagne » – Un film de Sandrine Mercier et Juan Gordillo Hidalgo. Synopsis : en Espagne, des milliers d’enfants ont été volés, déracinés entre 1939 et 1996. L’enfant déclaré mort-né à la naissance était en réalité vendu à une autre famille.

Derrière ce commerce juteux, se cachaient des médecins, mais aussi des curés et des religieuses. Aujourd’hui, les bébés sont adultes et veulent savoir. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Les gens se cherchent.

Pour retrouver leurs proches, ils doivent fouiller le passé. Mais les cliniques et les hôpitaux gardent leurs archives bien cachées. L’Etat fait la sourde oreille, la justice traîne les pieds.

Toutes ces victimes ont donc décidé de mener leur enquête, seules. Elles sont parties à la rencontre des témoins de l’époque, à la recherche des « coupables » et à la découverte du modus operandi.

Paroles de réalisateurs, Juan Gordillo HIDALGO et Sandrine MERCIER : « Nous avons eu connaissance de cette histoire, à travers les journaux espagnols, jusqu’à ce que nous rencontrions les victimes pour un reportage d’actualité. Nous avons été touchés par leur souffrance, leur envie de parler, de savoir, d’être écoutés. Quand on parle de l’affaire des bébés volés en Espagne, on s’imagine qu’il faut se plonger dans l’Histoire, dans le franquisme et dans les images en noir et blanc. Or, les victimes sont toujours vivantes, certaines ont à peine 30 ans… et d’autres ne savent toujours pas aujourd’hui, qu’elles ont été volées. Cette histoire nous l’avons racontée à nos familles, à nos amis, à des collègues. Mais ce n’était pas suffisant, à chaque fois, nous entendions « mais c’est incroyable, on ne connaît pas cette histoire en France. » Alors nous avons voulu écrire une part de cette histoire manquante de l’Histoire espagnole. Il nous fallait entreprendre un récit, une enquête, un vrai processus documentaire où nous allions avoir nous aussi à trouver notre place ».

Pour mémoire, la Retirada : la Retirada, bref aperçu historique; La retirada signifie retraite ou exil en espagnol. Elle évoque l’exode des réfugiés espagnols de la guerre civile. Retour sur cette période douloureuse de l’histoire d’Espagne.

Le déclenchement : en 1936, avec l’appui d’Hitler et de Mussolini, le général Franco renverse la république espagnole et s’empare du pouvoir. Dès lors, une guerre civile sanglante éclate. Elle dure trois ans. Les civils forment la résistance et combattent la dictature et le fascisme.

Le chemin de l’exil : le 26 janvier 1939, Barcelone tombe aux mains des nationalistes. Dès la chute de la capitale catalane, c’est la chronique d’une mort annoncée pour l’armée républicaine. Franco s’empare de Barcelone et proclame la fin de la guerre civile. Ce sont les prémices de l’exil. Près de 500 000 Espagnols, civils et militaires, sous la pression de l’armée franquiste, traversent la frontière. Ils seront internés dans les camps régionaux comme ceux d’Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien, Le Barcarès, Bram, Agde…

 


A Port-Vendres, mission humanitaire : dans le port de la cité de Vénus, un étrange ballet se déroule. Des milliers de réfugiés républicains entassés sur des navires militaires sont transférés en premier lieu dans le camp de la Mauresque. Par ailleurs le gouvernement réquisitionne la compagnie Paquet afin d’affréter deux navires-hôpitaux, le Maréchal Lyautey et l’ASNI, pour prodiguer les premiers soins aux réfugiés.

Le quotidien des réfugiés dans les camps : les premières semaines, près de 280 000 personnes sont internées dans des camps improvisés et aménagés par les prisonniers. Le premier camp accueillant les exilés est Argelès-sur-Mer. La présence de barbelés et de gardes 24h/ 24 rendent toute tentative d’évasion difficile. Les conditions de vie sont dures. Les hommes dorment à même le sable ou la terre, sans baraquement pour s’abriter. Les décès sont réguliers en raison du manque d’hygiène et des difficultés d’approvisionnement en eau potable et nourriture.

Humiliés par cet accueil et les conditions de vie qu’ils subissent durant leurs premiers mois en France, les réfugiés tentent cependant d’améliorer leur quotidien dans les centres d’hébergement et dans les camps. En comptant parfois sur l’aide de différentes organisations internationales de soutien aux réfugiés espagnols, ils organisent différents activités afin de ne pas sombrer dans la dépression ou la folie. Jeux de cartes, parties d’échecs, rencontres sportives, cours scolaires de tous niveaux, rédaction de journaux ou de bulletins, conférences improvisées et discussions politiques constituent l’emploi du temps de la majorité des réfugiés.