(Communiqué)

 

-« Le Procureur Général près la Cour d’Appel de Montpellier a ordonné la réouverture de l’enquête portant sur les destructions du site archéologique du port de Port-Vendres.

Par courrier en date du 22 juin 2021, il a en effet répondu positivement à la demande présentée par les conseils des deux associations signataires du présent communiqué*.

Pour rappel, en août 2019 trois plaintes avaient été déposées contre X donnant lieu à l’ouverture d’une enquête judiciaire. Dans ce cadre, les investigations diligentées avaient conduit au placement sous scellés de 3000 tonnes de débris susceptibles de contenir des vestiges archéologiques pouvant faire partie du fameux temple de Vénus, connu dans la littérature antique et contemporaine.

Il était également question de la découverte de blocs blancs monumentaux dont l’extraction, le transport et le largage possible en mer avaient pu être constatés par des lanceurs d’alerte port-vendrais.

L’enquête avait été étonnamment classée sans suite, un an après, par le Parquet de Perpignan en août 2020.

Les auditions des différents protagonistes en charge des travaux faisaient pourtant apparaître de larges discordances.

Des zones de largage susceptibles d’accueillir les blocs recherchés étaient mêmes identifiées par les enquêteurs sans que des investigations plus complètes ne soient réalisées.

Sur la base des pièces de procédure communiquées aux associations, il a alors été procédé à une analyse poussée des données en présence. Les éléments mis en évidence sur la base d’une enquête jugée inachevée par les membres associatifs ont manifestement convaincu le Parquet Général de reprendre l’enquête sur de nouvelles bases.

Rappelons que les travaux de creusement du centre du port avaient été décidés sans qu’aucune fouille préventive archéologique n’ait été réalisée alors que les deux associations, études et découvertes universitaires à l’appui, n’avaient eu de cesse de signaler le risque archéologique engendré par cette opération, et ce jusqu’aux plus hautes sphères étatiques.

Dans le même temps, au cours du mois de mai 2021, dans l’objectif de lever ou de confirmer l’hypothèse d’un largage en mer dissimulé lors des travaux de creusement, le Professeur Bisconte de Saint-Julien a organisé et mandaté contractuellement une société de plongée pour une campagne d’exploration en mer en face du port et sur les zones identifiées lors de l’enquête. Une zone de décharge de détritus et déchets portuaires et surtout une zone d’accumulation de blocs taillés, manifestement anciens, ont été découverts et photographiés.

Ce dossier a rapidement été transmis au Parquet Général, en complément des nombreux éléments démontrant que l’enquête avait été clôturée prématurément, alors que les présomptions d’un désastre archéologique et d’un déni historique restaient entièrement posées.

La destruction d’un site sensible sur le plan archéologique, connu mondialement pour ses quinze épaves et son temple antique dédié à Aphrodite Vénus, est une question d’Etat qui appelle évidemment à une intervention de la Justice pour que toute la vérité soit faite.

Les deux associations rappellent qu’en 2001, le ministère de la Culture et l’Union Européenne avaient soutenu, au terme de dix ans d’études, le projet de construction d’un grand musée archéologique à Port-Vendres. Il fut finalement annulé en raison d’une orientation économique choisie par la nouvelle majorité départementale. C’est une erreur qui a été lourde de conséquences car l’activité culturelle était parfaitement compatible avec le fonctionnement du port de commerce ».

 

*Association Port-Vendres et Les Port-Vendrais (présidée par J-C. Bisconte de Saint-Julien) ; Association FRENE’66 (présidée par Marc Maillet).