De rebondissements judiciaires en rebondissements politiques, les affaires du maire du Barcarès Alain Ferrand (Divers droite) ne font pas (et ne sont pas) les affaires du maire de Saint-Estève Robert Vila (LR/ Les Républicains), ès-qualité de président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), dont justement Alain Ferrand est son 1er vice-président dans cette dernière collectivité territoriale. A tel point que, jour après jour, Robert Vila doit finir par se demander s’il a bien fait de prendre le gouvernail de cette galère métropolitaine…

 

D’ici le 31 mars prochain, PMM doit caler son budget annuel. Bien du courage ! Car même le plus doué des équilibristes-trapézistes formé à l’école des cirques Arlette Gruss et Pinder aurait du mal à jongler avec les chiffres ! Car, en plus, il faut savoir compter avec des groupes politiques dans lesquels même une chatte n’y retrouverait pas ses petits, tellement la créolisation mène la barque…

Mais avant d’en arriver là, à l’échéance du 31 mars 2022, Robert Vila va devoir s’expliquer – et c’est là un euphémisme – se positionner en tout cas, probablement dès ce vendredi matin lors de la Conférence hebdomadaire des maires du territoire métropolitain (trente-six communes au total), sur ce qu’il convient désormais d’appeler « l’affaire Ferrand ».

En effet, depuis quarante-huit heures maintenant, le maire du Barcarès et 1er vice-président de PMM est incarcéré à la prison Maillol de Perpignan, avant d’être transféré aux Baumettes, à Marseille, pour y être entendu dans une affaire en cours au motif « d’extorsion de fonds en bande organisée »Alain Ferrand a été interpellé et écroué « pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire » auquel il était soumis depuis les élections départementales, juin 2021.

Des voix s’élèvent, notamment parmi les membres du groupe des élus Non-Inscrits (NI), qui rassemble une vingtaine de maires, pour demander au Président Vila « de prendre officiellement les mesures qui s’imposent ». « On ne peut plus rester dans cette situation, se murer dans le silence alors que la Justice est elle active… Alain Ferrand est dans notre organigramme le 2e personnage clé de la gouvernance de l’Agglo, il doit en être écarté ! On n’est plus là dans des soupçons de mises en examen, le personnage a été écroué et, malheureusement, ce n’est pas la première fois (…) ».

Peu de gens aujourd’hui, dans les coulisses métropolitaines, se risquent à prendre la défense du pourtant bouillonnant maire d’un « Barcarès irrésistiblement attractif ». Au contraire, ils sont de plus en plus nombreux, et pas qu’en catimini, à enfoncer le clou, parlant carrément de « boulet » pour la gouvernance de PMM.

« Robert Vila ne pourra pas resté plus longtemps muet, il doit agir, car cette succession « d’affaires Ferrand » est en train d’entacher le fonctionnement de la Métropole, de pourrir le climat ambiant, de jeter la suspicion. Ce n’est bon pour personne, ni pour les élus, ni pour les agents ».

Quelles sont les marges de manoeuvre du président de PMM actuellement ? Lui retirer ses délégations ? Lui supprimer ses idemnités ?…

Il sera intéressant sur le sujet de voir qui prendra la parole ce matin à la tribune de la Conférence hebdomadaire des maires… ou, plutôt, qui, de la droite à la gauche, en passant par les NI, en aura le courage ?

 

L.M.