Buenos Aires est une ville de légendes. C’est ce que rappelle le journaliste et écrivain David Lelait-Helo dans son nouveau roman « D’entre les pierres », qu’il présente jeudi 28 mai 2015 ,à 18 h, à l’ Hôtel Pams de Perpignan.

Professeur d’espagnol passionné d’Amérique latine, journaliste et écrivain, David Lelait-Helo signe un nouveau roman, « D’entre les pierres », qu’il vient dédicacer à l’invitation du CML (Centre Méditerranéen de Littérature), à Perpignan, en partenariat avec l’associtation LGTB’66 et la librairie Torcatis. L’auteur vit aujourd’hui à Paris mais il est né et a grandi à Orléans. Il est l’auteur, entre autres, de nombreuses biographies de femmes (Dalida, Édith Piaf, Barbara…). Ici, il se glisse dans la peau, ou plutôt les pierres, d’une vieille maison de Buenos Aires (Argentine) sur le point d’être rasée. L’histoire d’une maison qui a abrité les secrets d’une femme tourmentée par son passé. Un voyage dans l’histoire extraordinaire et glorieuse de l’Argentine des origines à nos jours, avec la tragédie de la dictature des années 70 et le mythe de Juan et d’Eva Perón. La  militaire a été une période sombre dans l’histoire . Des décennies ont passé, mais le pays porte encore le deuil de ces milliers de victimes. Un peu partout, de nombreux symboles rappellent aux Argentins ces « années noires » : des plaques placées sur les trottoirs du quartier de Palermo, à Buenos Aires, mentionnent les noms de ceux qui ont vécu là avant d’être enlevés durant la dictature militaire. Plus au nord, dans le Parc de la mémoire, on peut voir un immense monument qui mentionne les noms des disparus de la dictature. Il se trouve symboliquement face à l’estuaire du Rio de la Plata, dans lequel étaient jetés les prisonniers encore vivants.

Les Argentins abordent cette période de leur histoire de manière paradoxale. En Argentine, les traces de la répression sont partout mais on n’en parle ouvertement que depuis très récemment. Dans le roman de David Lelait-Helo une très ancienne maison de Buenos Aires prend la parole qu’on ne lui avait jamais donnée. À l’heure d’être détruite, elle révèle ce qu’elle a vu et gardé trop longtemps secret : le drame de Soledad Salvador, la femme qui aura vécu entre ses murs plus de cinquante ans, un drame qu’elle a été impuissante à empêcher…

Au fil de récits de vies, la maison, rescapée de temps révolus, évoque entre rêve et réalité la fondation de la ville cinq siècles plus tôt, l’immigration qui au XIXe siècle a donné le jour à l’Argentine, le mythe Eva Peron, la dictature durant les années 1970. Ce roman traite du lien intime que nous entretenons avec notre décor et des secrets dont regorgent nos vies. Il est un voyage au cœur des mythologies argentines, une rêverie qui renferme de grandes leçons de vie, d’amour et de paix. Ce n’est pas banal de se mettre dans la peau d’une maison. Le roman est écrit à la première personne et au féminin. David Lelait-Helo préfère mieux écrire dans la peau d’une femme.

Dans tous ses livres, sauf Poussière d’homme, ce sont toujours des héroïnes. Les femmes ont un vocabulaire plus sensible, qui le touche plus. Quant à la maison, c’est une idée originale ! L’auteur est parti de l’expression : « Si les murs pouvaient parler ». Les murs absorbent beaucoup de nos vies, ils sont des réceptacles à secrets. David Lelait-Helo aborde des sujets de fond : l’histoire du pays, l’immigration, la dictature… Buenos Aires est un héros à part entière. L’auteur raconte son histoire. C’est un des seuls pays d’Amérique latine qui n’a pas de substrat historique, pas de civilisation antérieure, comme le Pérou. L’Argentine est un prolongement de l’Europe.

– Dédicace et conférence de David Lelait-Helo, ce jeudi 28 mai, à 18h, à la à l’Hôtel Pams. (Entrée libre). « D’entre les pierres », Editions Anne Carrière, 18 €.