Maire de Perpignan depuis 2009, président de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), Jean-Marc PUJOL (LR/ Les Républicains) n’a toujours pas dit son dernier mot. Ou plutôt : lui qui a toujours exprimé qu’il annoncerait son choix au(x) lendemain(s) des élections européennes (qui ont eu lieu le dimanche 26 mai dernier) entretient toujours le suspens sur sa candidature éventuelle à sa propre succession.

Jean-Marc PUJOL avait effectivement prévu de rendre public sa décision dans la foulée des européennes, mais le mouvement politique de la Majorité présidentielle, La République En Marche (LaREM), a contrecarré son calendrier en décidant d’investir son député de la 1re circonscription des P-O, Romain GRAU, sur Perpignan pour les prochaines municipales (mars 2020).

Sans consulter le maire sortant, lequel pourtant était porteur d’un projet de rassemblement incluant les droites républicaines et le centre, LaREM a décidé unilatéralement le 17 juin de soutenir Romain GRAU un point c’est tout. Point à la ligne. Sans discussion possible. C’est comme ça, c’est à prendre ou à laisser.

Pourtant, moins d’une heure après avoir investi « le Grau » – c’est ainsi que ses amis politiques à Perpignan le surnomment – Stanislas GUERINI, délégué général de LaREM, envoyait un sms à Jean-Marc PUJOL pour lui dire combien et comment il comptait sur lui pour soutenir cette candidature imposée par le parti macroniste… On croit rêver ! Le mec est poignardé dans le dos et on lui demande d’aider l’auteur du coup de couteau… Vraiment, les macronistes ont des leçons à (ap)prendre, surtout s’ils veulent arriver à concilier la rigueur des principes et le nécessaire ancrage territorial qui visiblement fait défaut à leur « pragmatisme »

Aujourd’hui, le parti LR’66 n’a plus d’autres solutions sur le papier que de présenter sa propre liste, sinon il est condamné à quitter la scène politique départementale, et ce pour un bon bout de temps. Son absence dans la bataille électorale sur la seule grande ville des P-O, Perpignan, serait un très mauvais signal pour d’autres communes du Roussillon, à commencer par Canet-en-Roussillon, Le Soler… et surtout Saint-Laurent-de-la-Salanque et Sainte-Marie-la-Mer ou le puissant Rassemblement National (ex FN) de Louis ALIOT est en embuscade.

Le meilleur candidat, au sein de LR’66, des militants mais également du matelas électoral perpignanais, reste Jean-Marc PUJOL. Depuis les européennes, de comités en réunions, c’est incontestablement le choix qui se dégage. Le maire sortant, qui n’est pas encore sorti, se voit affubler de l’étiquette « meilleur rassembleur » pour conduire LR à la victoire : « Lorsque son nom est donné par les sondeurs lors d’enquêtes d’opinion, on voit très bien qu’au soir du 1er tour, une liste renouvelée qu’il conduirait arriverait 2e, derrière Louis ALIOT mais devant Romain GRAU ! Les européennes nous ont mis devant un constat, des résultats certes, mais le nom du maire n’apparaissait pas en tête de liste. La comparaison est donc hasardeuse. Or chacun sait que tout maire en place bénéficie d’un capital électoral appelé « la prime aux sortants ». Cela est une réalité que tous les scrutins confirment. Aujourd’hui, Jean-Marc PUJOL n’a pas d’autres choix que d’y aller ! », assure un proche. Il ajoute : « Quand bien même Jean-Marc PUJOL arriverait 3e, derrière une union de la gauche ou LaREM, cela placerait LR en position de force pour négocier. Alors que sans liste LR sur Perpignan l’an prochain, c’est toute une génération au sein de LR’66 qui serait sacrifiée, et c’est surtout prendre le risque qu’il n’y ait plus un seul parlementaire LR dans les P-O à l’avenir ! Car on voit mal comment LR’66 pourrait conserver les deux fauteuils de sénateurs en perdant la ville de Perpignan et la Métropole ». Il conclut : « Nous savons très bien que l’équipe municipale en place n’a pas bonne presse, nous ne sommes ni sourds ni aveugles, mais une équipe remaniée en profondeur aurait toutes les chances de l’emporter. Dans nombre de secteurs de la ville, Jean-Marc PUJOL conserve une certaine aura, son équipe a réalisé en très grande partie le programme sur lequel elle a été élue en 2014 ».

Pour les plus conservateurs des LR’66, le choix de Jean-Marc PUJOL de se représenter « permettrait avant toute chose d’enterrer – politiquement s’entend – le traitre Romain GRAU »… Un Romain GRAU qui, il est bon de le rappeler, a partagé la gestion municipale de Jean-Marc PUJOL en mairie de Perpignan en étant son 1er adjoint.

C’est bien là devant un rendez-vous historique qu’est placé désormais Jean-Marc PUJOL : éviter coûte que coûte, vaille que vaille, de laisser tomber sa ville de Perpignan dans l’escarcelle du RN version Louis ALIOT, élu député de la 2e circonscription des P-O en 2017, grâce entr’autre, ou plutôt à cause de l’illisibilité de LaREM dans l’électorat de droite et du centre, ne jamais l’oublier !

A suivre.

 

Romain GRAU et Jean-Marc PUJOL… C’était en 2015…