C’est dans quinze jours, le 15 mars qui vient, que les 88 délégués communautaires maillant le territoire de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), soit trente-six communes et près de 290 000 habitants, seront appelés à se prononcer sur le budget annuel de la dite collectivité territoriale

 

Sur le papier, les alliés du président Robert Vila (Les Républicains/ LR), par ailleurs maire de Saint-Estève et conseiller départemental, ont une avance plutôt confortable si on prend soin d’additionner sereinement et méthodiquement les voix de la Droite dite républicaine et du Centre, des Non-Inscrits (NI)…

Cependant, il faut aussi tenir compte des animosités ambiantes – et récurrentes – qui règnent dans le camp de la Majorité aux commandes. Par exemple, comment ce jour-là vont se comporter Alain Ferrand (Le Barcarès et néanmoins 1er vice-président de PMM…), Armelle Revel-Fourcade (Le Soler), Nicolas Barthe (Toulouges), Gilles Foxonet (Baixas et néanmoins suppléant-remplaçant de Robert Vila au Département), ou encore Jean-Paul Billes (Pézilla-La-Rivière) ? Langue au pangolin. Nous n’avons pas accès aux coulisses (de l’exploit) !

La grande inconnue reste bien évidemment le choix que décidera le maire de Perpignan, Louis Aliot (Rassemblement National/ RN), fort de ses troupes sur le terrain, lesquelles rappelons-le pèsent une trentaine de conseillers communautaires. Ce n’est pas rien. Bizarrement, dans cette enceinte très républicaine, c’est lui qui pourrait être le (dé)faiseur de roi. Et parmi les bookmakers locaux, on en attend pas moins de lui !

Il reste que ce n’est peut-être pas l’heure et dans son intérêt (et si vite) de renverser la table communautaire à quelques mois à peine des prochaines élections départementales. Car cela risquerait de compromettre toute possibilité d’alliance des droites lors des seconds tours dans les cantons des P-O.

Histoire de ne pas apparaître comme le grand méchant loup, ou plutôt d’être catalogué en tant qu’empêcheur de tourner en rond, Louis Aliot pourrait tout simplement décider de s’abstenir lors du vote de ce fameux budget du 15 mars 2021. Cela lui permettrait de compter, entr’autres, ou plutôt de démasquer celles et ceux, proches idéologiquement (sur la scène publique) du président Xanxo Vila, mais qui se disent (en privé) en profond désaccord avec lui… Sans pour autant passer de la parole aux actes. Ceux-là, le jour « J » iront-ils vraiment jusqu’au bout en s’abstenant de voter le budget de leur chef de parti(e) ? Il est permis d’en douter.

Puis, dans ce budget, la ville de Perpignan n’est pas oubliée. Notons, par exemple, les 300 000€ qui seraient investis par la Métropole sur la ville gouvernée par Louis Aliot pour accueillir l‘Ecole 42, dont le 1er magistrat souhaite et soutient l’implantation. Etc.-etc.

Bref, comme dirait Jacques de Chabannes, plus connu sous le nom de marquis de La Palice, dès lors, le 15 mars qui vient, s’offriront à la gouvernance de PMM trois possibilités : soit le budget est approuvé, soit le budget est rejeté, soit encore « il est mis » en minorité.

En attendant, les couloirs du temps vont grouiller de scenarii, de coups de théâtre, à l’ombre et à l’abri des regards (et des oreilles) de reliques sacrées, vous pariez combien ?

 

L.M.