Depuis un certain temps et, coïncidence ou pas, depuis que l’on sait que Michel Sitja, ancien et très influent Directeur de cabinet de Jean-Marc Pujol lorsqu’il était aux commandes de la Ville et de la communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), a rejoint le sulfureux maire du Barcarès, le bien nommé Alain Ferrand, les grandes manoeuvres ont commencé pour… faire tomber l’actuel président de PMM, Robert Vila, par ailleurs maire de Saint-Estève et conseiller départemental. Petit détail mais qui a son importance: la bande des Quatre que nous venons de citer est, politiquement s’entend, ancrée à droite. C’est donc bien ici à une affaire de famille que nous vous convions, chers lecteurs… Et il n’est pas question que de linge sale !

 

 

Donc, Jean-Marc Pujol et Alain Ferrand, ou leurs sbires, et consorts, ont entrepris une tournée des popotes – aux yeux et à la vue de tous puisque avant-hier encore le 1er magistrat du Barcarès s’est mis à table avec des conseillers municipaux perpignanais affiliés au groupe de Jean-Marc Pujol… – auprès de certains maires qui siègent au conseil communautaire de PMM, pour faire passer leur message : remplacer au plus vite Robert Vila, en commençant par le mettre en minorité lors du vote du budget annuel de la Métropole qui doit avoir lieu avant le 31 mars prochain. Le duo se serait même déjà partagé (en coulisses) les vice-présidences de la future gouvernance de PMM en cas de victoire.

Le plus surprenant, dans cette affaire, c’est d’assister aux noces de Figaro entre le clan Pujol et la tribu Ferrand. Le véritable mariage de la carpe et du lapin revisité à la sauce catalane. Le premier, dans la stratégie du renversement de Vila, annonce qu’il peut apporter 9 voix, le second soutient un jour qu’il peut compter sur cinq voix un jour, jusqu’à neuf voix un autre jour, sans lendemain… Bref, le tout cumulé ne fait jamais un compte rond et, surtout, ne pèse pas lourd (Le seul Louis Aliot, maire RN de Perpignan, pèse 31 voix et cela nous étonnerait beaucoup qu’il rejoigne ceux qui l’a battu lors de précédents scrutins)… Mais ils y croient dur comme fer ; surtout Ferrand à peine sorti de son village de… Noël ! Ah, les croyances au padre

Sachant que c’est Jean-Marc Pujol qui aurait poussé Alain Ferrand à embaucher Michel Sitja – c’est le maire du Barcarès himself qui le dit – on comprend mieux le pourquoi du comment, le renvoie d’ascenseur, et ainsi la boucle est bouclée. Trop facile, même sur le ton de l’ironie.

Pourtant, alors que Jean-Marc Pujol était aux commandes du navire métropolitain PMM, nombre de collaborateurs à la dite encore Agglo se souviennent que son directeur de cabinet n’a cessé, durant tout le mandat 2014-2020, d’affubler et de traiter Alain Ferrand de tous les noms d’oiseaux (si vous êtes gentils on vous dira lesquels un jour). Air connu : qui se ressemble…

Premier signe avant-coureur de cette tentative de déstabilisation : c’était lundi dernier, en commission communautaire des Finances, présidée par Alain Dario, maire de Peyrestortes la bien nommée. Un rendez-vous qui a signé la trêve des confiseurs ! Tous les points inscrits à l’ordre du jour (au nom de Robert Vila) ont été mis en difficulté, voire rejetés. Rien (ou presque) n’a été adopté à l’unanimité. Une ambiance de pugilat sur fond de règlements de compte a régné sur ladite Commission.

A partir de là, on peut donc aisément imaginer dans quelle atmosphère délétère (pour le moins) la conférence des maires hebdomadaire qui a lieu ce vendredi 14 janvier 2021, en ce moment même, va se tenir. Sachant que les Rois Mages sont désormais démasqués, en tout cas on connait leurs intentions.

Le dossier sur lequel les uns et les autres pourraient s’écharper, ou plutôt tenter un coup d’Etat, pourrait être celui de l’Ecole 42 à Perpignan (en lieu historique et place Catalogne de l’ex grand magasin des Dames de France). Mais cela serait bien maladroit de la part du couple « Ferrand – Pujol », car ce dossier, porté et défendu par une majorité d’élus parmi les 88 délégués communautaires qui siègent à PMM, demeure le seul projet visible de la mandature en cours. Et la nouvelle génération est à fond derrière.

Les seules communes de Canet-en-Roussillon, Rivesaltes et Saint-Estève, soit dix voix, soutiennent le projet d’implantation d’une Ecole 42 à Perpignan, tout comme la plupart des maires de la vallée de l’Agly, ainsi que naturellement les 31 élus du groupe perpignanais de Louis Aliot.

De ce côté là, l’attelage « Ferrand – Pujol » n’a probablement aucune chance d’arriver à ses fins, même en tentant d’expliquer laborieusement dans des plans foireux tirés sur la comète « Qu’il y aurait un deal entre Robert Vila et Louis Aliot » : le premier pour sauver son budget (dans lequel à ce jour il manquerait dix millions d’€uros pour l’équilibrer) ; le second pour pour s’assurer de la réalisation de l’Ecole 42 dans sa commune.

Quoi qu’il en soit, cela démontre surtout que Robert Vila, malgré son imposant physique de joueur 2e ligne au rugby, flotte dans son costume de président de la Métropole. L’habit est visiblement trop grand pour lui.

Mais, comme nous l’a confié un maire, « à ce jour, dans le casting actuel, Robert Vila reste un moindre mal. Il est hors de question de laisser des requins faire le plein d’essence et de laisser les clés du véhicule à des maquignons ». Voilà qui est dit.

 

L.M.