Passe d’armes entre le maire de Perpignan, Louis Aliot, et le 1er vice-président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), Alain Ferrand, par ailleurs maire du Barcarès, à la conférence hebdomadaire des maires qui s’est tenue ce vendredi matin

 

Fidèle au projet de fusion qu’il caresse depuis des semaines, Alain Ferrand présentait donc ce jour les grandes lignes de son ambition pour regrouper les structures ADE-PMI* et Offices de tourisme communautaires Perpignan-Méditerranée, et ce en proposant, selon ses propres mots : une « agence d’attractivité »… au budget cependant conséquent pour ne pas dire dispendieux ; 4 millions d’euros dont une enveloppe de 800 000€ pour le seul recrutement de personnel.

Comme on pouvait s’y attendre, cela a fait tilter un certain nombre d’élus représentant les trente-six communes du territoire.

Parmi celles et ceux qui n’ont pas manqué de tousser, ou de retenir leur souffle, le maire de Perpignan n’a pas été en reste ; il s’y est opposé considérant qu’il n’avait « jamais été associé à ce projet et qu’il était prématuré de constituer un énième « machin » coûteux, alors qu’aucune stratégie viable n’est encore développée… Sinon de créer une administration supplémentaire avec des coûts supplémentaires… ».

C’est donc très officiellement que la Ville de Perpignan par la voix de son maire Louis Aliot a annoncé ne pas vouloir cautionner cette volonté de création… et il se dit même, du côté de La Loge-de-Mer, qu’il serait question de marquer son indépendance en créant une structure municipale destinée à l’animation touristique, ainsi qu’au développement de l’attractivité de la ville. Cette réalisation, si elle voyait le jour – elle serait d’ailleurs déjà sur les rails – engloberait plusieurs équipements structurants.

Selon nos sources, généralement bien informées, plusieurs acteurs économiques auraient été approchés pour atteindre cet objectif…

Les supputations vont désormais bon train, de part et d’autre de la Basse, ou plutôt de la Têt, mais il semble bien que le président de PMM, Robert Vila, par ailleurs maire de Saint-Estève et conseiller départemental, se soit résolu « contre toute logique économique » (selon les propos de Louis Aliot) à accepter ce projet porté par Alain Ferrand – qualifié financièrement « de hasardeux » par celles et ceux qui y sont hostiles -, en contrepartie du soutien de ce dernier et de ses amis… pour le vote de son budget**?

Il n’en demeure pas moins que si Alain Ferrand réussit à concrétiser sa fusion entre l’ADE-PMI et l’OT communautaire Perpignan-Méditerranée, face à lui la ville-centre de la Métropole a déjà averti : « C’est une coquille vide qui sera mise en place ! ».

 

*ADE-PMI = Agence de Développement Economique Pyrénées-Méditerranée Invests.

**Le vote du budget de PMM interviendra le 15 mars 2021.