For-mi-da-pple !

Une minorité (mais très agissante) d’individus qui n’ont toujours pas digéré que l’équipe municipale – démocratiquement et républicainement élue en 2020 – remplace « Perpignan-La-Catalane » (on voit ce que cela a donné avec l’autoroute A-9 dans sa traversée du département des P-O…) par « Perpignan-La-Rayonnante », est récemment passée à l’action pour rebadigeonner les panneaux de signalisation d’entrée de ville du nom du slogan si cher (au sens propre comme au sens figuré) à son inventeur-promoteur, Jean-Paul Alduy, dit « L’EX » (pour ses nombreux mandats politiques), Lyonnais de naissance et qui a fait toute sa carrière professionnelle dans la région parisienne.

A l’époque, l’EX maire reconnaissait en privé – mais pas du bout des lèvres -, que cela était « un acte sans véritable portée, pas même symbolique, car l’Histoire était passée par là et qu’on ne la referait pas (…) ». Mais voilà, il fallait distribuer des friandises à ceux qui lui avaient permis de battre Claude Barate*, alors son principal (et unique) rival, lors de l’élection municipale de 1993, suite à la démission de son papa, feu le sénateur Paul Alduy (dont d’ailleurs l’ex député RPR Claude Barate avait été le 1er adjoint).

C’est ainsi que Jacques Roure – devenu Jaume Roure au fil de combats catalanistes – sacré adjoint aux Affaires catalanes (il fallait bien à l’époque remercier les quelque 2% d’électeurs qui avaient permis la victoire alduyiste), avec la bénédiction de Joan-Pau I du Castillet, s’est affairé pour commencer à catalaniser toutes les rues du centre-ville de Perpignan, et même à en rebaptiser certaines voiries… Il avait carte blanche pour (tout) cela. Il s’est tellement dévoué et passionné à la tâche, qu’on a bien cru qu’il allait faire tache d’huile jusque dans les rues de Narbonne. D’ailleurs, admettons-le, certains élus l’ont vite imité dans leurs communes, avec plus ou moins de succès. Pendant ce temps, Jean-Paul Alduy était tranquille.

Bref, nous aurions un livre à écrire, tant le personnage (Jaume Roure) est fascinant, digne d’intérêt et de peupler une fable historique, à défaut de remplir les urnes… Son parti, Unitat Catalana, bien que porteur d’idées intéressantes notamment au plan identitaire, n’a hélas depuis jamais convaincu d’une manière indélébile la mémoire des électeurs perpignanais. Mais il a le mérite au moins de renaître à chaque élection.

Aujourd’hui, en 2022, redoré, requinqué plutôt, par le passage des Rois Mages (sans Sheila au casting toutefois restée en Galilée), Jaume Roure soutient, avec sincérité lui, le ripolinage des panneaux de signalisation urbaine de Perpignan à la sauce catalane.

De son côté, la Municipalité en place – jusqu’en 2026 au minimum, n’en déplaise -, n’apprécie pas. Louis Aliot, le maire, devrait porter plainte et, annonce-t-il, envoyer la facture de nettoyage et de remise en état aux auteurs de cet acte de vandalisme revendiqué.

Une polémique qui ambiance la vie locale dans quelques échoppes et officines, et dont nous serions les seuls à posséder l’exaltant secret. Amen !

L.M.

 

*A l’époque, sur la liste de Claude Barate (contre celle de Jean-Paul Alduy), se trouvaient notamment : Me Pierre Becque, grand défenseur de la cause catalane qui sera plus loin, plus au sud, plus près de la frontière, élu maire de Banyuls-sur-Mer ;  Jean-Marc Pujol, qui finira maire de Perpignan et président de la Métropole Perpignan-Méditerranée (après avoir été 1er adjoint aux côtés de… JPA).