Le cardinal guinéen Robert Sarah à Villa Bonaparte, Ambassade de France auprès du Saint-Siège, Rome, Italie, le 6/12/2014. Photo : Eric Vande

 

Le cardinal Robert Sarah présente « La force du silence », le samedi 6 mai à Perpignan

Auteur de « La Force du silence » (Fayard), le Cardinal Robert Sarah  présentera  son  ouvrage (écrit avec Nicolas Diat)  distingué par le prix Spiritualités d’aujourd’hui 2017  samedi 6 mai à Perpignan à 15h dans les salons de l’hôtel Pams, à Perpignan, sous la présidence de Mgr Nobert Turini. Entrée libre.

Né en juin 1945 à Ourous, dans l’archidiocèse de Conakry, en Guinée, le cardinal Robert Sarah est une des figures les plus importantes du monde catholique d’aujourd’hui – il est le numéro trois du Vatican.  Ordonné prêtre le 20 juillet 1969, il a ensuite été envoyé à Rome où il a passé sa licence en Théologie à l’Université pontificale Grégorienne. À Rome, il a enrichi sa formation culturelle à l’Institut biblique pontifical, et l’a approfondie ensuite grâce à une période d’études au Studium Biblicum Franciscanum de Jérusalem. Revenu dans sa patrie, il a d’abord été curé, puis recteur du petit séminaire de Kindia.

Nommé archevêque de Conakry le 13 août 1979, il a été consacré le 8 décembre suivant. Il a ensuite été administrateur apostolique de Kankan, président de la Conférence épiscopale de la Guinée et président de la Conférence épiscopale régionale pour l’Afrique occidentale francophone (Cerao). En octobre 2001, il a été nommé secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, une charge qu’il a exercée pendant neuf ans, jusqu’au 7 octobre 2010, lorsque Benoît XVI l’a désigné président du Conseil pontifical «Cor Unum».

Il a été créé cardinal par Benoît XVI au cours du Consistoire du 20 novembre 2010. Spécialiste reconnu de l’Église, écrivain, Nicolas Diat est  quant à lui l’auteur d’un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014). Le cardinal Robert Sarah et Nicolas Diat ont publié chez Fayard en 2015 un premier livre, Dieu ou rien. Entretien sur la foi.

La prière naît du silence

Dans une époque de plus en plus bruyante, alors que la technique et les biens matériels ne cessent d’étendre leur emprise, c’est certainement une gageure que de vouloir écrire un livre consacré au silence. Pourtant, le monde émet tant de bruits que la recherche de quelques gouttes de silence n’en devient que plus nécessaire. Pour le cardinal Robert Sarah, à force de repousser le divin, l’homme moderne se retrouve dans un grand silence, une épreuve angoissante et oppressante. Le cardinal veut rappeler que la vie est une relation silencieuse entre le plus intime de l’homme et Dieu. Le silence est indispensable pour l’écoute de la musique de Dieu : la prière naît du silence et y revient sans cesse plus profondément.

Dans cet entretien avec Nicolas Diat, le cardinal s’interroge : les hommes qui ne connaissent pas le silence peuvent-ils jamais atteindre la vérité, la beauté et l’amour ? La réponse est sans appel : tout ce qui est grand et créateur est formé de silence. Dieu est silence. Après le succès international de Dieu ou rien, traduit dans quatorze langues, le cardinal Robert Sarah entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse.

Dans « La force du silence », le cardinal affronte aussi la terrible question du « silence de Dieu face au déchaînement du mal ». Il évoque la Shoah – la monstrueuse tentative d’extermination programmée des juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale -, les autres tragédies qui torturent les nations, et les tragédies intimes vécues par les malades. Il témoigne que le silence de Dieu, au cœur des douleurs humaines, est un « silence aimant et proche de la souffrance ». Et c’est l’attitude qu’il recommande au chevet d’un grand malade – il parle d’expérience – :  « Il faut compatir silencieusement, aimer, et prier, avec la certitude que le seul langage qui convient à l’amour, c’est la prière et le silence ». 

Loin du bavardage savant, cette longue méditation ressemble aux Pensées de Pascal. Chaque paragraphe est une perle d’un collier contemplatif invisible. Il fait appel à toute la tradition monastique, en particulier celle issue de saint Bruno. On lira avec intérêt l’échange entre le cardinal Sarah et le supérieur de la Grande Chartreuse. « Le silence, dans la vie de l’Église, estime Dom Dysmas, me semble lié à la délicatesse de la voix divine. Pour l’entendre, il faut tendre l’oreille, car le Saint-Esprit ne parle pas fort. » Tous ceux qui ont goûté cette petite voix aspirent à l’entendre de nouveau. C’est le cas du cardinal Sarah qui, jeune archevêque de Conakry, avait pris l’habitude de s’isoler : « Je m’étais créé un désert intérieur. Il n’y avait aucune présence humaine. Je vivais dans le jeûne, la prière, simplement nourri par l’eucharistie. »

Séance de dédicaces sur place à l’hôtel Pams, 18 rue Emile Zola à Perpignan,  à partir de 14h30 avec le concours de la librairie l’Ermitage, Siloé de Perpignan. Entrée libre.