(Communiqué)

 

 

FRENE 66 – Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement – Pyrénées-Orientales – Membre de France Nature Environnement – Siège social : FRENE 66 – 16, rue Petite-la-Réal 66000-Perpignan
Tél. 04 68 34 98 26 Mail : frene66@gmail.com

 

-« Perpignan : la nouvelle dalle est arrivée avant la forêt urbaine

C’est toujours avec la même sidération que les Perpignanais et les autres ont vu arriver les semi-remorques – en direct de Tarragone – livrant les tonnes de dalles pour feu l’Espace Jeantet-Violet, jouxtant la Place de Catalogne.

Le défunt est d’ailleurs soigné aux petits oignons, la municipalité Aliot-Pujol ne mégote pas sur la qualité, ni sur l’épaisseur, ni sur l’addition bien sûr qui font le charme des marchés publics pour les dallages de la ville et le désespoir des contribuables.

Pour venir rendre hommage à ce cher catafalque luxueux, des mégalithes, au style épuré, ont été implantés dans la louable intention de refroidir l’hiver et de réchauffer l’été les arrière-trains des visiteurs dont on imagine qu’ils seront télé-protégés.

Tout avait très mal commencé par un legs d’une famille souhaitant faire don à la ville d’un espace vert récréatif, dont les autorités municipales ne pouvaient guère tirer de profit et peinaient même à son entretien.

Tout s’était éclairci par l’idée lumineuse des mêmes autorités pour y implanter un parking souterrain tout en feignant de respecter les clauses du legs. Cette idée géniale fut pervertie par une autre – typique de la technicité ambiante – celle de réaliser un Parcoville automatique.

Tout allait tourner au cauchemar lorsque des propriétaires ne sont plus parvenus à extraire leurs chers véhicules du ventre du monstre devenu incontrôlable. Le parking fut abandonné pendant une décennie. Personne ne fut vraiment prévenu ni du coût de ce sinistre, ni de celui de sa destruction et de son comblement survenus récemment.

Aujourd’hui après avoir liquidé les quelques lieux de mémoires en surface qui s’y trouvaient (statue de Jean Jaurès et mémorial commémorant l’expulsion des juifs sous l’Inquisition) et coupé tous les arbres environnants – qui, pour une fois, n’avaient pas été déclarés malades – les mêmes autorités nous promettent une « forêt urbaine » dans ce cimetière minéral.

Nous ne pouvons que souhaiter que les arbres ne viennent pas d’Amazonie ! ».