En 1993, aux lendemains des Jeux Olympiques de 1992, Barcelone était la ville-monde universelle, celle des plus grands champions mondiaux, celle de la fêté de la jeunesse de l’Auberge Espagnole… celle, incontestablement, d’une fierté catalane retrouvée et affirmée sur la scène internationale

 

Barcelone était alors un moteur, la marque d’une référence à suivre, le lieu de tous les exploits possibles, la capitale (presque planétaire) de l’avant-garde, de la réussite, des défis, de la fête aussi, un exemple à l’échelle mondiale tout simplement. On avait l’impression, le sentiment, que tous les projecteurs étaient braqués sur la fière capitale catalane. Et c’était tellement vrai.

Tous les clignotants – culture, économie, tourisme… – étaient au vert, et ce bien avant que la couleur devienne durable et tendance !

Accoler le nom de « Catalane » à Perpignan, comme l’a fait Jean-Paul Alduy, après son élection à la mairie en 1993, a permis à la ville de récupérer des miettes de cette success story barcelonaise, ainsi que d’avoir des vues (ou plutôt des visions) sur des espoirs de mondialisation de cultures diverses et variées, de susciter en tous les cas des ouvertures.  Et de remettre au goût du jour ce cher Grand-Maître du Surréalisme, le génial artiste Salvador Dali, trop souvent oublié, ignoré, snobé, par les équipes municipales qui se sont succédé à La Loge depuis son retentissant pamphlet sur… « La Gare de Perpignan, Centre du Monde ! ».

Bref, en ce temps-là, Jean-Paul Alduy a été visionnaire, au plan du marketing notamment, pour donner une image à – et de – Perpignan, et ce en l’ancrant sur un point de repère identitaire et géographique ;  il a eu raison d’accrocher le wagon Perpignan à la locomotive Barcelone. « Perpignan-La-Catalane » s’affichait tel un slogan prometteur, sur toute la paperasserie administrative municipale officielle, ainsi qu’aux entrées de l’agglomération. A l’époque, personne ne s’est offusqué et n’a trouvé à redire du coût financier de cette démarche qu’un ex-adjoint d’Alduy Père avait qualifié « d’inféodation de Perpignan à Barcelone »
En 2021, le tableau est radicalement différent : ambiance guérilla urbaine. Barcelone renvoie à l’international l’image d’une ville incontrôlable au niveau d’une certaine forme de délinquance : c’est la ville des échauffourées nocturnes, de l’agression des touristes, du « bloquéo »* de l’autoroute, des gares, de l’aéroport ; des évènements directement liés à la vague de séparatisme enclenchée par la déclaration illégale d’indépendance d’une République catalane, le 27 octobre 2017… « Des événements que l’on constate traditionnellement dans des pays en guerre », va jusqu’à témoigner un reporter britannique.
Pire encore, en 1993 la région de Barcelone caracolait en tête des plus grosses croissance de PIB et d’investissement étrangers dans toute la Péninsule Ibérique… depuis 2017, c’est la dégringolade au profit de Madrid, Bilbao et même Valence !

Dans pareilles conditions, il est évident que Perpignan doit se trouver une autre voie pour affirmer son caractère, de nouvelles aspirations, convoiter un autre dessein, au risque sinon de s’engluer et de disparaître dans un conflit politique catalano-catalaniste qui lui échappe complètement et, surtout, dont la majorité des Perpignanaises et Perpignanais n’ont que faire.
Aujourd’hui, en 2021, Louis Aliot, le nouveau maire de Perpignan, a raison de vouloir se démarquer, de donner un nouveau cap aux ambitions de la ville, en dépit de la fureur de quelques nostalgiques catalanistes. Des nostalgiques qu’on souhaiterait voir plus souvent et entendre davantage au plan du développement économique et social du territoire, s’impliquer dans le quotidien des habitants « de aqui »

S’il suffisait d’apposer des noms de rues en langue catalane pour rendre Perpignan dynamique, chaleureuse et phénoménale, cela se saurait. Cela fera bientôt trois décennies que les Alduyistes l’ont fait, pourtant  la ville n’a toujours pas décollé : record de chômage, record de pauvreté, record de saleté, record de consanguinité politique, etc.-etc. Il n’y a qu’au niveau des températures que les records nous échappent dans la dernière décennie !

Pour information, au passage un petit mais néanmoins nécessaire rappel historique : Louis Aliot est en place aux commandes de la « Perpinyà la Fidelissima Vila »  que depuis juin 2020… La ville rayonne déjà un peu plus, un peu mieux en tout cas, au niveau de la propreté et de la sécurité publique. Ce sont les Perpignanais eux-mêmes qui le disent.

 

L.M.

 

https://elpais.com/espana/catalunya/2021-04-04/cataluna-el-bloqueo-interminable.html