« Le « rétablissement » de Port-Vendres à la fin du XVIII° siècle, un fiasco ?

A la fin du du XVIII°, le commerce maritime à partir des côtes de la province du Roussillon se résumait à l’exportation de vin par les plages de Saint-Laurent-de-la Salanque et Collioure ainsi qu’à l’importation d’« épicerie » de la la foire de Beaucaire, de tabac et de sel (monopoles royaux) par celle de Canet. Ces marchandises étaient transportées par des tartanes, petits voiliers proies faciles pour les corsaires « anglais » des Baléares et pour les coups de vent.
Pour developper l’économie du Roussillon, le comte de Mailly, gouverneur militaire de la province, proposa aux bureaux de Versailles un ambitieux projet de « rétablissement » de Port-Vendres prévoyant la création d’installations portuaires et d’une ville nouvelle reliées à Perpignan par une route royale franchissant le Tech par un pont. Les travaux débutèrent par le curement de la rade, la construction du quai et de la place de l’obélisque. Mais, malgré l’octroi d’avantages fiscaux et de privilèges, à la fin de l’Ancien Régime, Port-Vendres dont l’activité portuaire n’avait pas décolé, n’était qu’un hameau de quelques maisons.
Comme expliquer l’échec du projet de « rétablissement » de Port-Vendres et l’activité médiocre du commerce maritime du Roussillon au XVIII° siècle, médiocrité tranchant sur la prospérité du négoce médiéval ? Certains y voient la conséquence du Traité des Pyrénées et du statut de « province étrangère » du comté du Roussillon dans le royaume de France.

Plus fondamentalement, cette médiocrité du commerce maritime et la léthargie de l’activité économique, ne reflètent-elle pas la volonté des bourgeois perpignanais de vivre en rentiers et de s’agréger ainsi à la noblesse. Objectif atteint en 1789 : lors des élections de délégués aux Etats généraux, les « bourgeois honorés de Perpignan » votèrent avec la noblesse. Mais, lors de la nuit du 4 août, le système de production féodal fut détruit, permettant aux rares bourgeois « éclairés » de Perpignan de se lancer dans des entreprises capitalistes, germes de l’essor de Port-Vendres au XIX° siècle ».

 

Ce débat histogriaphique sur les raisons de l’échec du « rétablissement » de Port-Vendres sera largement évoqué par Georges SENTIS, Docteur de l’Université, lors de la conférence qu’il donnera aux Archives départementales, 74 av. Paul Alduy, à Perpignan, ce jeudi 11 avril à 18h.