Le samedi 30 janvier 2021, de 10h 30 à 11 h, s’est tenue sur le parvis du Conseil Départemental des Pyrénées Orientales une brève présentation par une délégation des dix-huit associations citoyennes solidaires de l’action menée par l’association Ben Vivre en Vallespir, suivie d’une conférence de presse

 

 

-Pouvez-vous vous présenter ?

« Nous sommes une association céretane « Bien Vivre en Vallespir » qui s’engage à protéger les zones naturelles, à maintenir les zones agricoles, à protéger le patrimoine architectural et à soutenir le maintien de la biodiversité… sur notre territoire ».

 

Pouvez-vous présenter ce projet de contournement de Céret avec pont sur le Tech ?

« C’est un projet ancien pour lequel une DUP a été accordée en 2011. Il s’agit d’un axe routier qui prolonge la déviation du Boulou, rejoint la zone Ulrich et franchit le Tech en direction de Las Bourgueres ».

 

-Comment était justifié ce projet d’infrastructure ?

« Ce projet prétendait améliorer l’accessibilité du Vallespir, desservir efficacement les agglomérations, réduire les bouchons et les ralentissements, notamment en période estivale, valoriser des activités économiques, en particulier tourisme et thermalisme. Enfin il était question de réduire significativement les temps de parcours pour les accès à l’autoroute ».

 

Pourquoi vous opposez-vous à ce projet ?

« Nous pensons que ce projet est inutile et ne se justifie pas pour plusieurs raisons. La croissance démographique prévue par la DUP ne se réalise pas et est même extrêmement modérée. L’intensité du trafic routier sur le secteur concerné est stable, là aussi contrairement aux prévisions (2015 : 15 790 véhicules/ jour, en 2019 : 15 591 véhicules /jour).

Le surcroit de trafic estival est de moins de 13%, ce qui est faible.

Quels sont les établissements thermaux soi disant desservis par cette nouvelle route ? Nous pensons que l’impact sur le tourisme est plutôt négatif au vu de la grave dégradation occasionnée au paysage. Le paysage est en effet l’un des supports reconnu de notre attractivité touristique.

Il nous faut parler maintenant de l’impact négatif sur les milieux naturels. Rappelons que certains secteurs qui pourraient être parcourus par la déviation sont protégés (Natura 2000, ZNIEFF…), en raison de leur grande valeur en terme de biodiversité. Des terres agricoles reconnues de grande valeur par la chambre d’agriculture du Roussillon et la SAFER seraient perdues. Pour toutes ces raisons, nous pensons qu’un investissement de cette ampleur (40millions d’euros) n’est pas justifié.

L’argent public peut être mieux utilisé dans un département particulièrement pauvre. Il pourrait être plus utilement investi dans la transition écologique et en faveur de l’économie et de l’emploi local ».

 

-Vous pensez donc que ce projet a moins de sens aujourd’hui qu’il y a dix ans ?

« Il n’a pas plus de sens aujourd’hui qu’il y a dix ans. Nous le pensions d’ailleurs abandonné. Mais les priorités changent. Nous savons aussi maintenant l’urgence qu’il y a à lutter contre le changement climatique, contre la perte de biodiversité, contre la perte des terres agricoles, pour la conservation de notre cadre de vie. L’artificialisation des sols progresse à une vitesse affolante.

Il serait temps d’accorder les discours avec les actes. Même les pouvoirs publics déclarent l’urgence à s’engager dans la voie de la transition écologique. Si on veut être cohérent et qu’on veut défendre l’intérêt général, ce projet routier ne peut plus être d’actualité.

Pour ces raisons, notre association mène une action en justice en faisant valoir de nombreuses insuffisances dans la DUP et et de nouvelles insuffisances au regard des nouvelles exigences légales.

Nous avons adressé une demande de moratoire au CD qui est restée sans réponse. Dix-huit associations et partis ont rejoint notre appel commun en faveur de l’abandon de ce projet. Qu’on nous entende ! »

« C’est la Nature qu’il faut défendre comme si notre vie en dépendait… d’ailleurs, c’est le cas. »

 

 

APPEL COMMUN

TEXTE DE L’APPEL COMMUN : EN VALLESPIR : LE PONT DE TROP !

Les associations signataires contestent l’utilité publique de ce projet

Et considèrent qu’il s’agit :

-D’UN PROJET OBSOLÈTE : (enquête publique : plus de dix ans d’âge !) un projet surdimensionné et périmé compte-tenu des nouveaux enjeux économiques et climatiques.

D’UN PROJET INADAPTÉ au mode de vie du 21e siècle et à une transition écologique incontournable. Tout cela au détriment d’un paysage qui perdrait énormément de sa richesse intrinsèque, patrimoniale (avec le Mas Lapouillède), de son attrait touristique, de son potentiel agricole. En outre, ce projet ne règlerait en rien le problème de la circulation à l’entrée de Céret. Cela risque au contraire d’aggraver la circulation sur la D 618 qui est très étroite.

D’UN PROJET DESTRUCTEUR : le projet détruira un grand nombre de terres agricoles. Cette richesse agricole est précieuse pour l’avenir de Céret. Cette artificialisation contribuera au ruissellement des eaux de pluie en cas de pluies torrentielles, augmentant l’effet de cru.

-D’UN PROJET FRAGILISANT LE CŒUR DE VILLE DE CÉRET : le centre ville de Céret, ses services, ses commerces risquent d’être affectés par ce changement, (de nombreux commerces ferment en ce moment) : Les solutions sont à trouver dans un équilibre entre le cœur de ville et les zones périphériques.

-D’UN PROJET NUISIBLE POUR LA BIODIVERSITÉ : la construction du pont va se faire au détriment d’une zone de rivière magnifique et sauvage, d’une campagne traditionnellement cultivée, d’une Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique classée Natura 2000 abritant de nombreuses espèces protégées. Sans compter les impacts collatéraux sur l’environnement qui restent à évaluer.

En conséquence, les organisations signataires demandent l’abandon de ce projet et l’affectation des ressources nécessaires à des solutions compatibles avec notre environnement et les besoins de nos concitoyens.

 

LISTE DES PREMIERS SIGNATAIRES DE CET APPEL COMMUN :

 ALBÈRES TERRES VIVANTES, ADEPTE 66 (Association pour la dépollution du territoire),

 AMAP des cerisiers à Céret

 ALTERNATIBA 66, ATTAC 66,

 COLLECTIF ANTI OGM 66, CAP 66,

 La CONFÉDÉRATION PAYSANNE,

 Le COLLECTIF CITOYEN POUR LE CLIMAT 66,

 Le Groupe Local EELV Vallespir Albères Aspres Côte Vermeille, FRÊNE 66,

 Le groupe local FRANCE INSOUMISE de Céret, PG66

 La LIGUE DES DROITS DE L’HOMME 66

 Le Pacte pour la TRANSITION ÉCOLOGIQUE du BOULOU,

 SOLIDAIRES 66, Génération S, Association pour la défense des Arbres (GNSA 66), VALLESPIR TERRES VIVANTES, BIEN VIVRE EN VALLESPIR

Il est possible de  consulter l’intégralité de ce projet sur le blog de l’association : https://www.bienvivreenvallespir.com/