« Dans les P-O, nous le savons tous, il n’y a plus d’antenne de l’association le STRASS (association du travail sexuel) ni de membres souhaitant actuellement s’occuper de cette association, et ce suite à des divergences au sein de certaines fédérations françaises, suite également à des litiges internes, entre porte-paroles, etc.-etc. Cela n’as pas impacté les TDS (travailleurs ou travailleuses du sexe) pour autant, bien au contraire… à l’unanimité, les personnes en situation de prostitution veulent parler elles-mêmes et plus au nom de telle ou telle autre association, ou d’un groupe, mais veulent se faire entendre par leur propres voix de femmes ».

C’est ainsi que le Perpignanais Jimmy Paradis justifie son nouveau combat.

Dans le département des P-O, le fils de joie Jimmy Paradis – symbole de la lutte contre la traite des humains et symbole de la lutte pour les droits des TDS depuis plus de vingt ans -, sur le terrain chaque jour au secours des 95% des victimes de la traite des humains dans le 66, a créé avec sa maman, doyenne des survivantes de la prostitution, une nouvelle association qui a pour but de « lutter contre la prostitution de rue et sur internet », qu’il juge très dangereuse pour les jeunes mineurs et dont l’objet est de  » d’emmener le législateur à légiférer sur la prostitution rapidement ».

L’association aura justement dans ses statuts le fait de « sensibiliser les politiques mais fera également de la prévention hebdomadaire ». Les maraudes de Jimmy Paradis continueront quant à elles, désormais avec la nouvelle association, « pour accompagner les victimes de la traite des humains ».

L’association sera composée d’une cinquantaine de prostituées femmes, de mamans prostituées, des victimes de la traite des humains, des travailleuses du sexe volontaires déclarées en activité libérale mais aussi d’enfants de prostituées qui eux n’ont jamais eu le droit de s’exprimer alors qu’ils sont confrontés à l’horreur de la traite des humains dès leur tendre enfance, gardant ainsi de lourdes séquelles.

« Pour rappel, souligne Jimmy Paradis, 90% des enfants de prostituées finissent marginaux voire dans la rue. L’image d’une mère prostituée violée sous leurs yeux reste gravée en eux et cela ne doit plus se reproduire en 2022 ! L’association fera également des ateliers pour les droits des travailleuses du sexe, distribuera des préservatifs, etc. Pour le rappeler toujours, aucun enfant n’a à subir les pulsions des hommes qui louent un corps humains pour une maudite somme, sous nos yeux, nous le voyons avec la prostitution de rue – un des rares pays à encore tolérer cela -, et en cela les réseaux sociaux, sites de rencontre, via internet, sont souvent des plateformes où nos jeunes mineurs sont racolés par des escortes souvent couverts par des réseaux mafieux. Cela n’est pas tolérable ».

Jimmy Paradis n’en démord pas : « La prostitution de rue est majoritairement composée de victimes. Les victimes des pays pauvres trouvent la possibilité de se prostituer en France car cela est permis et très rares sont celles qui veulent travailler dans la rue volontairement (pour ne pas dire aucune ), à la merci de n’importe quel fou, comme nous avons pu le voir avec le meurtre de Vanessa Campos, assassinée par son client, et aussi lors d’une tentative de meurtre au bois de Vincennes, en juin dernier par son client également ».

Jimmy Paradis met également tout en oeuvre pour l’ouverture d’une maison de retraite pour prostituées en fin de vie. Une initiative qui a déjà été saluée au plan national par de très nombreuses institutions. Lui qui est règlementariste ne veut plus voir des femmes victimes sur le bitume. Il continuera coûte que coûte à s’époumonner sur ce sujet.

Il ne désespère pas : « Il serait grand temps, après un quart de siècle de luttes, que je sois enfin écouté, entendu ! J’espère que la création de cette association permettra de faire aboutir mon combat ». Et il conclut sur le sujet : « Je suis content de créer une association avec des femmes, j’ai adhéré et j’ai été très actif dans plusieurs associations de TDS pendant donc une vingtaine d’années, mais un grand nombre de celles-ci ont été créées par des prostitués hommes et sont donc coordonnées par des hommes, d’autres sont sources d’éternelles divergences conflictuelles car la prostitution est souvent occasionnelle, les membres changent sans cesse, les objectifs aussi, alors forcément la crédibilité sur une longue durée ne peut exister… Alors nos mamans ont souhaité s’exprimer elles-mêmes, avec leurs enfants, et je pense que c’est une très bonne idée. Elles me l’ont demandé en juin dernier, je ne les abandonnerai pas et j’espère bien qu’elles pourront enfin sortir du trottoir ! ».
L’adresse et les coordonnées de l’association seront rendues public lors d’une conférence de presse prévue en octobre prochain.