Les 20 & 27 juin prochains, dans le cadre d’un renouvellement général, les habitants des Pyrénées-Orientales seront appelés à élire pour un nouveau mandat de six ans leurs représentants au Département66 dans les dix-sept cantons du territoire

L’actuelle présidente du Conseil Départemental, l’ex sénatrice Hermeline Malherbe (socialiste), 52 ans, occupe le poste de présidente depuis le 21 novembre 2010, imposée à cette fonction par feu son prédécesseur Christian Bourquin (PS) – lequel était parti à Montpellier succéder à feu Georges Frêche à la tête de la Région Languedoc-Roussillon -, dont elle n’a jamais su véritablement se détacher, en tout cas s’imposer en tant que véritablement gestionnaire à part entière. Rappelons que c’est aussi en succédant à Christian Bourquin, dont elle était la suppléante, qu’elle est devenue une sénatrice éphémère (du 27 août 2014 au 1er octobre 2017… puis battue par Jean Sol, LR, qu’elle retrouve sur sa route 66 en ce mois de juin 2021, puisque lui-même candidat à la présidence du Département).

Elue conseillère générale le 21 mars 2008 – soit depuis 13 ans, 2 mois et 12 jours -, à Perpignan, Hermeline Malherbe a choisi de migrer, électoralement partant, ou plutôt de prendre la poudre d’escampette, pour aller essayer de se faire (ré)élire dans les Aspres, après avoir été accueillie l’an passé à la mairie de Thuir, reçue avec les honneurs d’une Gauche triomphante aux élections municipales dans la liste conduite par l’indéboulonnable René Olive (qui lui cède cette année son trône cantonal). Les électeurs-trices perpignanais apprécieront…

A l’exception des médias locaux, généreusement biberonnés aux partenariats publicitaires avec la collectivité territoriale dont il est ici question, et qui ne portent donc aucun regard critique sur la gestion de Mme Malherbe, l’opinion publique du Pays Catalan semble elle en total désamour avec cette présidence dont la mandature s’achève sur un territoire où la plupart des clignotants – secteurs de l’économie, du tourisme, de l’environnement, de la santé, de la culture… et jusqu’au social ! – sont dans le rouge. Une politique départementale souvent jugée sévèrement, et pas que dans les rangs très fournis des opposants de tous bords, une politique qui aux yeux d’une majorité des habitants du Roussillon serait aujourd’hui totalement déconnectée de notre réalité territoriale.

 

L.M.

 

-Canton I « Les Aspres »* : le 29 mars 2015, lors du 2e tour des élections départementales, le binôme de gauche René Olive et Edith Pugnet s’était imposé dans le cadre d’une triangulaire, avec 41,29% des suffrages exprimés. Le binôme ne se représente pas. C’est l’ex sénatrice et présidente parachutée du Département au bilan très controversé, Hermeline Malherbe (PS) qui va tenter de reprendre le flambeau, aux côtés de Thierry Voisin, maire-adjoint de Thuir, qui lui non plus ne fait plus l’unanimité (au sein de sa propre équipe municipale). L’inconnu : est-ce que jusqu’ici l’électorat de gauche se déplaçait par conviction idéologique… ou parce que c’était la personnalité flamboyante de René Olive ? A voir. Logiquement, la Gauche devrait pouvoir conserver ce canton… d’extrême justesse ?

*Communes du canton « Les Aspres » : Banyuls–dels-Aspres, Brouilla, Caixas, Calmeilles, Camélas, Castelnou, Fourques, Llauro, Llupia, Montauriol, Oms, Passa, Pollestres, Ponteilla-Nyls, Saint-Jean-Lasseille, Sainte-Colombe-de-la-Commanderie, Terrats, Thuir, Tordères, Tresserre, Trouillas et Villemolaque.

Les binômes qui se présentent en 2021 : Céline Davesa et Jordi Vera, Delphine Danat et Olivier Parra, Hermeline Malherbe et Thierry Voisin, Sophie Delort et Georges Puig, Franck Huette et Francine Millet, France Monneret et Florian Soro;

Les résultats du 29 mars 2015 : les aspres

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-Canton II « Le Canigou »* : l’ex secrétaire d’Etat en charge des Personnes handicapées et de l’Exclusion dans un gouvernement socialiste de Manuel Valls, Ségolène Neuville (PS), ne se représente pas. Avec Alexandre Reynal (PS), qui a depuis été expulsé, électoralement s’entend, de sa mairie d’Amélie-les-Bains-Palalda aux élections municipales de 2020, le binôme de Gauche avait été confortablement élu lors d’une triangulaire avec 51,10%. Aujourd’hui, le scénario est des plus compliqués pour Alexandre Reynal qui remet ça avec Marie-Edith Peral, maire d’Estoher. Face, notamment au binôme Fabienne Bardon (soutenue par la nouvelle reine d’Amélie, Marie Costa) et Claude Ferrer, maire de Prats-de-Mollo-La-Preste et président de la communauté de communes du Haut-Vallespir, la Gauche pourrait cette fois-ci perdre le canton.

*Communes du canton « Le Canigou » : Amélie-les-Bains-Palalda, Arles-sur-Tech, Baillestavy, La Bastide, Boule-d’Amont, Bouleternère, Casefabre, Casteil, Corneilla-de-Conflent, Corsavy, Coustouges, Espira-de-Conflent, Estoher, Fillols, Finestret, Fuilla, Glorianes, Joch, Lamanère, Mantet, Marquixanes, Montbolo, Montferrer, Prats-de-Mollo-La-Preste, Prunet-et-Belpuig, Py, Reynès, Rigarda, Ridès, Sahorre, Saint-Laurent-de-Cerdans, Saint-Marsal, Saint-Michel-de-Llotes, Serralongue, Taillet, Taulis, Taurinya, Le Tech, Valmanya, Vernet-les-Bains et Vinça.

Les binômes qui se présentent en 2021 : Alexandre Pano et Françoise Tibau, François Sarlandie de La Robertie et Christelle Vang, Fabienne Bardon et Claude Ferrer, Yves Benassis et Gina Caliciuri, Marie-Edith Péral et Alexandre Reynal.

Les résultats du 29 mars 2015 : canigou

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-Canton III « La Côte Sableuse » *: élus dans un duel avec le RN, avec 56,81%, les candidats « Les Républicains » (liste Jean Sol) Armande Barrère (ajointe à la mairie de Canet-en-Roussillon) et Thierry Del Poso, maire de Saint-Cyprien et président de la communauté de communes Sud-Roussillon, devraient logiquement conserver leurs fauteuils. Sur le papier, personne ne semble en mesure de les détrôner, les dernières municipales les ont de fait confortés dans leur rôle de cantonniers, même si au fond des urnes charriées par l’air du temps tout reste possible.

*Communes du canton « La Côte Sableuse » : Canet-en-Roussillon, Saint-Cyprien, Saint-Nazaire et Saleilles.

Les binômes qui se présentent en 2021 : Armande Barrère et Thierry del Poso, Véronique Bréant et Pierre Rossignol, Françoise Bosman et Jacques Simon, Nadine Pons et Antoine Ponsi, Geoffrey Cosson et Laura Le Du.

Les résultats du 29 mars 2015 : cote sableuse

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-Canton IV « La Côte Salanquaise » *: feu Joseph Puig le maire de Claira n’étant plus là, c’est avec son successeur Marc Petit et le maire de Torreilles en renfort sur le banc de touche, le docteur Marc Médina, que Mado Garcia-Vidal, maire de Saint-Hippolyte, va tenter de conserver son siège de conseillère départementale (au sein de la Majorité départementale PS-PCF-DvG). En 2015, c’est à l’issue déjà d’une périlleuse triangulaire, littéralement dans un mouchoir que le tandem Puig-Garcia-Vidal l’avait emporté de justesse devant le RN, avec seulement 159 voix d’écart (sur 16 355 votants), et le duo formé par Mathilde Ferrand (fille du maire du Barcarès) et Alain Got (maire de Saint-Laurent-de-la-Salanque arrivé 3e (à 799 voix du binôme vainqueur). Climat ambiant particulièrement électrique – pour ne pas dire délétère -, et bullinade mijotée dans la marmite de l’infamie : tous les ingredients semblent réunis cette fois-ci pour que le binôme présenté par le RN (avec le soutien très actif du maire de Perpignan, Louis Aliot et l’ombre de la députée RN de la circonscription, Catherine Pujol) l’emporte probablement, vraisemblablement… haut la main ?

*Communes du canton « La Côte Salanquaise » : Le Barcarès, Claira, Pia, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent-de-la-Salanque et Torreilles.

Les binômes qui se présentent en 2021 : Mélanie Cail et Jean-Luc Cerda, Jean-François Lopez et Christelle Martinez, Madeleine Garcia-Vildal et Marc Petit, Nathalie Jurado et Nicolas Rose, Nathalie Denis et Alain Ferrand.

Les résultats du 29 mars 2015 : cote salanquaise

 

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A suivre : les cantons V (« La Côte Vermeille »), VI (Perpignan-1), VII (Perpignan-2, Bompas, Sainte-Marie et Villelongue-de-la-Salanque) et VIII (Perpignan-3 et Cabestany).

 

L.M.