La mise en examen, hier par le Parquet de Marseille (Bouches-du-Rhône), d’Alain Ferrand (LR), maire du Barcarès et 1er vice-président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), et son éloignement physique imposé par son assignement en résidence strict à l’extérieur du département, qui lui interdit de fait de faire campagne sur le terrain pour les élections départementales à venir – il se présente sur le canton de La Côte Salanquaise en binôme avec Nathalie Denis, soutenu par Jérôme Palmade, maire de Pia et Laetitia Aguilar, maire-adjointe de Villelongue-de-la-Salanque -, est un coup dur pour la droite Jean-Sol(aire) des P-O.

Ce vendredi matin, il n’y a pas qu’au Barcarès que Les Républicains (LR66) vont avoir le réveil dur. La mise en examen du maire de la commune – pour « extorsion en bande organisée, concussion et complicité de destruction de preuves va avoir des répercussions bien au-delà de la mairie (…) », selon le Parquet de Marseille -, on n’imagine pas encore précisément les dégâts que cette décision de justice va entraîner sur la scène politique départementale.

Cela va commencer dès la matinée de ce 7 mai 2021, dans quelques courtes heures à peine, à l’Hôtel de l’Agglo, boulevard Saint-Assiscle à Perpignan, où tous les maires se réunissent chaque vendredi pour leur conférence hebdomadaire sous la présidence de Robert Vila (LR), maire de Saint-Estève, conseiller départemental candidat à sa propre succession sur le canton Le Ribéral. En tant que président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), Robert Vila ne pourra pas faire l’économie, à minima, d’un communiqué pour clarifier la situation au sein de sa gouvernance, vis-à-vis de son 1er vice-président, qui n’est autre qu’Alain Ferrand.

Cela continuera, toujours dans la journée, avec la conférence de presse du sénateur Jean Sol (LR), qui conduit la liste Les Républicains & Divers droite dans les P-O pour le scrutin des Départementales des 20 et 27 juin prochains. Jean Sol devrait annoncer à son tour qu’il prend aujourd’hui ses distances avec le tandem « Alain Ferrand – Nathalie Denis » lequel pourtant figurait à l’affiche de son équipe.

Officiellement donc, le parti LR66 n’aurait plus aucun candidat sur le canton de La Côte Salanquaise qui regroupe les communes du Barcarès donc, mais également donc Claira, Pia, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent-de-la-Salanque (le puissant chef-lieu avec environ 11 000 habitants) et Torreilles.

Mais ce n’est pas tout ! De source sûre, hier soir le binôme constitué d’Alain Ferrand et Nathalie Denis maintenait sa candidature. Comment est-ce possible, de se présenter devant les électeurs en venant d’être mis en examen et en étant interdit de territoire ? Surréaliste, simplement.

Enfin, deux conseils municipaux se trouvent désormais dans la tourmente : celui de la commune du Barcarès, à l’évidence ; et celui de Claira, où la 1re adjointe, Nathalie Denis, cofondatrice du mouvement Oui au Pays Catalan (dont elle a été exclue avant hier ainsi que de la liste des Verts pour les Régionales), a décidé de se présenter (avec Alain Ferrand) contre son maire, Marc Petit, candidat à ces Départementales lui aussi sur le canton de La Côte Salanquaise, en binôme avec Mado Garcia-Vidal, soutenus par le docteur Marc Médina, maire de Torreilles et vice-président de PMM…

Le conseil municipal de Claira serait au bord de l’implosion car, selon nos sources, Nathalie Denis mènerait aussi la fronde au sein de la mairie, cherchant à rallier à sa cause d’autres élus municipaux pour renverser le Premier Magistrat en place.

Tout cela est à peine croyable. Digne d’un scénario qui se déroulerait dans les coulisses d’un cirque. Et ça se déroule à guichets fermés, juste à droite après l’entrée des artistes. Vous parlez d’un pataquès ! Au fait, à votre avis, qui depuis son balcon pourrait (bien) compter les points… Langue au pangolin ?

L.M.