Un médecin hospitalier perpignanais, qui semble consulter depuis des mois depuis la rédaction du Canard local, a décidé un dépistage à grande échelle dans le département des Pyrénées-Orientales concernant le virus du COVID-19, avec des premiers tests durant cette semaine du 15 août dans les communes de Collioure et Torreilles ; cette dernière étant d’ailleurs dirigée (municipalement s’entend) par un médecin.

Si le dépistage est une excellente chose en soi, une décision tout à fait louable et respectable au plan de la santé de chacun.e car, et personne ni ne peut ni ne doit le contester, la question sanitaire doit demeurer prioritaire, en revanche il n’est pas interdit de s’interroger sur le choix de la date pour pratiquer les tests afin de dénicher l’ampleur du virus sous le soleil du Roussillon.

Les maires de Collioure et de Torreilles ne prennent-ils pas un risque en ayant accepté la semaine du 15 août pour, en quelque sorte, servir de cobayes ? Cela est d’autant plus surprenant que dans ces deux communes, entr’autres, l’absence du port du masque dans les zones où il est pourtant rendu obligatoire par arrêté municipal, n’est pas sanctionnée… Comprenne qui pourra.

D’abord, en cette période de haute saison estivale, la population du département double, voire triple… et même décuple dans les stations balnéaires du littoral roussillonnais : Canet et Saint-Cyp’ passent respectivement de 12 000 et 10 500 à 80-90 000 habitants en journée ; Le Barcarès de 6 000 habitants à plus de 75 000 ; Collioure de 2 400 habitants à près de 50 000* (la journée toujours) ; Argelès-sur-Mer de 10 500 à environ 180 000 habitants…

Ensuite, actuellement, nombre des touristes qui ont débarqué sur le sol roussillonnais au cours des deux dernières semaines affluent essentiellement des régions françaises les plus infectées par le virus du COVID-19 : Île-de-France, Hauts-de-France et Grand-Est.

Enfin, il n’aura échappé à personne la position géographique du département des P-O, frontalier avec la région européenne qui serait la plus contaminée actuellement par le coronavirus : la Catalogne espagnole (Barcelone).

Tous les facteurs sont donc désormais réunis pour que le territoire des P-O, à l’issue de cette vague de tests annoncée par l’équipe mobile de dépistage de l’hôpital de Perpignan, soit médiatiquement en tout cas pointé du doigt et classé dans les zones à hauts risques… à éviter !

Il n’y aurait donc rien de surprenant, à cause justement de cette population estivale, que Collioure et Torreilles deviennent des clusters du mal.

Allez donc en parler aux Bretons, et en particulier aux décideurs en Mayenne, ils vous expliqueront le désastre économique issu de cette entreprise de dépistages quant, en accompagnement, l’ARS** n’a pas su communiquer suffisamment pour informer sur la valeur et les conséquences de ces tests massifs.

Être dépisté positif au COVID-19 ne signifie aucunement une hospitalisation immédiate ou un placement en réanimation, et encore moins un départ instantané vers l’au-delà.

A Perpignan, l’hôpital vient d’accueillir hier soir*** – pour la toute-première fois en trois mois de crise sanitaire – son seul patient atteint du coronavirus. Sans préjuger de la gravité de l’état de santé du malade en question, faut-il être alarmiste en « oubliant » de rappeler qu’en ce moment le département des P-O abrite plus d’1 million d’habitants ?

L.M.

 

*Ces chiffres englobent la population permanente + les séjournants en fonction de la capacité d’accueil (résidences secondaires familialesq, campings, hôtels, locations diverses genre Airbnb…), ainsi que les touristes de passage dans la journée pour aller sur la plage, dans les commerces ou visiter les lieux.

**ARS = Agence Régionale de la Santé.

***Dimanche 9 août 2020. Collioure : les tests seront pratiqués sur le port, de 9h 30 à 12h 30. A Torreilles à l’Espace Capellans, de 15h à 19h. Le dépistage COVID-19 est gratuit et donne lieu à une analyse sous 24h. Les volontaires doivent se munir de leur carte d’identité, ainsi que de leur carte vitale. Le test s’effectue par prélèvement nasal (PCR). En parallèle, on pourra se faire dépister également pour des infections sexuellement transmissibles (MST).