Ca y est, on y est ! La Chambre Régionale des Comptes a enfin décidé, si l’on en croit le journal L’Indépendant du jour, de se pencher sur les embauches « irrégulières », et évidemment familiales,  décidées par certains élus des Pyrénées-Orientales depuis des décennies, depuis des lustres ! Et malheureusement, cela continue…

Lors des dernières élections municipales, l’an passé, donc très récemment, de nombreux autochtones pourtant bardés de diplômes, de connaissances et d’expériences, mais surtout n’ayant pas la chance d’être « fille de », « fils de » et/ ou « conjoints de », ont dû prendre le chemin de l’exil pour trouver un emploi, et ce alors même que certaines annonces de recrutement correspondaient parfaitement à leur CV ! Paradoxal, mais surtout très inquiétant. Car le choix d’une embauche « à compétences égales » est très rarement respecté en Pays Catalan, où l’édile, muni des pouvoirs d’un monarque à la sauce républicaine, a trop souvent favorisé un proche de sa cellule familiale, ou exercé un « droit de copinage » comme autrefois on pratiquait le « droit de cuissage » ! Tout simplement : scandaleux.

Force est de le reconnaître : en Pays Catalan, au même titre que les rugby à XIII et à XV, embaucher un proche est un véritable sport national !

Certaines mairies du département, il faut le savoir, le dénoncer, sont devenues au fil du temps et, surtout là aussi, au fil des mandats politiques de leur « Conducator », d’authentiques arbres généalogiques : on y croise conjoint, parent… et maîtresses (parfois des écoles) !

Lors des dernières élections municipales toujours, en 2020, pratiquement une mairie sur deux a changé de maire. On était donc en droit d’espérer un changement d’habitude(s), un effacement de ce genre de pratiques basées sur la favoritisme de proches… Soyez curieux, allez fouiller dans les derniers recrutements de votre municipalité, ou simplement du côté des promotions, et vous ne serez pas déçus. Vous serez même surpris.

Les maires – les présidents de collectivités locales et territoriales, de syndicats mixtes – qui ont agi de la sorte, ou qui continuent, ont négligé la puissance et l’influence actuelles des réseaux sociaux, des #metoo movement… ils vont devoir désormais rendre des comptes et, pour certains d’entre eux, probablement, rendre leur tablier. Et nous ne sommes là qu’au début du commencement… Bref, comme dirait un ancien salarié du SYDETOM’66 : « On est dans la merde ! ».

Seule fenêtre d’espoir qui va s’ouvrir, peut-être : il va bien falloir recruter pour remplacer celles et ceux dont il sera prouvé qu’ils ont été embauchés « irrégulièrement » (car cela reste à démontrer) et qui devront démissionner. Quel Bonheur d’être à la retraite pour ne pas avoir à manger de ce pain là…

L.M.