Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, s’est fortement et personnellement impliquée dans les élections municipales qui viennent de s’achever, notamment hier soir à Argelès-sur-Mer (où elle possède une résidence secondaire familiale, côté Plage), par la mise en place des nouveaux Conseils communautaires.

Elle a, comme on dit, mis tout son poids dans la balance avec, en perspective, ou plutôt en ligne de mire, le rendez-vous électoral des Régionales et des Départementales programmé pour mars de l’année prochaine.

Personne ne pourra le lui reprocher, dans son camp politique en tout cas, Carole Delga se sera investie à fond pour ces Municipales, elle aura « fait le job » comme on dit, jusqu’au bout même lorsqu’elle savait, lorsqu’elle sentait pourtant, que c’était ou que ce serait perdu d’avance. C’est en cela, quelles que soient les opinions et convictions politiques de chacun, des uns et des autres, que la la présidente de la Région apparait comme un « animal politique », au sens noble du terme.

Il n’en demeure pas moins qu’à la sortie de ces urnes municipales et communautaires, édition 2020, dans le département des Pyrénées-Orientales, sous le soleil du Roussillon exactement, c’est à une situation inédite et particulièrement compliquée que Carole Delga doit faire face. La préparation et la mise en ordre de bataille électorale de ces troupes à l’horizon de mars 2021 se présentent mal pour elle, en tout cas pas dans des conditions politiques idéales pour aller au combat des Régionales. Un véritable casse-tête catalan !

-A la Ville de Perpignan, Carole Delga (PS) a soutenu avec force et caractère le maire sortant Jean-Marc Pujol (LR/ Les Républicains), y mettant le paquet, parfois d’ailleurs d’une manière grossière, contre la probabilité de l’élection du député Louis Aliot (RN). C’est ce dernier qui a été élu. Fingers in the nose ! Plus de 53% des suffrages exprimés se sont portés sur Louis Aliot, lors du second tour des Municipales, le dimanche 28 juin dernier.

-A la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole, samedi dernier, c’est encore Louis Aliot qui va doucher les espoirs de Carole Delga qui souhaitait – et elle l’avait fait savoir avec insistance auprès du candidat majoritaire Robert Vila (LR), maire de Saint-Estève – l’attribution d’une vice-présidence à Jean Vila (PCF), maire de Cabestany. A nouveau manqué.

-A Argelès-sur-Mer, à la ville (mairie) comme à la campagne (Communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris/ CC-ACVI), Carole Delga restée fidèle jusqu’au bout à son ami Pierrot Aylagas (PS), ancien député-maire d’Argelès-sur-Mer et ex président de CC-ACVI, a vu le pire ennemi de ce dernier, Antoine Parra, remporter la partie haut-la-main et s’installer confortablement dans les fauteuils de maire d’Argelès-sur-Mer (le 15 mars dernier) et de président de la CC-ACVI (hier soir).

-Rappelons-nous aussi, encore et encore, que tous les conseillers régionaux de la Majorité présidée par Carole Delga qui se présentaient à ces Municipales dans les P-O ont été battus, la plupart d’ailleurs dès le 1er tour.

Enfin, il y a eu également la défaite-surprise d’Alexandre Reynal (PS), à Amélie-les-Bains-Palalda, un élu des P-O dont Carole Delga est très proche. Là aussi, la partie de Poker lui a été défavorable.

Tout cela mis bout à bout, tous ces échecs, semblent tourner la page d’une époque, refermer le livre d’un tempo politique révolu, même si, air connu : « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de… ».

L’addition s’il vous plait ? La naissance dans les P-O de ce qu’on pourrait appeler « la nouvelle droite », des élus de droite plus proches de Louis Aliot – même s’ils ne l’affichent pas (encore) en le criant sur les toits – que de Christian Jacob* ou de Jean Castex**. Et une gauche laminée, plus que jamais divisée en tout cas, pour ne pas avoir su et/ ou eu le courage de prendre les bonnes décisions, pour faire les bons choix politiques, dans le domaine des stratégies locales à appliquer ou à impulser. Pour les prochaines Régionales & Départementales (cantonales), il n’y aurait rien de surprenant à ce que l’on assiste, à gauche, en Pays catalan, à une multitude de candidatures séparées : communiste, écologiste et socialiste, entr’autres. Et comme chacun sait, la division est au final une soustraction, un chemin qui mène plutôt à la défaite qu’à la victoire.

L.M.

 

*Christian Jacob, président du parti Les Républicains, député de la 4e circonscription de Seine-et-Marne

**Jean Castex, Premier ministre, a démissionné des LR le jour de sa nomination à Matignon, maire de Prades-en-Conflent, conseiller départemental, président de la communauté de communes Canigo-Conflent.