Le journaliste Henri Martin, originaire d’Espalion (dans le nord-Aveyron), est décédé à Montpellier, dans la soirée du samedi 6 novembre 2021, des suites d’une longue maladie, à l’âge de 78 ans. Il vivait en famille à Millau (sud-Aveyron)

 

 

Henri Martin avait fait toute sa carrière professionnelle au sein du quotidien montpelliérain Midi Libre : des débuts à Montpellier (Hérault), puis à Rodez (Aveyron) et jusqu’à Perpignan, dans les années 80, ès-qualité à chaque fois de chef-d’Agence & Directeur départemental des dites éditions.

En terre rouergate comme sur le sol roussillonnais, son passage, son ancrage, n’a laissé personne indifférent, surtout parmi les personnels politiques où il avait (toutes) ses entrées, mais parmi lesquels il était souvent craint tant sa plume n’épargnait personne au travers d’analyses finement construites, bâties sur des faits réels et non à partir de rumeurs issues de conversations apéritives.

Certes, avec lui, il fallait quelquefois prendre le temps de lire entre les lignes – ce qui n’est pas à la portée de n’importe qui…-, mais comme nul n’a jamais fourni, en journalisme en tout cas, une définition satisfaisante du « second degré », lui se faisait un malin et rusé plaisir d’emmener le lecteur (et ses confrères) dans des nuances d’ambiguïté où, au final, ses convictions déontologiques professionnelles étaient toujours confirmées, affirmées.

Ses convictions, justement, c’était là sa force : ses articles, ses éditos, avaient du mouvement, de la couleur.

Sur le plan personnel, il était de droite, Gaullien, et il ne s’en cachait jamais. « Etre de droite n’a jamais été une maladie ; y’a pas de honte à l’être ! », disait-il, pensait-il. Cela ne l’empêchait pas, bien au contraire, d’être professionnellement dur avec les élus partageant ses idées, lorsque ceux-ci n’oeuvraient pas pour un avenir collectif meilleur, surtout quand ceux-ci trahissaient le vote de leurs électeurs.

Rédacteur-en-chef à la tête des éditions Midi Libre de l’Aveyron (12) puis des Pyrénées-Orientales (66), il protégeait toujours son équipe de journalistes qui avaient carte blanche pour mener leurs dossiers, même les plus sulfureux.

Il n’hésitait jamais à les défendre, même « border line ». Il était un fervent adepte de la formule chère au journalisme hexagonal : « Jusqu’où vous pouvez aller trop loin »

Toujours prêt à riposter, à argumenter, face aux pressions, d’où qu’elles viennent, des Seigneurs locaux, des recettes publicitaires, comme de la Direction du journal Midi Libre, incarnée à l’époque par Maurice Bujon puis par son fils Claude Bujon – qui le convoquaient régulièrement au siège, d’abord Rue d’Alger à Montpellier, ensuite au Mas de Grille à Saint-Jean-de-Védas – pour lui demander de calmer le jeu, de mettre un peu d’eau dans son vin… à lui l’épicurien. Un comble !

Car au-delà de son influence dans les milieux politiques, Henri Martin avait une passion pour la cuisine de terroir. Que ce soit sur l’Aubrac, dans les Gorges du Tarn ou dans l’agglomération perpignanaise, il connaissait toutes les meilleures tables, fermes-auberges ou restaurants, il allait jusqu’à se transformer en authentique chroniqueur gastronomique pour les mettre en concurrence et… ça déménageait ! Tant ses affirmations catégoriques pouvaient susciter des indignations sans détour, des enthousiasmes virils. Il était comme ça. Mais son goût du jour n’avait jamais ô grand jamais un fond culinaire de méchanceté.

Henri Martin ne s’est jamais incliné dans sa liberté d’expression, c’est aussi à cela qu’on reconnait le travail d’un journaliste.

Au revoir l’Ami ! Au revoir Henri ! 

 

L.M.

 

*A son épouse Cathy, à leurs deux enfants, Sophie et Paul-Henry, à leurs petits-enfants, à leur famille, la rédaction de Ouillade.eu présente ses plus sincères condoléances. Une cérémonie – selon les dernières volontés du défunt -, aura lieu ce mercredi 10 novembre 2021, à 10H 30, au crématorium de Rodez.

 

A chaque anniversaire, l’Aveyronnais Henri Martin avait une pensée pour le Roussillon (et ses nombreux amis qui y résident)… il y avait toujours une bouteille de Maury à sa table !