(Communiqué)

 

« Nous étions des paysans des P-O parmi les 350 paysannes et paysans de la Confédération paysanne à nous mobiliser pour la future PAC, ce jeudi 15 avril 2021 à Limoges. Nous avons fait le choix de quitter nos fermes pour dénoncer une nouvelle fois le libéralisme et ses crises, et pour montrer que nous ne souhaitons pas laisser passer la dernière chance d’une PAC plus sociale, plus juste, plus environnementale.

Nous avons tiré les sonnettes d’alarme face au grand risque d’enfumage de la prochaine PAC ! L’urgence est là et les politiques et institutions doivent nous entendre et nous écouter et pour enfin mettre en place un modèle agricole qui répondra réellement aux enjeux climatiques, sociaux et alimentaires.

Nous sommes venus des départements de Haute-Vienne, de Corrèze, de Creuse, de Dordogne, de Vienne, de Charente, de l’Aveyron, du Lot, d’Ariège, de l’Indre, de Loire Atlantique, du Morbihan, du Jura, des Pyrénées-Orientales… ; toutes et tous là pour porter des revendications claires et non négociables :

– soutenir l’emploi agricole et pas les hectares,

– privilégier l’agroécologie paysanne au modèle agro-industriel,

– favoriser les petites fermes au lieu des fermes usines.

Nous avons voulu amener ces revendications au sein même des institutions en entrant dans l’Agence de services et de paiements (ASP – institution qui assure le versement des aides PAC). Mais nous n’avons rencontré qu’un barrage de CRS déterminés à entraver physiquement l’expression des personnes présentes.

Nous avons voulu les porter à la connaissance du plus grand nombre en allant sur l’A20, mais une fois encore les forces policières ont préféré gazer et agresser les militant.e.s plutôt que sécuriser l’autoroute mettant en danger les manifestants et les automobilistes. Le déplacement du cortège sur l’A20 avait été anticipé et discuté avec les services de la Préfecture de Haute Vienne. En réprimant l’action, celle-ci a rompu le dialogue et la confiance pour les prochaines actions que nous conduirons. La fin de l’escalade de la violence a été choisie et assumée collectivement par les paysannes et paysans en arrêtant la manifestation car les ordres de répression syndicale étaient évidents et manifestes.

Enfin la rapidité avec laquelle les services d’ordre ont enlevé les affiches, les autocollants et nettoyé les traces de notre action souligne clairement une volonté d’effacement et d’invisibilisation de la contestation.

Nous sommes bâillonnés, agressés et convoqués par la Justice et l’État alors que l’urgence est là. Nous sommes et seront donc obligés de passer nous aussi à des modes d’action plus radicaux pour qu’enfin, nous ayons une PAC à la hauteur des enjeux climatiques et sociaux actuels ».