(Communiqué)

 

 

« Vous avez dit « Parc naturel marin » ?

 

Le départ contraint de Michel Moly, ancien vice-président du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, de la présidence du Parc naturel marin du Golfe du Lion va-t-il permettre à ce parc de trouver une crédibilité écologique ?

Rappelons qu’avant de réunir la crème des élus et des décideurs du littoral celui-ci est censé protéger la zone maritime côtière entre Leucate et Cerbère.

En fait, il est devenu une tête de gondole de la promotion touristique du Roussillon et n’a guère brillé pour éviter les projets maritimes les plus contestables. Il a soutenu la création d’un 3e quai à Port-Vendres et acquiescé au transfert fatal des Grandes Nacres, alors qu’évidemment les experts assuraient de leur survie. Mais il a aussi prévu d’organiser le mouillage des bateaux dans la baie de Paulilles au lieu de l’interdire tout simplement. Il ne contrarie en rien tous les projets d’extension de ports, dont on sait qu’ils porteront de graves atteintes à l’environnement (Le Barcarès, Sainte-Marie-la-Mer, Argelès-sur-Mer…).

Aujourd’hui Serge Pallares, président de la Fédération Française des Ports de Plaisance (FFPP) et président des ports de plaisance de l’Union des Villes portuaires d’Occitanie est candidat à la présidence du parc marin.

Le chantre de la « croissance bleue » des ports de plaisance, celui qui considère que « la Mission Racine est loin derrière nous » plaide à longueur d’articles pour la création de 10 000 à 15 000 anneaux de mouillage supplémentaires en Languedoc-Roussillon dont 5 000 pour le seul département des Pyrénées-Orientales. Ce candidat n’a-t-il pas conscience d’un éventuel conflit d’intérêt ?

Toutes les études démontrent que les ports de plaisance ont aggravé l’érosion marine et que celle-ci n’est plus sous contrôle. Il suffit de se rendre à Saint-Cyprien pour constater l’impact considérable des épis lancés en mer et de se rendre à la plage du Racou d’Argelès-sur-Mer pour comprendre comment un paysage culturel du littoral catalan est en sursis.

Le Parc naturel marin ne doit pas être un instrument complice de ces projets destructeurs et la désignation du président nous montrera si en chassant le naturel, l’artificiel revient au galop.

 

*Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement (frene66@gmail.com et www.frene66.org), 16 rue Petite-La-Réal à Perpignan