Jamais, peut-être, femmes et hommes politiques, comédiens, avocats, essentiellement, n’auront tenu jusqu’à aujourd’hui devant les caméras, les micros et les stylos autant de propos haineux, excessifs, féroces, virulents, voire injurieux, d’une extrême violence en tout cas ; ce même personnel en quête de buzz qui vient ensuite la main sur le coeur sur les plateaux du petit-écran vous servir « Que les réseaux sociaux sont la principale cause de tous les maux de notre société » ! Mais qui vient alimenter ces réseaux sociaux, si ce ne sont ceux-là même qui veulent leur faire porter le béret !? Ah, ils ont bon dos les réseaux sociaux…

Les avocats ? Tempétueux et tapageurs, avec le verbe parfois sanguinaire, ils ont perdu leur déontologie et sont en passe de perdre toute crédibilité. Certes, tous ne sont pas à mettre dans le même panier, mais reconnaissons que les « défenseurs » de crimes qui se bousculent théâtralement pour défiler devant les caméras des chaînes d’information en continu – avant de revenir en tant qu’auteurs de livres ?-, sont terribles. Pas un mot de compassion pour les victimes de leur client. Ultime exemple en date – mais on vous rassure ce ne sera pas là le dernier -, l’avocate du jockey star Pierre-Charles Boudot visé par une plainte pour viol, et qui n’a pas pris de gants pour défendre son client dans l’émission « Sept à Huit » (TF1) diffusée dimanche dernier, 23 mai 2021. Des propos terribles, qui ont choqué une grande partie de l’opinion, mais qui visiblement n’ont suscité aucune distance, aucune émotion, dans la bouche du journaliste (complice de fait) qui conduisait l’interview…

D’une manière générale, quel que soit le crime reproché, à entendre les avocats de la défense – mais à ne surtout pas les écouter -, leur client n’y est pour rien. Strictement pour rien. L’arme du crime ? Elle a atterri par hasard dans les poches de leur client. Mais, juré-promis-craché, il n’en savait rien. Presque s’il n’était pas en chemin pour la rapporter au guichet des Objets perdus… La victime ? Elle était connue pour être tyrannique. Ou marginale. Ou provocatrice. Ou aguicheuse. Ou consentante. Mais bien sûr !… Aucun respect pour les victimes : ce sont elles qui doivent payer ! Insupportable, tout simplement.

Les comédiens ? C’est du grand n’importe quoi. En mal de tournage, de scène, de concert, de popularité, et surtout de succès… Pour se rappeler au bon souvenir des (télé)spectateurs, ils se croient obligés d’exprimer leur point de vue – souvent complètement à côté de la plaque -, sur tout et/ ou rien. Ultime exemple en date – mais on vous rassure ce ne sera pas là le dernier -, Jean-Marie Bigard qui compare le « pass sanitaire » à l’étoile jaune dont étaient affublés les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Douloureux pour les familles des victimes d’entendre de telles conneries de la part d’un mec qui ferait mieux de la fermer plutôt que de faire de tels raccourcis historiques odieux. Insupportable, tout simplement.

Les politiques, élus ou candidats à un bout de gras (c’est en tout cas l’impression trop souvent qu’ils nous donnent quant ils n’ont pas de programme), le temps d’une élection… Là aussi, les discours sont graveleux, grossiers, voire orduriers… Allons-y gaiement puisque demain on rasera gratis ! C’est bien connu : là où il y a de la gêne, y’a pas de plaisir ; pas pour ces femmes-hommes-politiques là, en tout cas. Eux, c’est tout le contraire : plus y’a de la confusion-constipation distillée, plus l’épicurisme est intense… c’est manière Grosse Bertha qu’ils dézinguent. Faut se faire connaître du grand public à tout prix, à n’importe quel prix, alors on ose cyniquement des jeux de mots douteux, on tisse sa toile dans le seul but de provoquer une onde de choc carriériste. Ultime exemple en date – mais on vous rassure ce ne sera pas là le dernier -, les propos scandaleux d’Audrey Pulvar, ex-animatrice de télévision indigeste recyclée en femme politique pour les prochaines élections régionales (en Île-de-France) qualifiant sur France Info de « glaçante », entr’autre, la manifestation des policiers devant l’Assemblée Nationale. Particulièrement maladroit dans le contexte actuel. Insupportable, tout simplement.

Ces avocats-là, ces comédiens-là, ces politiques-là, sont-ils conscients de leur irresponsabilité, de leurs errances médiatiques, des déflagrations, que produit dans la société la violence de leurs propos ? Mesurent-ils les conséquences des bizarreries de leur cervelle ?…

« Je préfère être impopulaire qu’irresponsable » (Raymond Barre, ancien Premier Ministre – 11 mai 1981).

L.M.