L’avenir, une fois de plus, s’obscurcit pour notre village. La dernière épicerie du centre-ville vient de baisser son rideau. En fait, c’est au monde rural qu’un nouveau mauvais coup vient d’être porté. C’est une politique d’ensemble, cohérente dans le mauvais sens, qui met en danger non seulement notre économie, mais qui influe sur nos vies. Dans un village, un commerce qui ferme, ce sont ceux qui restent qui s’affaiblissent. Ce n’est pas ça la modernité. Cette dernière, doit être au service de l’humain. Ce n’est pas le cas

 

Il nous semble que la priorité politique, n’est pas de savoir quel nom va être donné à tel pont ou encore à tel rond-point. Il est question ici de notre avenir. De l’avenir d’hommes et de femmes, d’enfants, d’adolescents, qui veulent continuer de vivre dans le village qui les a vus naître, celui de leurs parents et grands parents.

Que reste-t-il de nos amours ?

En vérité pas de grandes choses. Nous ne ferons pas preuve de nostalgie en évoquant tous les commerces fermés, ni les lieux de vies contribuant au lien social. Nous ne ferons pas preuve de nostalgie en rappelant les services disparus dont la perception, Groupama, (l’assurance des agriculteurs), la permanence de la MSA. Nous ne regarderons pas non plus les landes, qui occupent de plus en plus le territoire de notre commune. Qui occupent les terrains d’un vignoble qui produit encore des crus remarquables, mais qui est en train de s’épuiser, tout en supportant les lobbies d’écolos extrémistes.
Par contre, nous ferons preuve de nostalgie au regard des luttes qui ont été menée par des militants de progrès au service de la population ; avec eux, les élus municipaux, le Conseiller général de l’époque en tête. Les luttes pour garder le bureau de poste. Pour préserver l’école et le rôle des enseignants. Pour, en étant avec les vignerons, en toute occasion revendicative, défendre le seul outil de production : la vigne et le vin.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Certes, il est important d’avoir la préoccupation de l’environnement. De voir les bordures des lieux publics bien fournis en fleurs et autres éléments, grâce aux conseils prodigués par des élus, et même grâce à leur huile de coude. Qu’ils soient remerciés pour leur abnégation au service des autres. Mais la aussi, d’évidence, il est plus facile de pousser des brouettes que de faire grandir des arbres sur une dalle en béton.

Notre avenir dans le village

La vie, est une roue qui tourne et aucun ingénieur n’a encore inventé la machine pour arrêter le temps.
Certains oublient trop facilement, il nous semble, que les personnes âgées, demain, ce sera nous, eux. Demain, nous aurons des difficultés pour nous déplacer, aller faire les courses, acheter le pain si les pétrins ne pétrisent plus. Si les services de proximité disparaissent à jamais, si personne n’est là, pour pallier aux insuffisances, ce sera la maison de retraite, avec la porte grande ouverte sur le jardin aux cyprès.
À notre connaissance et à grand renfort de publicité, le département a investi de fortes sommes (500 millions d’euros) pour revitaliser les centres de nos bourgs. De nombreux mots ont été dits et édités. Qu’en est-il ? Pour le quart d’heure et comme sœur Anne, les populations, non seulement, ne voient rien venir, mais la situation se dégrade.
Il est là question des élus départementaux qui devraient, il nous semble, en collaboration avec les élus locaux, mettre leur ardeur à porter assistance aux populations concernées. Car en effet, il est bien question d’assistance dans un village qui compte quelques 250 personnes âgées de plus de 75 ans (sources : recensement 2017).
Les apercevrons-nous uniquement veille d’élection sur les marchés et serrer des mains pour essayer de grappiller quelques voix ?
Faudra-t-il organiser un rassemblement avec les cannes, les déambulateurs et les fauteuils roulants pour que ceux qui ont en charge la vie de la cité prennent en compte cette situation avec la ferme volonté d’inverser ces tendances ? Auront-ils le courage politique nécessaire ?
L’avenir nous le dira !

Joseph Jourda