« Soixante-quatre voix, c’est la différence à l’issue du deuxième tour, entre la liste de Roger Ferrer et celle de Pierre Contet.

Autrement dit, pas grand chose pour ne pas dire rien. Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire, la prime au maire sortant n’a pas joué ni au premier, ni au deuxième tour. La liste « Estagel au cœur », que les adversaires ont eu l’occasion dans un tract de qualifier de politiciens amateurs, a parfaitement joué son rôle de outsider frisant d’un rien l’exploit au bout de deux mois de campagne seulement.

Nous sommes en droit de nous poser la question : Qu’en aurait-il était, si pendant toute l’année, ces femmes et ces hommes avaient été sur le terrain, au contact de la population pour bien se faire connaître, lever quelques ambiguïtés, faire passer le message, agir avec elle ? 

Certainement donc, que les professionnels de la politique, trop sûrs d’eux peut-être, auraient connu les affres de la défaite. Nous devons dire également, que le report des voix de la liste conduite par Elie Garcia, s’est fait d’une très bonne manière. Au regard de ces résultats, dans six ans, pour peu que l’ouverture de travail exprimée dans cette campagne se mette en place, se concrétise sur le terrain, les amateurs vont jouer leur rôle, comme il est souvent le cas, en conduisant les professionnels à l’échec. Il est à noter que d’évidence, les électeurs se déterminent sur un programme, sur la compétence, sur l’esprit d’ouverture. S’il en était autrement, la liste de Pierre Contet n’aurait pas obtenu ce résultat. Nous vivons de telles situations, parce que les cartes sont brouillées. Plus personne n’affiche son identité politique, véritable point de repaire pour les électeurs.

A Estagel, village traditionnellement à gauche, la marge de manœuvre acquise de longue date grâce à un travail incessant de militants dévoués, est en train de fondre comme le glaçon rafraîchissant notre boisson préférée à l’ombre d’un de nos platanes en été. Si les arguments politiques ne s’expriment pas, ne se traduisent pas par des actes, finalement, tous les programmes municipaux risquent fort, avec quelques nuances parfois difficilement identifiables, de dire la même chose. D’où la nécessité de construire entre autre, une gauche de terrain qui n’existe plus où si peu.

Pour aller dans ce sens, la participation de femmes et d’hommes loin de la politique politicienne, a mille lieu des conflits d’intérêts souvent personnels, sans le sectarisme, sera indispensable. Pour ce deuxième tour, les votants supplémentaires, sont venus quelque peu troubler les cartes. Cela est le plus de la liste sortante qui a su, sur les 74 votants supplémentaires faire la courte, vraiment courte différence. Chacun sait également, dans quelles circonstances, des électeurs abstentionnistes sont venus parfois aux urnes au deuxième tour. Pas toujours d’une façon élégante.

Avec le nouveau mode de scrutin, quatre élus de l’opposition vont siéger aux réunions du conseil municipal dont Pierre Contet. Avec sa détermination que nous avons pu constater tout au long de la campagne, nul doute que les décisions prises ne s’ arrêterons pas au seuil de la porte de la mairie. C’est l’assurance que les citoyens seront ainsi informés des avancées des dossiers ou de l’immobilisme que beaucoup ont contesté par la voie des urnes. Ainsi, la démocratie sera gagnante. Cette façon de faire entraînera-t-elle les Estagellois(ses) à aller aux réunions du conseil municipal ? Nous ne pouvons que l’espérer et applaudir des deux mains toute initiative qui ira dans ce sens ».