Estagel/ Gel dans les récoltes : lettre du collectif vigneron d’Estagel aux élus politiques…

 

-Le collectif formé samedi 10 avril sur le parking de la cave à Estagel, est bien déterminé à mettre en œuvre les décisions prises collectivement. Dans le nombre de celles-ci, la lettre portant les revendications du monde viticole envers les élus politiques.

D’autres idées d’action trottent dans la tête de ceux qui, par leur charisme et leur volonté, ce sont imposés au sein du groupe mais qui n’en sont que des membres actifs. Verrons-nous l’appel à la population rurale voir le jour ? Verrons-nous, côte à côte, l’artisan, le commerçant, l’instituteur, le marchant de cigarettes, criant d’une même voix leur identité rurale, leur soif de continuer à vivre dans un village où l’économie première aura retrouvé ses lettres de noblesse ?
Déjà, les réseaux sociaux montrent, que cette solidarité est bien réelle et ne demande qu’a s’exprimer sur le terrain. Aurons-nous l’occasion de vibrer de tous nos êtres grâce à un tel rassemblement des forces vives du Fenouillèdes et pourquoi pas du département ?
Ci-dessous, le texte de la lettre envoyée à de nos nombreux élus de nos villages.

« À l’adresse de tous les élus de proximité de la vallée de l’Agly.

Nous, vignerons d’Estagel et de la vallée de l’Agly, réunis en ce jour du samedi 10 avril à 11 h devant la cave des « Vignerons des Côtes d’Agly », constitués en collectif, venons solliciter votre bienveillance pour prendre en compte nos revendications à la suite du dernier aléa climatique que vous connaissez.

-1) Nous avons irrémédiablement besoin de plus, qu’un sparadrap sur une jambe de bois comme nous avons malheureusement l’habitude depuis trop longtemps.
Aujourd’hui, nous avons besoin d’autre chose.

-2) Nos revendications, au regard des déclarations des experts en viticulture que nous sommes, peuvent se résumer simplement autant que brièvement.

-3) Nous avons besoin de peu, en vérité, pour permettre à nos exploitations de continuer à être productives dans les prochaines années, pour continuer d’alimenter la population de notre pays, protégeant ainsi son indépendance alimentaire. Nous avons besoin de peu, pour permettre au monde rural de continuer de jouer pleinement son rôle sur le territoire de notre pays, la France.

-4) Notre exigence se résumera donc en quelques mots. Nous pensons indispensable, dans la situation présente, que l’État alimente le fond des calamités agricoles, à hauteur des pertes financières sur chaque exploitation impactée, en partant du principe, qu’un montant de 5 000 euros hectare est un minimum à envisager. Bien évidemment, cette indemnité devra prendre en compte les pertes réelles par exploitation.

Un premier versement pourrait être effectué avant les vendanges qui, cette année, seront bien tristes.
Ces sommes attribuées à ce moment-là, viendraient soulager les trésoreries exsangues au regard des dernières années de récoltes avec de petits rendements.

Le reste des sommes, pouvant être attribuées à la suite de la mise en place des déclarations de récoltes qui régulariseraient ainsi les situations par exploitations.

Il est aussi important dans le même temps, de prévoir des indemnités pour les structures. Ces dernières indemnités devront être obligatoirement étudiées avec les responsables.
D’autre part, la création d’un fonds commun d’assurance à gestion publique pour faire face aux différents aléas climatiques, mobilisable par tous les viticulteurs ou agriculteurs sinistrés, serait le bien venu.

Voilà donc, la volonté des vignerons de base de notre Fenouillèdes mises sur le papier.
En souhaitant que ce courrier soit remis par vos soins aux instances supérieures de la hiérarchie politique,
Veuillez agréer nos plus sincères amitiés.

Le collectif du 12 avril 2021 à Estagel ».