Il est de bon ton, dans les périodes de fin d’années, de ne pas se priver de congratulations, de se souhaiter les meilleures choses avant de recommencer une nouvelle étape. De franchir un nouveau cap. Le bon sens populaire résume très bien cette période : « Une de plus, mais aussi une de moins »

 

S’il est bien de pouvoir se souhaiter les meilleures choses, ces moments de bonheur partagés, ne doivent pas pour autant nous faire oublier la réalité. Nous faire prendre des vessies pour des lanternes, ou encore ne regarder que l’arbre qui cache la forêt. Et cette réalité, n’est pas toujours agréable à évoquer.

Quelle est la réalité ?

Vous l’aurez compris, car nous nous connaissons depuis quelque temps maintenant. Loin de nous la prétention de tout maîtriser, de tout savoir. Loin de nous d’avoir la prétention de posséder tous les outils pour avoir des analyses strictes, tirées au centimètre, irrévocables, irrésistibles, n’autorisant pas la controverse. Loin de nous cette pensée.
Mais que dit le terrain ? Que dit la réalité relatée tous les jours, sur la place du village, dans la rue à l’occasion d’une rencontre ? Ou en sirotant le « noir », sur le coin du comptoir du bistrot encore ouvert, le matin, lorsque le soleil, en cette période, tarde à venir éclairer la journée. Soleil dont la lumière est indispensable au travail des vignerons, des agriculteurs.
Cette réalité donc, elle dit justement, que les vignerons sont à la peine. Qu’ils souffrent de voir leur dur travail, finalement pas reconnu comme utile à l’économie du pays. Qu’ils souffrent, de ne pas pouvoir donner à leur progéniture, tout ce dont elle est en droit d’attendre.
Que dirons-nous des propos de nos aînés, qui vivent dans l’angoisse journalière de voir les commerces fermer leurs portes les uns après les autres. Situation angoissante, car la question qui revient est : « Comment ferons-nous lorsque notre autonomie va se réduire ? Est-ce que la seule solution sera alors la maison de retraite ? ».
Et le lien est fait avec la santé. De difficiles problèmes existent dans notre petit coin du Roussillon. La ruralité paye le tarif cher dans le domaine de la santé qui est devenue depuis la libération et grâce au programme du CNR, un bien public qu’il faut protéger.

Alors oui, bonne année, mais …

Oui, bonne et heureuse année à tous nos lecteurs et ils sont nombreux. Meilleurs vœux à toutes celles et tous ceux qui suivent tout au long des semaines, des mois, nos écrits, même s’ils ne sont pas d’accord sur tout. C’est en confrontant les idées, en avançant avec toutes les contradictions, que nous pourrons construire un monde généreux, ouvert à l’autre, ouvert sur l’humanité et l’humain.
Alors, confiance ! Confiance en l’homme, pour cette année 2022, pour peu qu’il décide de devenir le maître de sa destinée.
Bonne année à tous !

Joseph Jourda