Depuis une semaine nous assistons à un lynchage médiatique du talentueux chef-cuisinier Christophe Leroy et du sympathique collectionneur Pierre-Jean Chalençon. Depuis que la chaîne de télévision M6 aurait notamment piégé le second pour lui faire avouer qu’il était le très grand chef d’orchestre de dîners clandestins réservés à une certaine élite, avec entr’autre la participation de ministre(s), de membre(s) du gouvernement…

 

Ce que Pierre-Jean Chalençon a toujours nié par la suite en découvrant ce reportage. Idem concernant Christophe Leroy. Pendant de trop longs jours et journaux télévisés, ces deux personnalités ont carrément été cloué au pilori : médias institutionnels, privés ou publics, ainsi que réseaux sociaux, faisant leur Une et les choux gras de cette affaire pour alimenter leurs minables contenus rédactionnels ; une affaire qui au final, pourrait bien faire « pschitt », ou si peu ! Il faut vraiment qu’ils aient les reins solides et la tête solidement ancrée sur les épaules pour ne pas sombrer dans les idées noires.

Le pire, dans la sottise médiatique de ce feuilleton aux relents, ragots et controverses décidément inépuisables, parce qu’indémodables, ayant été atteint chez Cyril Hanouna (C8) avec l’interview d’un serveur anonyme venu raconter qu’il y avait un ministre à table, reconnu, ou plutôt un membre du gouvernement soupçonné d’être présent « parce que le monsieur avait les cheveux gris »… En plein délirium.

Mais que fait la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) ? A quoi peut bien servir ce coûteux machin-truc-muche-pas-chouette… qui laisse dire n’importe quoi sur n’importe qui ?… M6 aurait du vérifier ses sources avant de lâcher le morceau ministériel, non ? Alors, comme ça, il suffirait qu’un pèlerin distille ses élucubrations à la sortie d’un bordel (ambiant) pour qu’immédiatement la soupe soit servie sur nos écrans… Quelle drôle d’époque ! Et elle est où la Déontologie du journaliste dans tout ça ?

En attendant, notre collectionneur napoléonien et notre monarque de la gastronomie ont été convoqués à la PJ pour y être auditionnés à propos de luxueux dîners clandestins dont ils sont présumés être les Z’auteurs. Comme les deux hommes n’ont plus rien à cacher – pendant la Semaine Sainte tout a été dit, raconté, écrit, taggué… et inventé sur eux – ils n’ont eu qu’à dire la vérité ; de toutes façons, la presse les avait déjà condamnés, crucifiés et fusillés.

Christophe Leroy, le chef cuisinier mis en cause autour de dîners clandestins présumés, s’est exprimé pour la première à la télévision, hier dimanche sur BFMTV. Il a assuré que le lieu qu’il dirige n’est pas un restaurant mais un « club privé » avant de faire son mea culpa.

Deux jours après la levée de sa garde à vue, dans le cadre donc de l’enquête ouverte par le parquet de Paris pour « mise en danger de la vie d’autrui et travail dissimulé », autour de dîners clandestins présumés, le cuisinier s’est exprimé. Il a expliqué que sa garde à vue s’était « bien passée » et que les enquêteurs avaient été « respectueux et professionnels (…). Les policiers voulaient savoir quelles personnalités j’avais servies. Je leur ai dit je n’ai jamais servi de membres du gouvernement depuis les mois passés, jamais, jamais, jamais. Je le dis droit dans les yeux, il n’y a eu aucun membre du gouvernement, pas plus des ministres que des secrétaires d’Etat ou autres », a-t-il affirmé toujours sur BFMTV.

Le cuisinier a martelé qu’il n’organisait pas de « repas » : « On paie un forfait minimum de 130 euros pour passer la porte, si j’ai validé l’invitation, qu’on mange un plat ou qu’on boive un verre d’eau. Pourquoi ? Parce que c’est un lieu où on a internet à disposition, c’est un salon, comme vous seriez dans un lobby de palace. On est à 300 mètres des Champs-Élysées, ce n’est pas gratuit, pourquoi ça le serait ? J’ai une clientèle internationale qui vient ici », a-t-il ajouté. « Pourquoi ce mot restaurant ? Pourquoi voir le côté négatif des choses ? C’est très français de voir le négatif. Laissons les gens faire des choses. Juridiquement ce n’est pas un restaurant. Tous les documents ont été donnés aux enquêteurs ».

Avec Pierre-Jean Chalençon, qu’il a rencontré il y a dix-huit mois « dans un club parisien », ils se sont appelés, le 31 mars, lors de la dernière allocution télévisuelle d’Emmanuel Macron.

« J’ai fait une erreur. Avec Pierre-Jean Chalençon, on se parle à 17h, le 31 mars. On hésite à annuler, on aurait dû, c’est une maladresse. Bien sûr qu’il ne fallait pas faire ce petit événement, qui était une conférence, et comme je ne sais pas faire autrement je fais goûter des petites choses », a affirmé Christophe Leroy, à propos de la soirée du 1er avril organisée au Palais Vivienne*. « Est-ce-que ça mérite ce tollé médiatique? « , s’est-il questionné. Christophe Leroy a conclu : « Tant qu’on ne me coupera pas les mains, on ne m’empêchera pas de travailler (…). C’est ma vie et j’ai de la chance. Je suis tellement passionné tous les matins, ce n’est pas une épreuve, ça passera comme toutes les autres ».

 

L.M.

 

*Propriété de Pierre-Jean Chalençon située rue Vivienne dans le 2e arrondissement de Paris. dans les quartiers du Palais Royal et Vivienne.