Les réticences à l’égard du vaccin suédo-britannique AstraZeneca ont provoqué la fermeture de certains centres de vaccination en France, faute de volontaires. Un phénomène également constaté dans d’autres pays

 

Tous les jours, en France, les médias suspectent ce vaccin de tous les maux de la terre, parfois même lui attribuent des effets secondaires à… mourir de rire ! On peut s’étonner d’ailleurs qu’aucun comique français, à cette date, n’ait construit un sketch autour de cette situation abracadabrantesque, pour le moins. Mais, en France, y’a-t-il encore un humoriste debout ? Lorsque on lit les commentaires de ces artistes sur le sujet et le contexte qui en découle à partir des réseaux sociaux, on en déduit vite qu’ils en sont réduits à n’être que les bouffons (au QI d’une huître de Bouzigues) d’un système en perdition…
Revenons à notre vaccin, l’AstraZeneca. La méfiance s’est installée. « Cinquante personnes vaccinées lors d’une campagne de grande ampleur à Nice (Alpes-Maritimes) avec 4 000 doses disponibles, des médecins qui jettent l’éponge devant le manque d’engouement du public… », peut-on suivre sur les réseaux sociaux. En France, la défiance envers le vaccin du laboratoire AstraZeneca reste forte, malheureusement, et ce malgré les avis des autorités sanitaires qui assurent que les bénéfices demeurent largement supérieurs aux risques d’effets secondaires graves.

Hélas, on ne peut que constater et regretter que voisins européens sont souvent sur la même longueur d’onde et partagent nos réticences.

En Espagne, par exemple, les doutes sur le vaccin d’AstraZeneca ont fait chuter les rendez-vous de vaccinations, rapporte la télévision publique TVE (en espagnol) : « Dans la région de Madrid, le 9 avril, seules 10 800 personnes se sont ainsi présentées à leur rendez-vous, sur 29 000 injections programmées… ». En Allemagne, plus de la moitié de la population considèrerait le vaccin d’AstraZeneca comme peu sûr, selon un sondage YouGov cité par la Deutsche Welle. A contre-courant, et pour donner le bon exemple, la chancelière allemande, Angela Merkel, a du d’ailleurs il y a cinq jours à peine, c’était le 16 avril, (re)monter au créneau et se faire vacciner avec une première dose du produit d’AstraZeneca, comme Jean Castex et Olivier Véran en France. Et moi-même, signataire de cet article.

Eh oui, le 30 mars dernier, j’ai reçu ma 1re dose d’AstraZeneca. Chez ma pharmacienne. Parce que atteint d’une comorbidité, malgré mon jeûne âge, je fais parti des personnes prioritaires. Un privilège, pensais-je à l’époque, bien avant déjà de lire, d’entendre, toutes ces conneries, tout ce ramdam médiatique autour du vaccin. Cela ne m’empêche pas de compatir et de respecter les (très rares) victimes qui auraient subi des effets secondaires graves après l’injection.

Autour de moi, je vous rassure : parmi mes nombreuses connaissances qui ont accueilli l’AstraZeneca dans leur corps : tout va bien ! En chair et en os, avec un cerveau intact. Seul regret : ne pas avoir reçu une friandise dans la foulée du vaccin, comme cela se faisait autrefois sur les bancs de l’école après avoir accompli un devoir civique et sanitaire…

L.M.