Communauté de communes Corbières-Salanque-Méditerranée : chimère… ou phénix ?

 

 

Pour certains, c’était une mort annoncée dès sa naissance. Pour d’autres, une chimère… à évacuer !

A les entendre, à les croire, à les prendre trop sérieux : la destinée de la communauté de communes Corbières-Salanque-Méditerranée semblait donc toute tracée : l’absorption par la méga-communauté-Urbaine-Perpignan-Méditerranée-Métropole (PMM) de Perpignan et, pourquoi pas, l’agglomération du Grand-Narbonne… Audois et Catalans ensemble, main dans la main ? Allons, tout cela n’était pas très sérieux, même au travers d’une boule de cristal, en trifouillant le marc de café ou, encore, en jetant le sort, pagri noué sur le crâne et cartes de tarot sous les ongles !

Et pourtant, depuis un an, il semblerait que la chimère prenne des airs de phénix. Sous l’impulsion et la détermination du maire de Salses-le-Château et ancien président du Conseil Général des P-O, Jean-Jacques Lopez, le nouveau président de ladite communauté de communes, elle semble bien renaître de ses cendres. La séance du budget bouclée mardi dernier, en moins deux heures, et à la quasi-unanimité des voix (deux abstentions – dont celle de son prédécesseur très controversé l’ex maire de Pia Michel Maffre) s’il vous plait.

Mais comme Jean-Jacques Lopez n’est pas homme ni à perdre son temps dans les chicayas de basse-cour politicienne et ni à se retourner sur le terrain de la rancune, il lance dès son installation dans la présidence des projets structurants, marqueurs d’une nouvelle ambition : projet de territoire, SCOT, etc.-etc. Sans oublier ce que nombre de délégués communautaires attendaient : la reprise en main de l’interco(mmunalité) sur sa compétence développement économique ; structuration des services, aides d’urgence éco, FISAC…

Ces fondations posées d’une nouvelle vision de l’interco au service de toutes les communes, sans exception de situation géographique ou de dimension démographique, replacent chaque maire en son coeur : pacte de gouvernance et schémas de mutualisation illustrent parfaitement ce souci et donnent de vrai repères à l’action.
La méthode Jean-Jacques Lopez – « transparence, concertation, égalité » -, en totale rupture avec l’ancienne gouvernance, semble faire mouche et remettre au-devant de la scène locale une intercommunalité qui jusque-là ressemblait plutôt à un « vaisseau fantôme »… en tout cas à un navire avec un capitaine sans équipage, ou vice-versa.

On connaissait, apprécié ou pas, un Jean-Jacques Lopez puncheur-légaliste, n’hésitant pas à attaquer l’Etat et multipliant les victoires en cette année 2021 – dossiers sur l’eau et l’assainissement, TVA Maison de la Chasse… -, un brin lanceur d’alerte, voire agitateur, quand il s’agit de (re)mettre poliment l’Administration à sa place, nous le découvrons aujourd’hui rassembleur dans le seul intérêt de la collectivité territoriale, Corbières-Salanque-Méditerranée, parvenant à unir les frères-ennemis Audois et Catalans.

Toutefois, cela ne l’empêchera jamais, à Jean-Jacques Lopez, d’aborder les sujets très politiques, en réclamant par exemple toujours plus de pragmatisme sur le terrain, solidairement avec les territoires, quels qu’ils soient, afin que la parole des élus porte, soit entendue au sommet de l’Etat, des institutions, de la République, tout simplement. « Ne rien faire ne va pas de soi » pourrait être en quelque sorte sa devise, à double-sens. Il sait que rien ne sera facile pour réinventer l’avenir à la sortie de la crise sanitaire du coronavirus (COVID), même à l’air libre !

 

L.M.