Aux lendemains de l’élection présidentielle qui a vu la victoire nette du président-sortant, Emmanuel Macron (La République En Marche/ LaREM), le maire de Perpignan Louis Aliot (Rassemblement National/ RN) estime logique que le poste de 1er vice-président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM) lui revienne : « L’Agglo doit marcher avec Perpignan ! La ville-centre est plus que jamais incontournable. Quand on a les chefs de l’Agglo – à commencer par son président, Robert Vila, maire de Saint-Estève*, et les autres maires à Pollestres,  Le Soler, Saleilles, Torreilles… j’en passe et des meilleurs… -, qui sont littéralement balayés chez eux par leur électorat qui a massivement voté pour Marine, la question de qui pour occuper le poste vacant de la 1re vice-présidence* ne se pose même plus. Elle revient logiquement à la ville-centre, Perpignan ».

En même temps, et alors même qu’elle est dirigée par un élu RN, Louis Aliot donc, la ville de Perpignan est paradoxalement avec d’autres communes du territoire de PMM celle qui a mis Emmanuel Macron en tête du scrutin à l’issue du 2e tour de la Présidentielle, le dimanche 24 avril dernier : « Oui, mais… », précise Louis Aliot, « A Perpignan, Emmanuel Macron a perdu 4 points par rapport à son élection de 2017, passant de 56% à à 52% des suffrages exprimés et, surtout, toujours comparativement à ce qui est comparable, Marine a gagné elle 3 500 voix. C’est là toute la différence ».

En demandant la 1re vice-présidence de PMM « en tant que maire de Perpignan », et dont il sait d’avance qu’elle ne lui sera pas accordée par l’actuelle gouvernance, Louis Aliot revient au centre du jeu politique. En agissant ainsi, en provoquant de la sorte, il vient bouleverser le clientélisme politicard et politicien mis en place par les prédécesseurs de Robert Vila à la tête de l’Agglo – « Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette »… -, et espère créer un nouveau schisme dans le fonctionnement de ladite collectivité territoriale, dans laquelle les guerres fratricides à l’intérieur de la Majorité sont nourries par des ambitions qui, parfois, relèvent davantage d’intérêts privés que… communautaires.

 

L.M.

 

*Scores de Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle dans la plupart des communes qui ont une vice-présidence à PMM : Baixas (59,25%) ; Canet-en-Roussillon (56,04%) ; Le Soler (61,325%) ; Peyrestortes (60,04%) ; Pézilla-la-Rivière (59,62%) ; Pollestres (62,85%) ; Rivesaltes (57,16%) ; Saint-Estève (57,99%) ; Saleilles (57,38%) ; Torreilles (58%) ; Toulouges (54%).

**Poste laissé vacant à la suite de la mise à l’écart de l’occupant en titre, Alain Ferrand, maire du Barcarès, englué dans d’interminables affaires judiciaires, même si régulièrement une certaine presse quotidienne annonce hebdomadairement « l’annulation d’une partie des mises en examen »… Le dossier n’en demeurerait pas moins épais, à ce jour !