Ermitage de Consolation – l’Abbé Martin Gabet célèbre la traditionnelle messe du 1er Mai, pour tous les travailleurs…

 

« Aujourd’hui 1er mai, votre curé a maintenu la tradition. Il s’est rendu à l’ermitage de Notre Dame de Consolation qui chaque année rassemble des centaines de personne pour l’aplec.

Frédéric, le gardien des lieux a fait sonner la cloche par son fils pour la messe de 10h. L’esplanade était déserte, pas de tables dressées, pas d’odeur de grillades, de cargolades, pas de sons de la cobla, pas de sardanes, pas de pèlerins venus à pied ou en voiture, pas de bandas, pas de fanfares !
La messe a été dite sans public, en catalan aux intentions des habitants de la Côte Vermeille, des Pabordes, des fidèles de Notre Dame, des travailleurs. Aujourd’hui, plusieurs fêtes se chevauchent. C’est la fête de saint Joseph travailleur, une fête assez récente pour honorer celui qui fut le charpentier de Nazareth, le père nourricier de Jésus, l’époux de la Vierge Marie, « celui qui personnifie auprès de Dieu et de la Sainte Eglise la dignité du travailleur ».

C’est le premier jour du mois de mai, le mois le plus beau dit un ancien cantique , c’est le mois de Marie. Depuis nos maisons, en famille, depuis notre chambre de centre de soins, de maison de retraite, à tout moment de la journée, à 15h en communion avec le sanctuaire de Lourdes, méditons le chapelet, « l’Evanglie des pauvres », intercédons pour ceux qui souffrent pour ceux qui soignent, pour ceux qui se battent pour conserver leur emploi, leur outil de travail, pour la sauvegarde de la planète etc. 1er mai, c’est la fête du travail, journée de revendications et de mémoire ouvrière.

Une pensée toute particulière pour les transbordeuses de Cerbère qui, au début du siècle dernier, avaient bravé courageusement la troupe venue briser leur mouvement de grève et s’étaient couchées sur la voie ferrée. Elles furent les pionnières du mouvement d’émancipation des femmes au travail. 1er mai, fête des travailleurs de ceux qui sont à la retraite (les anciens ouvriers de l’usine de Paulilles, les anciens marins, dockers, vignerons, etc.), fête de ceux qui travaillent, qui luttent , pour ceux qui vont connaître le chômage après ce fléau social et sanitaire. Toutes ces intentions, les peines, les angoisses, les joies étaient dans le coeur de votre prêtre pour les présenter au Seigneur par les mains de Marie ce matin.

Dans ce petit ermitage au fond d’une vallée, au pied de la Madeloc, de nombreux pèlerins, depuis des siècles sont venus implorer Nostra Senyora dels desemparats, la Vierge Marie Consolatrice des affligés. Après la messe, le prêtre a entonné tout seul le goig, le chant en l’honneur de la Vierge Marie : « Au fond d’une vallée, en un site enchanteur, Dieu mit sa bien-aimée ainsi que tendre fleur. Et son amour lui donne, pour douce mission, d’être notre Madone, de Consolation ».
Si les conditions de déconfinement le permettent, nous pourrions faire le voeux de nous retrouver à l’ermitage Notre Dame de Consolation, le dimanche 6 septembre, ou le mardi 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge. Car cette année, le pèlerinage à Notre Dame de Font-Romeu sera celui des habitants des hauts cantons et non pas un rassemblement diocésain.

Par l’intercession de la Vierge Marie, Etoile de la mer, Notre Dame de Consolation prions le Seigneur de tenir bon dans l’épreuve actuelle, de ne pas décrocher », mais de nourrir des projets de solidarité, d’amour au service des pauvres du Christ.

A l’entrée de nos quatre villes côtières*, nous trouvons ces panneaux : « ville fleurie », « voisins vigilants », « pavillon bleu », etc. Oeuvrons tous ensemble pour pouvoir lire un jour « village solidaire » !

 

Votre curé de la CôteVermeille, l’Abbé Martin Gabet, Mossen Marti

 

*Cerbère, Banyuls-sur-Mer, Port-Vendres et Collioure.