(Communiqué)

 

-« Mobilisons-nous le 4 juillet pour une alternative positive à ce projet. Un projet datant de plus de dix ans, destructeur de terres agricoles, nuisible à la biodiversité et au patrimoine a des chances de voir le jour dans le Vallespir, à côté de la commune de Céret

 

Cet endroit encore protégé et sauvage présente un potentiel formidable pour l’installation de nouveaux agriculteurs, arboriculteurs, pour garantir notre souveraineté alimentaire.
C’est pourquoi, nous, association « Bien Vivre en Vallespir » refusons cette fatalité et proposons des alternatives positives, bien moins coûteuses et pourtant plus intéressantes pour le Vallespir, ses habitants et le devenir de notre région.

 

Mais quel est le projet ?
Il comporte deux aspects : Une déviation de route au Nord qui pourrait améliorer la circulation et l’entrée dans la ville de Céret. Et en second, un nouvel accès par le sud (via Maureillas ) qui nécessite la construction d’un pont gigantesque, source majeure des problèmes à venir si cela se fait. Sur le plan technique, il s’agit d’un viaduc enjambant le Tech, de 330 mètres de long, de la création d’une voie nouvelle de 2,6 km, de 3 ronds points. La mise en place de ce projet nécessiterait le déblayage de 300 000 m3 de terre végétale ! (1)

 

 

Critique du projet :
• L’augmentation du trafic routier qui « justifiait » la route du Nord, il y a dix ans, ne s’est pas produite. Ce premier argument tombe de lui même. Il y a d’autres solutions bien moins chères et impactantes pour améliorer la circulation que nous proposerons à l’administration quand elle voudra nous entendre et réexaminer ce dossier,
• Quant à la construction du pont qui est devenue prioritaire pour certains élu(e)s du canton et du Conseil Départemental, elle représente un budget initial de plus de 40 millions d’Euros ! (2)
• Les surfaces à acquérir représentent 32 ha (19 ha de terres agricoles, viticoles et vergers, 6 ha de zones naturelles. 5 ha de bâti et 2 ha pour la sablière) qui seront détruites (3)
• La construction de ce pont se fera au détriment d’une zone de rivière sauvage (Le Tech), d’une campagne traditionnellement cultivée, et de deux zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique et d’une zone Natura 2000 abritant de nombreuses espèces protégées, parmi lesquelles figure une espèces de tortue et de nombreux oiseaux,
• Cette seconde partie du projet est devenue prioritaire, parce que s’ajouteraient à ce pont la construction d’un ensemble touristique et à priori d’un golf ! (4)
Il faut savoir que cette région n’a pas du tout besoin d’un golf : il en existe de nombreux autour et notamment en Catalogne Sud, qui est toute proche. Savoir aussi que le Tech et les nappes phréatiques serait largement impactées par un pompage excessif et des rejets à traiter.
Économiquement, il est plutôt improbable que les emplois, que les promoteurs du projet font miroiter, soient au rendez vous.il n’y aura pas de bénéfice pour le Vallespir à court et à long terme. Par contre, nous sommes certains de la destruction de ces terres et des problèmes écologiques qui seront posés ; de l’impact qu’auraient ces travaux sur le paysage, la circulation et la pollution engendrée par cette construction et le développement du projet.

 

 

Que proposons-nous ?
En ce qui concerne les difficultés d’entrée dans la ville de Céret, nous proposons des solutions techniques que nous ne détaillerons pas ici. (Mais que vous pouvez trouver sur notre site internet).
Mais aussi le développement d’un ensemble d’alternatives pour faciliter les mobilités et donc améliorer la vie des gens qui ont besoin d’utiliser cet axe pour leurs déplacements (professionnels ou autres)
Sur la seconde partie du projet (pont), nous demandons l’abandon pur et simple de ce pont et du projet touristique, et son remplacement par la mise en place d’une Régie Municipale ( ou Intercommunale) foncière Son pobjectif serait d’approvisionner la restauration collective du canton en produits biologiques, la création d’une légumerie-conserverie / abattoir au service des producteurs locaux, la création d’un espace horticole, la création d’un espace test agricole en mettant à disposition le foncier, les matériels, les bâtiments, le développement des formations aux métiers de l’agriculture et de l’agro-écologie. En fait, tout un ensemble qui viendrait assurer notre sécurité alimentaire, procurer des emplois pérennes, tout cela en s’appuyant notamment sur la Plan Alimentaire Territorial porté par le pays Pyrénées Méditerranée.
Si la France était autosuffisante, il y a cinquante ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Que se passerait-il si les camions arrivant de l’Espagne et du Maroc ne pouvaient plus passer la frontière que ce soit à Bayonne ou dans les P-O ?
Les P-O sont une région avec un potentiel agricole formidable, et pour l’instant bénéficiant d’un climat qui permet une agriculture durable la production de produits de qualité bons pour une alimentation saine et accessible à tous.
Rejoignez-nous le 4 juillet pour une journée festive et de réflexion. Vous trouverez les détails du lieu et d’heure sur notre site : https://www.bienvivreenvallespir.com/ Nous travaillerons sur le développement des alternatives que nous souhaitons mettre en place. Nous proposerons plusieurs ateliers de réflexion et de débats.
-Atelier «ALTERNATIVES» : transports, terres agricoles, paysage…avec la participation de la Confédération Paysanne.
-Atelier «JUSTICE» : quel recours? Avec Frédéric Balagué, avocat.

-Atelier : BIODIVERSITÉ et SANTÉ HUMAINE animé par Marie-Monique Robin, journaliste d’investigation et réalisatrice (5)

(Animations pour les enfants durant tout l’après-midi).

Marie Monique ROBIN est aussi invitée à la Librairie coopérative LE CHEVAL DANS L’ARBRE A Céret, le samedi 3 juillet à 11h. Où elle rencontrera ses lecteurs et signera ses livres.
« Bien Vivre en Vallespir » a besoin de votre soutien pour gagner ce combat, car en fait, ce schéma de projet qui n’a plus de sens est ce qui se produit dans beaucoup d’endroits dans notre Pays. Nous sommes donc tous concernés. Vous pouvez nous écrire à notre adresse mail bienvivreenvallespir@gmail.com
Rejoignez cette journée de mobilisation soutenue par de nombreuses associations citoyennes : Avec Bien vivre en Vallespir :

ALBÈRES TERRES VIVANTES, ALTERNATIBA 66, ADEPTE 66, AMAP des Cerisiers Céret, ATTAC, Citoyens CLIMAT 66, COLLECTIF ANTI OGM 66, CAP 66, La CONFÉDÉRATION PAYSANNE 66, FRENE 66, LDH 66, Pacte-TRANSITION CITOYENNE-LE BOULOU et Albères-Côte Vermeille ACVI, SOLIDAIRES 66, GNSA 66, VALLESPIR TERRES VIVANTE. »

 

Sources des informations données :
(1)-Les caractéristiques techniques du projet. Source: Dossier d’enquête préalable à la DUP, 2010
(2)-Le coût du projet avait été estimé initialement en 2010 autour de 35 millions d’euros. Avec l’augmentation des prix de la construction (14,6%), le budget dépasserait aujourd’hui les 40 millions d’euros. La Communauté de Communes du Vallespir finance, quant à elle, des acquisitions foncières non bâties à hauteur d’1 million d’euros (Conseil communautaire du 14 décembre 2018).
(3)- Source : l’État parcellaire du projet officiel
L’État parcellaire fait état d’emprises impactant 39 propriétés. Les 79 parcelles concernées par le projet appartiennent à 57 propriétaires ou usufruitiers, dont la commune de Céret et la communauté de communes du Vallespir. Les emprises sont situées en zone agricole et en zone 4NA, zone future d’urbanisation économique. Elles sont de nature très diverses : Terres : 129982 m2/ Bois : 25156/vignes : 35744/ sablière : 19152/terres et batis : 51462 /Terres en 4NA : 29248/vergers : 23196/canal : 253 / Au total : 314 193 m2. Le projet aura pour conséquence la destruction d’un mas, d’une maison, et d’un terrain cultivé avec casot aménagé en habitation.
(4)- La fameuse « plateforme d’excellence touristique » : une terminologie fumeuse pour un projet de longue date aux mains de quelques initiés. A ce jour, il est prévu une opération de plus de 150 hectares, comprenant près de 100 chambres d’hôtel, 200 à 300 résidences de tourisme, des équipements, un golf et de l’habitat : jusqu’à 375 logements (source : Conseil Communautaire du 27 janvier 2018).
(5)- Marie Monique Robin est une journaliste d’investigation, réalisatrice et écrivaine. Elle a réalisé plus de 35 films, dont, en 2008 : le monde selon Monsanto, en 2010 : notre poison quotidien, 2012 : les moissons du futur, Terre souillée ; 2016 : qu’est-ce qu’on attend ? 2017 : le roundup face à ses juges. … et son dernier ouvrage : « La fabrique des pandémies : Préserver la biodiversité, un impératif pour la santé planétaire. »
Elle a reçu le prix Albert-Londres en 1995 et le 8 juin 2013, elle a été décorée de la légion d’honneur à Notre-Dame-des-Landes, remise par la sociologue Dominique Méda.

 

VISUEL BVV 4 JUILLET(1)