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lexpress.fr.- La région située au nord de l’Espagne, frontalière de la France, voit ses indicateurs remonter en flèche. Barcelone, reine du tourisme, est particulièrement touchée.
Alors que l’Europe se prépare à une nouvelle vague de COVID-19 portée par le variant Delta, la Catalogne connaît déjà une forte hausse des contaminations. Près de cinq fois plus de cas ont été enregistrés la semaine du 25 juin au 1er juillet (21 658) par rapport à celle du 18 au 24 juin (4 559). Et le rythme tend à s’accélérer dans cette région espagnole réputée pour ses nombreux sites touristiques. Pour la seule journée de samedi, 5 379 cas ont été recensés, en dépit des efforts de vaccination, puisque environ 50% de la population est entièrement immunisée contre les formes graves de la maladie.

En Espagne, un indice estimant le risque de diffusion du COVID-19 (iEPG) en multipliant le taux de reproduction moyen des sept derniers jours (R) par le taux d’incidence (nombre de cas pour 100 000 habitants) des deux semaines précédentes est particulièrement pessimiste. Pour la Catalogne, celui-ci tutoie désormais la barre des 1 000. Un niveau cinq fois supérieur au seuil d’alerte maximal et proche du record d’octobre dernier, d’après les données recueillies par les autorités catalanes. Le virus y avance donc à grand pas.
Les jeunes ciblés
Mais cette énième vague sera-t-elle aussi mortelle que les précédentes ? Avec la vaccination, le profil des malades change. Dans une interview donnée à Catalunya Ràdio et reprise par le quotidien El Nacional, la secrétaire à la Santé publique, Carmen Cabezas, s’est ainsi inquiétée de « l’incidence chez les jeunes ». En effet, l’âge moyen des personnes infectées s’élèverait actuellement à 26 ans. Plus globalement, la tranche 15-29 est la plus concernée par la hausse de l’incidence en Catalogne, avec les 30-49 ans.

Sa capitale, Barcelone, locomotive du tourisme européen et temple de la fête, apparaît logiquement comme l’une des villes les plus à risque. L’iEPG s’y trouve déjà à plus de 1 450, le maximum détecté depuis le début de l’épidémie, précise El Periodico.

Les boîtes de nuit y sont rouvertes depuis deux semaines, avec des consignes sanitaires strictes : 50% de capacité maximum, port du masque y compris sur la piste de danse, groupes limités à six personnes et fermeture à 3h 30. Rien n’indique à ce jour que les deux actualités soient liées. Néanmoins, les discothèques sont connues pour représenter un risque accru de contamination, comme l’a démontré un récent exemple aux Pays-Bas, où 165 fêtards ont été testés positifs au COVID-19 après une nuit dans un établissement situé dans l’est du pays qui conditionnait pourtant son accès à un test PCR négatif.

Cette hausse des nouvelles contaminations ne se traduit pas encore par une accentuation de la pression hospitalière. Le nombre de malades admis à l’hôpital augmente légèrement (+100 depuis le 23 juin), mais quelque 121 patients sont actuellement admis dans les services de soins critiques de la région, un chiffre relativement faible et stable depuis un peu plus d’une semaine. Le niveau de décès demeure quant à lui peu élevé, à moins de cinq par jour.

La vigilance reste de mise. Les autorités ont appelé lundi à porter le plus possible le masque, y compris dans la rue. D’autres mesures pourraient suivre dans les prochains jours. L’Espagne espère tout de même continuer à attirer des visiteurs après une année 2020 difficile. « Nous pouvons encore récupérer la moitié du tourisme international cette année, c’est un objectif prudent », a notamment assuré Reyes Maroto dans un entretien publié par le quotidien El Pais. Ce n’est pas gagné.

Dans le contexte actuel, l’Allemagne a recommandé dimanche à ses ressortissants de ne pas voyager en Catalogne pour le moment. La Belgique, elle, n’appelle à s’y déplacer qu’avec son cycle de vaccination dûment complété.