Vendredi 19 octobre 2018 à 17h 30, à Banyuls-sur-Mer – Salle Novelty – « Histoire géologique de la plaine du Roussillon », par Louis BRIQUEU

Louis BRIQUEU est originaire d’Argelès-sur-Mer où il a grandi. Il a suivi une formation universitaire de physicien commencée à Perpignan puis poursuivie à Montpellier. En 1976, il a été recruté par le CNRS dans le Laboratoire de Géochimie Isotopique, devenu Géosciences Montpellier, pour mener des recherches sur le recyclage des matériaux cristaux dans le manteau terrestre profond par l’intermédiaire des zones de subduction et du volcanisme qui leur est associé. Il étudia entre autres, les 2 subductions actives méditerranéennes : égéenne et éolienne.

Il s’intéressa ensuite au décryptage des archives sédimentaires porteuses de la mémoire des variations climatiques passées : anciennes (Jurassique) ou plus récentes (Pliocènes et Quaternaire). Il fut l’instigateur du développement d’un logiciel d’interprétation des mesures géophysiques réalisées dans les forages industriels et/ou scientifiques, outil informatique basé sur les techniques de l’intelligence artificielle aujourd’hui propriété d’un grand groupe industriel.

Il fut Directeur de recherche au CNRS.

 

 

L’histoire géologique de la plaine du Roussillon.

Il y a 5,96 millions d’années, le bras de mer qui sépare Atlantique et Méditerranée (qui n’est pas le Gibraltar que l’on connaît aujourd’hui) se ferme du fait du mouvement tectonique de l’Afrique vers l’Europe et du coulissement vers le Nord de la cordillère bétique. Les entrées d’eau océanique en Méditerranée sont réduites drastiquement. L’apport hydrique des fleuves, aussi importants soient-ils (Nil, Danube, Rhône…) ne suffit pas à compenser l’évaporation. En quelques centaines de milliers d’années, la Méditerranée s’assèche plus ou moins complètement. L’occlusion du détroit, et donc la baisse du niveau marin, sans doute jusqu’à l’assèchement généralisé, durera 630 mille d’ans.

Durant cet épisode auquel les géologues ont donné le nom de ‘crise de salinité messinienne’, les fleuves côtiers, ici la Têt, le Tech, l’Agly… érodent à grande vitesse les reliefs sur lesquels ils ruissellent pour rattraper le niveau marin qui s’abaisse de plus en plus. Un forage réalisé à Canet, dans l’axe de la vallée ainsi creusée, a atteint la surface d’érosion à 880 m de profondeur. Il y avait donc, entre le Canigou, les Albères et les Corbières un trou béant de presque mille mètres de profondeur.

Lorsque, il y a 5,33 millions d’années, Gibraltar s’ouvre, les eaux de l’océan mondial remplissent très rapidement la dépression asséchée, et la Méditerranée trouve la morphologie qu’elle a aujourd’hui. Le niveau marin remontant, les fleuves côtiers travaillent alors, non plus en rabot, mais en bulldozer. Ils ravinent les reliefs émergés pour combler les vallées qu’ils avaient creusées. La ria se remplit de sédiments par vagues successives jusqu’à l’équilibre retrouvé avec le niveau marin actuel. C’est l’histoire de ce paysage de la plaine du Roussillon que nous connaissons aujourd’hui que nous contera Louis BRIQUEU.

Entrée libre