(Communiqué)

 

-« Le 28 janvier 1941, le ministre de l’Intérieur signa le plan visant à « déporter » en Afrique du Nord, 3 000 « indésirables français » et 2 000 « indésirables étrangers » internés dans les centres de séjour surveillé du Sud de la France, en particulier, dans ceux de Rivel (Aude) et de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn).

Après l’organisation de trois convois constitués uniquement de Français les 2, 6 et 10 mars 1941 parmi lesquels 18 communistes du département, le premier départ d’étrangers (300 anciens combattants des Brigades Internationales et républicains espagnols) internés au camp d’Argelès-sur-Mer, était prévu pour le 23 mars. Mais, lors de la constitution du convoi, un affrontement général éclata. Alertées par la clameur montant des baraquements des internationaux, 500 femmes espagnoles enfermées dans un ilot proche, se précipitèrent pour prêter main forte aux mutins.

Francesco Foti, un Brigadiste italien raconte : « Pendant que la bagarre était au comble de l’intensité, sans savoir quand et comment elle prendrait fin, les camarades femmes commencèrent à manifester leur indignation d’une façon propre aux Espagnoles en arrachant les planches de quelques vieilles baraques afin de s’en armer et de venir à notre soutien. Peu de minutes après leur prise de position, elles arrivent parmi nous et sans aucune hésitation elles commencent à jeter du sable sur les yeux de nos agresseurs. Il faut dire que, jusqu’à ce moment-là, personne n’avait songé à ce système de défense, mais au vu des résultats positifs obtenus par les valeureuses femmes, tout le monde en fit autant. Le commandant donna à ses troupes l’ordre de retraite ».

Pour procéder à l’embarquement vers Port-Vendres, il était trop tard d’autant que les internés s’étaient mélangés à d’autres baraques après le retrait des forces de l’ordre.
Cette année, à l’occasion du 80e anniversaire des premiers transferts d’ « indésirables » français et étrangers (républicains espagnols et anciens des Brigades Internationales) dans les camps du Sud algérien et du geste de solidarité des femmes espagnoles vis-à-vis des anciens brigadistes, nous avons décidé de donner un maximum d’ampleur à cette commémoration. Mais les conditions sanitaires nous ont obligé à repenser notre initiative.

Le mardi 23 mars à 15h, au monolithe élevé à l’emplacement de l’entrée sud du camp d’Argelès-sur-Mer (52 Boulevard de la mer ; se garer devant l’Hôtel du Lido), nous honorerons le soulèvement des femmes espagnoles par solidarité avec les anciens combattants des brigades internationales, la cérémonie de Port-Vendres étant repoussée au 27 juin ».